HARLEM DÉSIR, LE LEURRE

HARLEM DÉSIR, LE LEURRE C’est toujours la même chose, que ce soit en politique générale ou en politique politicienne, quand on a des colères ou des griefs à adresser à plus fort, que l’on ose défier ou que l’on veut protéger, il advient que l’on cherche un défouloir, un fusible, un leurre. Une « tête de turc », en quelque sorte, sur laquelle « passer ses nerfs ». En politique générale, il est plus aisé, suivant les modes ou les époques, de s’en prendre aux juifs aux arabes, aux Roms, aux chômeurs, aux assistés, aux faibles plutôt qu’aux forts, plutôt qu’aux affameurs, ceux de la banque et de la grande finance. En politique politicienne, quand le « tabernacle » du pouvoir est lui-même la cause principale de la colère et du désarroi, il est de bon ton de le protéger de la critique en détournant l’attention populaire vers un leurre. C’est d’un pareil stratagème qu’Harlem Désir est actuellement la victime. On serait presque tenté de dire : « Touche pas à mon pot ! », Sauf qu’Harlem désir n’est pas notre pot. Loin de nous l’idée de prendre la défense du désormais « ex premier secrétaire du PS. », le Parti du Président de la République, à ce titre en charge de faire accepter par le pays les orientations de celui-ci. Il a sa lourde part de responsabilité dans le désastre qu’engendre cette politique pour les couches populaires et les salariés de notre pays. Mais il n’est pas vrai, contrairement à ce que certains ont affirmés qu’Harlem Désir ait la moindre responsabilité particulière, à titre personnel, dans le cuisant revers électoral du PS aux municipales. Nous l’avons dit, et nous sommes loin d’être les seuls, le vote des Français aux élections municipales fut un vote sanction contre la politique du président de la République et du gouvernement Ayrault. Point n’est besoin de lui chercher d’autres coupables si ce n’est avec l’intention inavouable d’exonérer les vrais que nous venons de désigner. C’est la politique du gouvernement, entièrement au service des capitalistes et des banquiers qui fut visée. Or, dans la détermination de celle-ci, ni le PS, ni son premier secrétaire n’ont la moindre part. Certes l’ont dit « le PS, le parti au pouvoir » mais c’est un euphémisme et non une réalité. Sous le régime de la 5ème République, « la politique de la France est déterminée par le gouvernement sous la conduite du Président de la République », et non par un parti quel qu’il soit, fusse celui dont est issu le président ? Harlem Désir serait responsable selon Henri Emmanuelli d’avoir fait du PS un parti « godillot ». Je doute que ce vieux routard de ka politique « mitterrandienne », soit dupe lui-même de son propos. Car en vérité, et il le sait bien, ce sont les institutions de la 5ème république et leur fonctionnement qui sont responsables de cet état de fait ; et cela n’est pas une nouveauté. Cela tient à « l’élection du Président de la République au suffrage universel, qui en investissant un homme de « la souveraineté nationale » le projette au-dessus des partis et des classes. Il en résulte qu’Harlem Désir ne saurait-être tenu pour responsable de l’échec électoral induit par la politique voulu par le Président de la république. Par sa position de « capitaine godillot » il a pour mission de faire avaler celle-ci par le pays. On peut donc éventuellement lui reprocher son zèle dans l’accomplissement de cette mission, en aucun cas celle d’orientations d’une politique sur laquelle il n’a aucune espèce d’emprise. Les petits malins qui ont lancé ce leurre l’ont fait dans l’intention de protéger François Hollande des feux de la critique, dans le temps où celui-ci répondait aux doléances des électeurs par une fin de non-recevoir dédaigneuse. Il pourrait paraitre paradoxal de voir Henri Emmanuelli dans ce rôle de « chien de garde » des institutions et de la fonction présidentielle, lui qui est identifié « gauche du PS ». Mais en vérité cela n’a rien de surprenant. On ne reste pas quarante ans au service d’un parti et de cercles de pouvoir qui ont fait avaler tant de couleuvre aux français, sans être soi-même un grand consommateur de ce reptilien. Avec 18% d’opinions favorables le président de la république est en bien mauvaise posture. En ajouter « une couche » serait périlleux pour la stabilité des institutions. Comme il advient chaque fois que celles-ci risquent d’être fragilisées, en particulier, chaque fois que la fonction présidentielle se retrouve à l’épicentre de la contestation, les politiciens du système, de droites et de gauches, font corps et cause commune pour la défense ultime de celle-ci, la clé de voute de nos institutions. C’est pourquoi Laurent Wauqiez, Nathalie Kosuskio Morizet, et d’autres à droite, se sont mis à jouer eux aussi à ce « jeu de massacre » qui consiste à décocher le plus grand nombre de balles possible dans la tête de « l’ex premier secrétaire du PS ». Ne nous laissons pas égarer. Certes, nous l’avons bien dit, comme premier secrétaire d’un parti dont le rôle est de capter l’adhésion populaire au service d’une politique antipopulaire, Harlem Désir ne nous inspire pas la moindre estime. Mais la responsabilité pleine et entière de la politique que les électeurs ont voulu sanctionner incombe au seul François Hollande. C’est lui, et lui seul, qu’il convient de stigmatiser et la nature de l’élection présidentielle au suffrage universel, qui permet à UN HOMME d’abuser tout un peuple. Mardi 22 avril 2014.

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