A PROPOS DE TERRE BRÛLÉE Lettre à mon ami Jean-Pierre et à tous les autres.

A PROPOS DE TERRE BRÛLÉE Lettre à mon ami Jean-Pierre et à tous les autres. ÉLECTIONS MUNICIPALES, SANCTION ! Ai-je écrit hier. Et mon intention était « d’en remettre une couche » aujourd’hui, contre les ahuris, tous ses irresponsables politiques, de droite et de gauche, maire de leur état, maires sortants pour la circonstance, qui se sont rendus complices de l’ignoble campagne liberticide « anti Dieudonné ». J’ai bien sûr en vue plus particulièrement les maires de Bordeaux et celui de Tour auquel je fais le grief, moi qui ne souffrait d’aucune phobie, de m’avoir rendu « Germainophobe Mais voilà bien que mon ami Jean-Pierre, réagissant à mon lien sur Facebook, a partagé ma colère et mon indignation, mais émis une réserve d’importance sur mon appel à sanctionner les partis de gouvernement. Je le cite : « Oui Patrick c’est tentant , mais par quels couverts on va les remplacer ??? La colère est immense mais de là à pratiquer la politique de la terre brûlée ! Je pense qu’il y aura sanction ,mais (elle) sera modérée ! Je préfère acter mon mécontentement aux européennes  » Or, il se trouve que j’ai pour Jean-Pierre, fruit d’une longue amitié, une réelle estime. C’est pourquoi je prends plaisir, sous prétexte de causer avec lui, à développer et consolider mon argumentaire. Je sais qu’il n’est pas seul à balancer ainsi entre les justifiées raisons de la colère et les raisins redoutés. D’autres pourront, je l’espère, dans cet échange, puiser quelques réflexions utiles à leur jugement. Les hommes sages et posés qui savent domestiquer leurs colère, ont beaucoup de mal à se résoudre à la pratique « de la terre brûlée ». Au fond d’eux ils gardent toujours l’espoir secret, même ténu, que les responsables de leurs malheurs s’adouciront et qu’il ne sera pas nécessaire d’user des moyens de défense ultimes. Cet espoir secret ils s’y accrochent d’autant plus, qu’ils ont de la peine à classer dans le camp de leurs ennemis résolus, des gens, des militants, des partis, qu’ils ont cru un temps êtres de leurs amis. Amis ou Ennemi ? La confusion ne pardonne pas. Il n’est de pire danger aux êtres vivants quels qu’ils soient, de confondre ces deux catégories. Il faut dire que cette formule ; « la politique de la terre brûlée » a une connotation négative. L’inconscient collectif la rattache à des pratiques barbares, aux Vandales et autres Huns qui à l’instar d’Attila « faisaient le désert sous leurs pas ». Elle résonne dans l’esprit des gens humbles comme cette autre : « après moi le déluge » Quand bien même la rattache-t-on, pour ce qu’elle est vraiment, à une pratique de défense, elle reste empreinte d’une interprétation défaitiste dans son essence et de l’accusation de faire autant de torts à l’ennemi qu’aux populations autochtones. Car oui, « la politique de la terre brûlée », bien qu’elle puisse s’attacher parfois à une tactique offensive, évoque avant tout une méthode défensive ultime. Elle a été maintes fois utilisée dans l’histoire, et y a acquis malgré tous des lettres de noblesse. Elle fut utilisé entre autres à deux reprises mémorables, simples exemples parmi bien d’autres, par la Russie Tsariste qui mis en déroute Napoléon, puis par la Russie Soviétique qui stoppa ainsi l’avance des armées hitlériennes. La politique « de la terre brûlée » n’a donc rien de méprisable en soi, et la charge négative qui l’accable, est inappropriée. Elle peut s’avérer être une tactique de lutte judicieuse et pleinement justifiée dans certaines circonstances. C’est à cette aune qu’il convient de l’examiner et d’en juger. Qu’elle est la « denrée » dont se sustente le monde politique et qui le justifie et le conforte dans son agression permanente contre les populations laborieuses ? C’est la « légitimité » dont les pare le suffrage universel populaire. Ils ont piégé celui-ci dans les tenailles mortifères de l’alternance politique, Droite et Gauche, Gauche ou Droite, en vérité deux équipes de courtiers au service des mêmes patrons : le grand capital et la finance internationale, qui servent les mêmes intérêts en parfaite complémentarité et font donc la même politique à quelques fioritures prêt. D’ailleurs ceux-là, crois-moi Jean-Pierre, ont moins de scrupule que toi dans le choix de leurs méthodes. La politique de la terre brûlée, mais n’est-ce pas celle précisément qu’ils pratiquent sans états d’âme, depuis plus de vingt ans, à l’encontre des classes ouvrières et des couches laborieuses de leurs pays respectifs ? Nous avions en Europe occidentale et aux États-Unis, des classes ouvrières fortes, fières et structurées, qui a forces de luttes et de sacrifices avaient atteint un certain niveau de revenus et de vie, avaient accumulé des droits et acquis sociaux, et des certitudes quant à leur force sociale. Alors, avec « la mondialisation économique » et des délocalisations industrielles, les « grands décideurs ont dit : « Pschitt!.. plus d’industrie, plus d’emplois, vous n’êtes rien, à genoux, suppliez que l’on veuille bien vous octroyer des petits boulots de subsistance, plus de semaines de 35 heures, plus de couverture sociale, plus de droit du travail, acceptez la réduction de vos salaires, le recul de l’âge de la retraite jusqu’au seuil de la mort, rampez, demandez pardon, et si vous acceptez enfin de travailler sur un pied d’égalité avec vos camarades Pakistanais, peut-être un jour « relocaliseront-nous » Nos usines dans vos contrées » Alors, de quel droit, par la vertu de quelle outrecuidance démesurée, ceux qui pratiquent ainsi sans vergogne la politique de « la terre brûlée » pour venir à bout des résistances des peuples laborieux voudraient-ils interdire à ceux-ci d’avoir recours à une tactique semblable pour les priver de la légitimité républicaine dont ils se parent pour mener leurs attaques maléfiques ? Je le répète, l’alternance est un piège politique. Il n’y a d’autre moyen d’en sortir que de le casser. La politique de la terre brûlée qui est la plupart du temps une tactique de repli défensif, est toujours préparatoire à une contre-offensive. La sanction populaire cinglante et sans appel, contre les partis de gouvernement, aux élections municipales et européennes bien sûr aussi, rebattra fondamentalement les cartes du jeu politique Français et offrira une chance pour une prochaine contre-offensive sociale. Samedi 22 mars 2014.

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