V COMME VICTOIRE, OU COMME VÉRITÉ ? 8 mai 1945, le jour de la victoire dit-on des alliés sur l’Allemagne Nazie. Les alliés ? Mais qui étaient-ils donc ? La deuxième guerre mondiale n’était d’une certaine manière que le deuxième volet de la première, sa reprise, son rebond : comme elle, une guerre impérialiste pour un nouveau partage du monde. L’Allemagne sous la direction d’Adolph Hitler, ne voulait que des choses équivalentes aux desseins qui avaient été ceux du Kaiser Guillaume 2, lors de la « grande première » : disputer à la France et à l’Angleterre, une part de leur « possessions coloniales ». Pour parvenir à ces fins, il fallait mobiliser la nation allemande toute entière. Mais la mobilisation revancharde du peuple allemand avait deux facettes, politique d’une part et idéologique de l’autre. Il fallait laver « la honte de novembre 1918 », ainsi que l’appelait Hitler, mais il fallait aussi poursuivre le combat contre le communisme international, l’esprit de « Zimmerwald » qui avait en prêchant la révolution et la défaite de « son propre impérialisme », contribué à débander les armées. C’est dans la lutte contre « le bolchévisme » que Fascisme, Nazisme ou Hortysme, s’étaient révélés et affirmés dans toute l’Europe. C’est dans la lutte contre la subversion sociale qu’ils avaient fait la démonstration de « leur utilité publique», pour la sauvegarde du capitalisme et de la propriété privée. Or le bolchévisme, c’était en ce temps « le judéo-bolchévisme. Dénikine le général blanc de la guerre civile russe pourchassait déjà les « judéo-bolchéviques », dans le même temps où Horty les pourchassait en Hongrie. La chasse aux « judéo-bolchéviques » fut en quelque sorte la première manifestation de l’antisémitisme moderne de l’ère industrielle. Machine de guerre contre le communisme et l’union soviétique, le nazisme habilla sa guerre impérialiste d’idéologie. Cette dimension a eu pour conséquence de précipiter dans la guerre des populations qui sans ça seraient probablement restées à la marge, en fit des acteurs conscients et consentants quand la « grande première » n’en avait fait que des objets et des victimes. Il y avait, d’une part la guerre pour le statut international des nations concernés et le partage du monde opposant les USA, le Royaume-Uni et la France à l’Allemagne au Japon et à l’Italie, d’autre part la grande empoignade planétaire entre le communisme et de fascisme agissant par délégation pour la sauvegarde du capitalisme. C’est cette particularité qui a permis aux USA, en retour, d’habiller leur propre guerre impérialiste dans l’étendard de la liberté contre le totalitarisme hitlérien. La propagande et l’histoire officielle occidentale se sont efforcées depuis des lustres, de faire de l’antisémitisme nazis, la question centrale de la deuxième guerre mondiale, comme si l’objet et les motivations de celle-ci côté allemand avait-été le projet d’extermination des juifs et si l’engagement Anglo-américains avait lui résulté de considérations humanitaires de « liberté » et de lutte contre « la barbarie nazie ». Mais telle n’est pas l’Histoire réelle. Les justifications idéologiques de la guerre coté nazis s’était la mobilisation anticommuniste et anti soviétique. C’est pourquoi le mouvement communiste dans toute l’Europe, et l’Union Soviétique, se retrouvèrent dans l’œil du cyclone comme des acteurs principaux de celle-ci. L’entreprise de l’Allemagne Nazie était une entreprise impérialiste. Les Britanniques restaient maitres des mers. Il fallait donner de l’espace en Europe au « grand Reich », et lui assurer par voie de terre le contrôle des hydrocarbures de Bakou, pour l’établir comme première puissance mondiale, devant l’Angleterre. C’est pourquoi Hitler déclencha l’opération Barbarrossa. Machine de guerre contre l’Union soviétique et le communisme athée, il bénéficiait de la complicité du Vatican et de l’alliance des églises dans toute l’Europe de l’Est. Durant plus de deux ans les anglo-américains restèrent l’arme au pied, continuant jusqu’en 1943 la « drôle de guerre », attendant patiemment qu’Hitler en ait fini avec l’Union Soviétique. Plus de deux années durant lesquelles toute la pression militaire de l’Allemagne hitlérienne pesa sur celle-ci. Voilà une réalité peu glorieuse dont l’Occident et son nouveau champion américain, n’avaient pas lieu d’être bien fiers. Ils préféraient la dissimuler le plus possible à défaut de pouvoir l’occulter tout à fait. Ceux qui rêvaient d’en finir avec l’Union Soviétique, qui, à l’instar du général Patton auraient bien voulu poursuivre la guerre jusqu’à Moscou, qui ne tardèrent pas d’ailleurs à la prolonger dans « la guerre froide », ne pouvaient pas reconnaitre clairement la part capitale de l’engagement Russe dans la lutte contre les Nazis. Comment traiter en effet le communisme soviétique de régime barbare si l’on reconnaissait la part considérable de son engagement dans la lutte contre la barbarie hitlérienne ? Les tueurs de la barbarie pouvaient-ils être des barbares eux-mêmes. L’Enflure historique faite autour de la « solution finale » rebaptisée Shoa, les lois « mémorielles » élaborées à ce sujet, eurent donc pour fonction, en terme d’histoire officielle, de faire oublier que le Nazisme fut avant toute chose une machine de guerre anticommuniste et anti soviétique. La machine d’extermination nazie a sans nul doute tués bien plus de gens, y compris des juifs, au prétexte qu’ils étaient communistes. Si l’on voulait tant faire des lois mémorielles, n’eut il pas été décent et nécessaire en ce cas d’en faire une aussi qui qualifie de crime contre l’humanité l’extermination des communistes, et de délit la négation de ce crime ? Il y eut Stalingrad, en effet, où se brisa, au prix de centaines de milliers de morts, de part et d’autre, la puissance allemande. Dès lors ce fut l’Armée rouge qui prit l’offensive, refoulant à travers toute l’Europe, et jusqu’à Berlin, les armées du grand Reich. Le cours des choses n’avait pas vraiment été celui qu’envisageaient les anglo-américains. « Les Russes » avaient résistés et avançaient maintenant vers l’Ouest. S’arrêteraient-ils à Berlin ou iraient-ils jusqu’à l’Atlantique ? C’est Alors qu’il devenait Urgent d’ouvrir le Front Ouest, de prendre les armées Allemande en tenaille, de pouvoir revendiquer sa part de la victoire. Tel est l’arrière-plan historique du débarquement de Normandie que l’on célèbre le 6 juin de chaque année. L’importance que l’on donne en France et en Occident en général, à cet évènement, est à la mesure de la réalité qu’il convient d’occulter. L’importance donné au débarquement de Normandie, qu’il ne s’agit nullement ici de minimiser, a pour fonction, dans l’écriture de l’histoire officielle, de faire oublier la part considérable et oh combien héroïque, de l’Union Soviétique, à la défaite de l’Allemagne Nazie. Par l’ampleur des célébrations faites cette année en Russie et en Crimée, du jour de la victoire, Vladimir Poutine ne fait que restaurer une partie de la vérité que l’Occident voulait voler à l’Histoire. Sa présence aux festivités de célébration du débarquent sera là pour le rappeler aussi. Lundi 12 mai 2014
