INTERVIENDRA ? N’INTERVIENDRA PAS ? Il y a ceux qui crient à l’ours, qui somment la Russie de retirer ses troupes de sa frontière avec l’Ukraine ; font des accolades aux fascistes de Kiev façon de prouver leur duplicité, et envoient des rafales en Pologne histoire de montrer leurs muscles ; sont persuadés ou feignent de l’être, que la Russie est sur le point d’intervenir. Et puis il y a ceux qui appellent l’intervention, qui la souhaitent, et qui dépités de ne la pas voir venir, s’empressent trop de qualifier Poutine de traitre à la cause des prorusses ukrainiens. Les deux attitudes, bien qu’antinomiques, sont également excessives. Si bien l’ingérence euro-américaine est blâmable, comment l’ingérence russe ne le serait-elle pas ? La Russie de Vladimir Poutine a fondé sa politique internationale sur la « non -ingérence et le respect des souverainetés nationales ». C’est ce qui a guidé, avec un certain succès, son positionnement dans l’affaire syrienne. Pourquoi devrait-elle s’en départir, et ainsi se renier, dans la question Ukrainienne ? Une intervention Russe est-elle vraiment souhaitable ? Appuyant l’Ukraine anti Maidan la Russie est une amie, ne deviendrait-elle pas l’ennemi national si elle s’avisait d’une intervention directe ? Il se peut qu’une intervention russe deviennent nécessaire, voire incontournable, mais à l’heure que voilà est-elle vraiment souhaitable ? . Pomonarev, le maire de Slaviansk que nos médias occidentaux qualifient « d’auto-proclamé » sans songer que le gouvernement de Kiev l’est tout autant, n’a-t-il pas dit : « il n’y a pas de Russe ici. Il n’y a pas besoin de Russes, on se débrouille très bien tous seul. » C’est cela, c’est cela même, il appartient à l’Ukraine, au peuple ukrainien avant tout d’écrire sa propre Histoire, et son histoire est et doit rester celle d’une alliance naturelle avec la Russie. L’Ukraine de l’Est se mobilise, plus fort, plus largement. Les fascistes de Kiev jouent leur va-tout, multiplient les rodomontades et accumulent les échecs et les humiliations. Ils annoncent des offensives militaires dont il n’ont pas les premiers moyens. Les seules troupes véritables, sur lesquelles ils puissent compter, sont leurs propres milices fascistes. C’est pourquoi celles-ci en sont réduites à des actions symboliques ou « coups de poings ». « Mobilisation générale », entend-on ces dernières heures, un bien grand mot pour une maigre réalité. Mais quand viendra vraiment l’heure de l’offensive, au feu de la confrontation ne va-t-on pas assister à un effondrement total de l’armée ukrainienne, laissant le gouvernement des usurpateurs de Kiev, suspendu en l’air comme un pantin brassant l’air des bras et des jambes ? N’est-ce pas la raison pour laquelle il en appelle tant à l’aide militaire occidentale.? La voie actuelle pour l’opposition révolutionnaire est donc bien celle du renforcement de la mobilisation et de son extension jusqu’à à la chute du gouvernement des putschistes de la place Maidan, et à l’avènement d’une Ukraine fédérale une et indivisible. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Jeudi 1er mai 2014.
