LA GIFLE

LA GIFLE On a vu ces dernières années, des entreprises « négocier », c’est-à-dire imposer par le chantage, des mesures de régressions sociales et de récession des salaires en échange « du maintien des emplois ». Elles aussi, pour parvenir à leurs fins, ont usée de la soi-disant « démocratie » : le référendum des salariés tétanisés par la crainte du chômage contre les syndicats qui les appelaient au refus à la mobilisation et au combat. La « Démocratie », pensez ! Nous avons développé dans ces pages de nombreux griefs contre ce concept politique dévoyé dont s’est emparé le « système » pour en faire l’outil de sa propre domination et l’instrument politique de sa dictature. L’usage ignominieux « du référendum » dans les relations entre salariés et employeurs qui ne sont pas le moins du monde démocratiques, est bien un autre de ces griefs que nous pouvons ajouter à la liste de ceux qui plaident déjà contre cette « démocratie » là, dont nos dirigeants ont plein la bouche. Certes, dans cette entreprise de régression sociale, les employeurs peuvent compter sur les syndicats complices, CFDT en tête, qui refusent la culture de « la lutte des classes » pour lui substituer celle du message chrétien de fraternité. Patrons et salariés nous serions tous frères, embarqués dans la même galère économique qu’est l’entreprise et tenus de chercher ensemble des solutions communes et solidaires. Solidaires ? Qui ne remarquera que ces « syndicalistes-là » sont surtout solidaires de leurs employeurs et que dans l’adversité ils sont plus volontiers « frères » de leurs patrons que de leurs camarades salariés. D’ailleurs, me direz-vous peut-être, il en va toujours ainsi dans les rapports entre les hommes et les chiens. Il ne fait guère de doute que tous les chiens du monde se croient les frères de leurs maitres. Qu’est-ce le « pacte de responsabilité ». C’est la généralisation, à l’échelle de toute la société, de cette offensive de régression sociale massive expérimentée jusqu’ici dans quelques entreprises isolées. Tel est l’objet de la conférence anti sociale. Et comme de bien entendu on y retrouve la même configuration syndicale. Les syndicats chiens, trop flattés d’être ainsi invités autour de la table des maitres jappent et battent de la queue en espérant quelques miettes. Les autres, qui représentent la grande majorité des salariés, mais surtout la seule représentation identitaire de ceux-ci, CGT, FO et FSU ont claquée la porte. L’évènement est peut-être plus considérable qu’il n’y parait, cela à deux titres. D’abord d’un point du vu culturel. Voilà des décennies que le refus de « la politique de la chaise vide » a servi à justifier toutes les compromissions et couvrir le diktat social du capital du vernis d’une soi-disant «concertation ». En quittant « la conférence sociale », les syndicats contestataires se sont donc départis d’une attitude aliénante. A ce jour, ça n’est plus tabou de pratiquer « la politique de la chaise vide ». Les syndicats « contestataires », sont ceux que l’on classe généralement « à gauche », qui entretiennent des liens ou cultivent une véritable proximité politique avec le PS. C’est parce que, réputé « gouvernement de gauche », celui-ci pensait ainsi les tenir en laisse, que François Hollande et Manuel Valls avaient la prétention de leur faire avaliser au niveau politique le chantage social qu’ils ont presque toujours refusé à l’échelon de l’entreprise. En quittant « la conférence sociale » c’est la « longe » politique de « la Gauche » que CGT, FO et FSU viennent de rompre. Bon, restons prudents. Nous n’avons pas encore dit que le syndicalisme français avait retrouvé ici le chemin nécessaire de la lutte sociale. Mais tout de même, il en a rouverte l’option. C’est en tout cas un camouflet cinglant, un premier acte symbolique de belligérance en direction du patronat et du gouvernement Hollande/Valls auquel nous accordons un satisfécit. 10 juillet 2014.

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