LA GRANDE FOUTAISE

LA GRANDE FOUTAISE Le parlement français était invité à voter avant-hier, sur le plan d’austérité draconien de François Hollande à présent porté par Manuel Valls. C’était un test politique de grande importance, nous disait-on, pour le nouveau premier ministre. Or, les institutions de la 5ème République, le président en haut de la pyramide, élu au suffrage universel, les élections législatives dans la foulée des Présidentielles, garanti au gouvernement en place l’appui d’une « majorité présidentielle » inconditionnelle. Tout budget, toute loi, toute initiative portée par le gouvernement, est ainsi assurée par avance du soutien de la majorité des députés. Dans ces conditions, les ronds de jambe que constituent « le vote de la confiance » ou ceux, seulement consultatifs d’ailleurs, sur certaines questions cruciales soumises à débat préalable par le gouvernement, sont en vérité, non pas des exercices risqués comme ils les présentent pour se valoriser, mais de simples tricheries démocratiques. Non pas « exercice de démocratie » mais banals exercices de style. Et donc, bien sûr, comme prévu, les députés socialistes-godillots, dans leur grande majorité ont voté « pour ». Même quand ils étaient contre parfois, et les députés UMP eux, ont voté « contre » dans leur écrasante majorité, bien qu’ils soient en vérité plutôt pour. Bon alors, c’est vrai, il y a la crise qui corrode la majorité présidentielle avec les acides puissants de la contestation. 40 députés Socialistes ce seraient tout de même abstenus. Ils nous amusent. S’ils sont « contre », pourquoi n’ont-ils pas voté « contre ». ? Manqueraient-ils de ce quelque chose bien pendu qui distille les hormones des prises de positions courageuses ? En s’abstenant ils évitent de se mouiller trop tout en ne prenant pas le risque de mettre en échec le gouvernement. Il y a de la lâcheté dans ce positionnement qui veut du côté de la base électorale se donner des airs protestataires, en assurant tout de même le gouvernement de son soutien de facto. Et, d’un même mouvement de balancier, à tout hasard, pour assurer le « succès » du premier ministre en contrebalançant par un nombre égal les députés socialistes abstentionnistes dont les voie lui manqueraient, un nombre égal de députés UMP se sont abstenus aussi, à telle fin que moins quarante à « gauche » et moins quarante à droite, l’équilibre des forces au sein de l’assemblée restait équivalant. Pourquoi ceux-là n’ont-ils pas voter « pour », puisqu’ils le sont. Parce qu’ils ne veulent pas tout de même que leur collusion (UMPS) pourtant si bien apparente, soit trop claire pour le commun des mortels. Cet épisode donne à penser qu’en fait, si une majorité de députés de « gauche avait voté contre, illico, autant de députés de droite auraient voté pour. D’une manière ou d’une autre, le résultat était joué d’avance. Drôle de démocratie, n’est-ce pas ? Et puis, de toute façon on s’en moque, car le vote en vérité était simplement consultatif, et si la majorité avait dit Non, et que l’opposition ne l’ait pas secouru, en dernier recours, le premier ministre était tout de même en droit d’appliquer le plan. Drôle de démocrates ! La démocratie elle-même, quand on la prend au sérieux, n’est-ce pas l’aptitude des citoyens, fussent par les moyens délégataires de leurs députés, d’influer sur le cours des choses, sur la décision politique. Or on le voit bien ici, ils en sont totalement privés par le fonctionnement pervers des institutions. La démocratie de spectacle consiste dans le droit de changer les élus, jamais la politique. Et dire que ce sont ces piètres démocrates-là qui mènent la guerre en Syrie au nom des valeurs de l’Occident au premier rang desquels « la démocratie » ; les mêmes qui prétendument au nom des mêmes principes se proposent à présent de mettre le souk en Ukraine. Jeudi 1er mai 2014.

Please follow and like us:
0
Tweet 20
Pin Share20

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Instagram
Retour en haut