ARNAUD MONTEBOURG A CHOISI SON CAMP. Nous avons relevé avant-hier le propos d’Arnaud Montebourg, à l’adresse des ouvrières de la biscuiterie « Jeannette ». Pour l’heure, nous n’avons pas connaissance que d’autres en est fait autant. Pourtant cette petite phrase n’est pas anecdotique. Il ne s’agit pas d’une petite phrase tirée de son contexte, dont nous nous serions emparés dans l’intention de nuire à son auteur malencontreux. C’est tout le contraire. Cette phrase ne relève pas du propos malencontreux. Elle est non seulement « dans le contexte », mais peut-être même pourrait-on dire, l’expression concentrée du contexte. Elle témoigne de l’adhésion totale d’Arnaud Montebourg (et que dire alors de ses collègues) à la doctrine ultra libérale selon laquelle l’activité économique, donc l’emploi, relève de la seule sphère privée. C’est pourquoi nous entendons y revenir et enfoncer le clou. « L’activité économique relève de la seule sphère privée et non de l’Etat ». Ce postulat, ainsi formulé dans toute sa rigueur, date en vérité seulement de la moitié des années 80, de la doctrine ultra-libérale promue par le couple infernal Thatcher/Reagan. Jusque-là, les Etats, particulièrement dans notre vieille Europe, se considéraient au contraire investit d’une mission économique « régalienne ». Donc, le « postulat » que certains nous assènent comme une vérité intangible est en vérité tout à fait discutable. Mais faisons semblant de croire qu’il est tout aussi incontestable que « la vérité révélée » de Dieu. Agenouillons-nous un moment pour obéir à Arnaud Montebourg en habits sacerdotal de grand prêtre de la doctrine néo-libérale mondialiste. Comme les « sourates » « les psaumes » ne se discutent pas. Ne discutons pas d’avantage, …… Le problème c’est qu’il y a un « Hic » et même de nombreux « hics » dirai-je. Le salaire, et tout ce qui y affère, les charges sociales, les retraites, les prestations familiales sont des composants de la vie économique. Ils résultent du partage de la richesse produite, entre le capital et le travail. Ils ont donc une incidence directe sur le « taux de profit », les « bénéfices », « les dividendes » distribués aux actionnaires, les disponibilités de trésorerie, les capacités d’investissements. Or dans ces matières, les gouvernements, c’est de notoriété publique, interfèrent sans états d’âme. Pour preuves : la réforme des retraites, la réduction des dépenses de santé, le rognage des prestations familiales, l’alègements des charges patronales, etc. et, dernier en date « le pacte de responsabilité » dont l’objet avoué, « l’amélioration de la COMPETITIVITE des entreprises » signifie en vérité la récession programmé des salaires. En tous ces aspects de la vie économique les gouvernements se considèrent donc investit d’un pouvoir et d’une mission. Les gouvernements qui se rallient au crédo de l’économie libérale : « l’économie n’est pas du ressort de l’Etat », ne rechignent pas en vérité à se mêler d’économie, chaque fois qu’il s’agit de s’en prendre, par tous les moyens, aux revenus salariaux pour faire augmenter les bénéfices des entreprises et les dividendes des actionnaires (= compétitivité). Mais ils déclarent forfait, s’avouent incompétents, quand il s’agit d’éviter des licenciements, des fermetures de sites, de prendre des décisions stratégiques de défense du potentiel industriel national, de trouver des repreneurs, de lutter contre les « délocalisations » etc. De défendre véritablement l’emploi par la « ré-industrialisation » et non par de faux emplois aidés qui sont le prétexte à faire de nouveaux cadeaux aux entreprises. Pour les entreprises, les actionnaires et la finance ! Contre les travailleurs, ouvriers, chômeurs et salariés ! Classe contre classe, ils ont choisi leur camp. Montebourg aussi. Mardi 8 avril 2014.
