VIVE LA GRÉVE DES CHEMINOTS Vous avez, au moins dans un premier temps, quand vous crûtes à leurs spontanéités, saluées par des Vivats « les révolutions arabes ». Vous avez vibré d’émois avec le peuple turc de la place Taksim. Vous avez salué respectueusement les mobilisations contestataires des peuples Grec, Portugais et espagnol, en révolte contre la politique austéritère de l’Union Européenne. Je n’en doute pas un instant, sauf à avoir un ballon à la place de la tête, vous êtes suspendus aux aléas de la mobilisation sociale du peuple Brésilien en délicatesse avec les choix budgétaires de ses dirigeants. Et vous bouderiez la grève des cheminots, parce qu’elle est ici et qu’elle dérange ? Non ! Je n’y crois pas un instant. Notre pays s’enfonce dans la désindustrialisation, et la récession, les couches populaires dans le paupérisme. Sous prétexte de « marché » de concurrence », de « rentabilité », de compétitivité, ce sont les services publics, des transports de la poste de la santé de l’enseignement qui sont liquidés et privatisés par pans entiers, les salaires, la couverture sociale, les droits à la retraite, au repos dominical, régressent ou sont carrément remis en cause ou niés. La misère et la précarité s’installent partout. Les Français qui eurent souvent l’insigne honneur d’être à la tête sont à présent en queue de la mobilisation sociale Européenne. Dupés par un prétendu pouvoir de « gauche » qu’il conviendrait de ménager, ils peinent à se mobiliser. Il n’y a pas de pouvoir de gauche, que des mots creux et trompeurs. Le Président de la République qui est issu du parti socialiste dont il fut même un temps le premier secrétaire, vient d’interférer dans le conflit en cours des cheminots en affirmant que la grève devait cesser. Au quel prétexte ? Le seul selon lui qu’elle a assez duré. Une grève Monsieur Hollande n’a assez duré que lorsque les revendications ont été satisfaites. Ce faisant, cet homme qui s’est révélé être un dangereux va-t-en-guerre et le plus ardent défenseur du monde de la finance, démontre par ce propos, dernier en date, à quel point il est étranger au monde et à la tradition ouvrière, dont, de Blum à Jaurès en passant par Mauroy, le PS prétendait-être un continuateur. Ces gens-là, parce qu’ils avancent masqués sont les pires ennemis des travailleurs et des salariés. Il est temps que les dernières entraves politico-affectives qui affectent les capacités de mobilisation sociale dans notre pays, soient brisées et liquidées. La mobilisation des cheminots constitue un pas en ce sens. Ce dont on manque le plus dans ce pays actuellement, c’est de résistance sociale. Alors, quand les cheminots rallument le flambeau de celle-ci, nous crions enthousiastes : « Vive la Grève des cheminots » et faisons le vœu que celle-ci dure le temps nécessaire à ce que le gouvernement pli du genou. Nous sommes sûrs, quels que puissent être les désagréments qu’elle vous fait subir, que vous serez nombreux à vous joindre à notre mouvement d’humeur et à déclarer votre soutien plein et entier à la grève des cheminots, et plus si affinité.Vendredi 13 juin 2014.
