L’ARDENTE AFFAIRE BUISSON « Écouter quelqu’un à son insu, c’est d’une extrême violence. Ca veut dire qu’il n’y a pas de relation de confiance, que vous préparez des mauvais coups », Jean-Pierre Raffarin ici cité par « Les Échos », est hors sujet Comment Sarkozy aurait-il pu ignorer que son conseiller l’écoutait ? L’aurait-il cru sourd et malentendant ? Quel mal y-a-t-il à écouter quand on entend. C’est même le contraire qui est vrai, ne pas écouter le locuteur est une marque de mépris et d’impolitesse. S’agissant de Nicolas Sarkozy, il ne fait aucun doute que celui-ci, comme le corbeau de la fable, prenait un divin plaisir à être écouter, tellement certain que son ramage était plus beau encore que son plumage. Mais, ce n’est pas de l’écoute, c’est de l’enregistrement clandestin des conversations qu’il s’agit. Je vous le disais, Raffarin est hors sujet. Il confond « écouter » ce qui est naturel pour « des biens entendant » et « écoutes » téléphoniques, qui relève de l’espionnage et des pratiques policières. Or dans le cas d’espèce les enregistrements de Patrick Buisson ne sont pas ceux d’écoutes téléphoniques. « Mais sacré nom dé diou, c’est ben vrai ça, la voie des sans voix a raison, c’est ce que je voulais dire, ma langue a foulché » Or, la langue fourche est souvent le prolongement de l’esprit fourbe. Jean François Copé a mieux à faire que de s’attarder à cette affaire qui ne préoccupe pas les Français, et François Fillon trouve « répugnantes » les pratiques de Monsieur Buisson. Pourtant quelqu’un est bien à l’origine de la divulgation de ceux-ci ? Bon, surtout pas eu, ils ne feraient pas ça. La preuve, nous sommes à trois semaines des municipales, ce serait se tirer soi-même une balle dans le pied. Ou bien, ou bien, ce serait un parfait alibi pour détourner les soupçons. Bon, mais le résultat est le suivant, Nathalie Saint Cricq : dit que ce n’est pas bon pour le « retour du JD » Car sa responsabilité ne saurait être écarté, n’est-ce pas lui qui a si mal choisit son conseiller ? Sarkozy fut en effet toujours « approximatif » dans le choix de son équipe rapprochée. En choisissant Patrick buisson il fut fort mal avisé. Le fut-il mieux en choisissant Henri Guaino qui lui a fait dire des absurdités sur l’homme africain pas encore descendu de l’arbre pour entrer dans l’histoire (de l’humanité) ? Un « sous-culturé » et qui au demeurant manque de discernement, c’est-à-dire, « qui n’a la tête ni bien pleine, ni bien faite », ne peut s’entourer en effet que de conseillers à son image, qui lui en imposent, comme on en impose à Monsieur Jourdain, par ce qu’il ignore, par la gouaille plus que par l’expertise. Cette affaire ne facilitera pas son retour. Tant mieux. Pour notre part nous l’avons toujours affirmé. Le retour est impossible à un président sortant qui s’est fait sortir, à un homme qui par son ego surdimensionné, bien au delà de sa valeur réelle, s’est attiré tant d’inimités. Il ne reviendra pas le nabot, tant mieux, qu’il ne revienne surtout pas compliquer la situation, nous avons déjà tant à faire pour nous défaire de son horrible successeur. Mais revenons-en, un instant, pour conclure aux enregistrements de Patrick Buisson. Qui les a tirés de l’ombre et pourquoi ? Qui a intérêt à ce que Sarkozy ne revienne pas. Nous avions un alibi bricolé, voilà le mobile. Le ou les fautifs sont presque désignés.Vendredi 7 mars 2014.
