DE LA CORDE DE PENDU (A propos de la riposte russe aux sanctions occidentales)

DE LA CORDE DE PENDU(A propos de la riposte russe aux sanctions occidentales) N’est-ce pas cet « imbécile » de Lénine (Imbécile de Lénine n’est pas de nous mais des idiots qui nous gouvernent) qui disait un jour : « les capitalistes nous vendrons la corde pour les pendre ». Certes, de l’eau a coulé sous les ponts de la Neva, et ce sont les capitalistes qui insultent et brocardent à présent Lénine, voudrait le faire passer pour une brute épaisse et un demeuré. Pour autant, en sont-ils plus intelligents et avisés eux-mêmes ? Non, pas vraiment si l’on en juge par la trame des évènements qui émaillent l’actualité depuis le coup d’État à Kiev des fascistes pro-européens. * Ils se sont pris eux-mêmes les idiots au piège de leur propagande hideuse. Ils ont vraiment cru que la chute de l’URSS en 1990 et l’hégémonie planétaire américaine qui paraissait devoir en résulter, étaient suffisants à définir la nouvelle période qui s’ouvrait : « la fin de l’histoire » disaient-ils même. Un monde indolent et ravi baignant dans les flux tièdes de l’économie globalisée et la douce torpeur de « la pax-américana » promise par le nouvel ordre mondial. Les liquidateurs de l’URSS, Gorbatchev et Eltsine, en vendant à l’encan l’héritage des tsars et de la révolution russe avaient paru leur donner raison. Mais la roue de l’histoire qui était loin d’être finie, tournait encore réservant quelques cruels retours de manivelle à ceux-là qui avaient prétendu la faire tourner à l’envers. Sacha Guitry, dans l’une de ses œuvres cinématographiques, fait dire à François premier « la France est comme cette balle, si elle tombe jusqu’à terre, ça n’est que pour mieux rebondir ». Cette vérité ne s’attache telle pas à la plupart des grandes nations qu’il est mal aisé de maintenir dans l’abaissement ? La Chine impériale humiliée dans les guerres de l’Opium (……) était tombée jusqu’à terre. Elle commença son rebond avec la victoire de la révolution communiste de 1949. Un des premiers effets de la mondialisation économique c’est qu’elle a permis le décollage économique par lequel la Chine a transformé son essai. Goguenarde encore il y a peu la propagande impérialiste moquait « ces communistes qui se vautraient dans l’économie de marché, qui exploitaient leur peuple avec l’ardeur de nos propres capitaines d’industries aux siècles de l’accumulation primitive. La Chine, c’était la nation esclave, « l’atelier du monde », quel plaisir de pouvoir humilier ainsi ses satanés prétendus communistes. Les chinois sont-ils rouges ou pas ? En attendant la réponse ce sont les dirigeants impérialistes d’Occident qui rient jaune. Ils ont joué les apprentis sorciers en sustentant « le monstre » qui va les dévorer. Rendus à l’Orée de la crise ils s’interrogeaient encore. La Chine allait-elle entrer en récession ? La crise financière occidentale aurait-elle des répercussions dans l’Empire du milieu. Ils l’espéraient et le redoutaient à la foi. Ils l’espéraient pour faire la démonstration incontestable que « la crise » était bien une calamité « naturelle » à laquelle nul ne pouvait échapper, contrairement à ce qu’affirment encore les « marxistes demeurés » héritiers précisément « de ces imbéciles » de Lénine et Trotski. Mais ils redoutaient les conséquences catastrophiques sur les économies occidentales qu’aurait un ralentissement économique en Chine. Nous avions pronostiqué qu’il n’y aurait pas de récession en Chine, que pour le moins celle-ci serait limitée et pilotée. La Chine disions-nous a « une botte secrète.) (« Salut jaune ou péril rouge » Mardi 20 décembre 2011) « Quelle est la botte secrète de la Chine ? C’est précisément son marché intérieur. Il lui suffit d’augmenter ses salaires d’un taux significatif – elle a fait ça il y a quelques mois sur la demande du parti communiste – pour faire croitre la demande intérieure de façon considérable. Et alors, même à supposer que le marché chinois reste ouvert à la concurrence internationale, qui, mieux que les industriels chinois, sera à même de tirer le meilleur parti de cette manne ? Autrement dit, la Chine peut largement compenser la récession de ses débouchés extérieurs en faisant croître sa demande intérieure. » Les dirigeants du club fermé des pays impérialistes occidentaux voient bien, qu’au plan économique, technique, dans le domaine même de la recherche, de l’exploration spatiale et des communications, qu’à un terme fort court sur le plan militaire même, ils seront dépassés. Le modèle collectiviste soviétique ayant été liquidé, les anciens pays du blog de l’est ayant rejoint la sphère capitaliste, l’URSS dépecée, l’OTAN encerclant la Russie abaissée, ils pensaient celle-ci « neutralisée » et qu’ainsi le seul véritable dernier obstacle à l’hégémonisme planétaire américain était la Chine. Or, aubaine, celle-ci sur le plan militaire accuse un retard considérable laissant pour plusieurs années encore l’avantage aux États-Unis. Avec la chute de l’URSS, la Russie était elle aussi, quoique plus récemment, tombé jusqu’à terre. Ne lui fallait-il pas rebondir ? Voilà justement que, sous la conduite de Vladimir Poutine elle fait mine de vouloir restaurer son statut de puissance internationale. Or, la Russie elle, contrairement à la Chine, héritage de la période soviétique, dispose quasi immédiatement de capacités militaires considérables et modernes. Alors le « clan impérialiste Occidental » s’affole fait donner du canon et de l’hélicoptère de combat. Il voudrait, sous la houlette des États-Unis affermir son leadership sans partage tant que la donne militaire est encore à son avantage. La menace c’est précisée autour de la question Syrienne. Le couple Russie Chine qui s’est affirmé et raffermit dans cette affaire, constitue une menace tangible pour les prétentions hégémoniques des USA. D’où le changement de stratégie américaine qui s’en est suivit. Après les grandes manœuvres « complotistes » des printemps arabes visant à renouveler les modalités de la domination américaine sur le Proche et Moyen-Orient ; après l’enrôlement de l’Islam sunnite dans la guerre « anti chiite » contre la Syrie, l’Iran et le Hezbollah, au nom du « grand Califat et sous la direction de l’Arabie Saoudite et du Qatar ; se heurtant à la fermeté russo-chinoise, ils résolurent que rien ne servait plus d’agir seulement à la marge. Qu’Il fallait aller au cœur du problème, faire sauter le verrou russo-chinois. Et, en tout premier lieu barrer la route aux prétentions de restauration de la puissance Russe portées par V Poutine, déstabiliser ce dernier. En proposant la mise sous contrôle international de l’arsenal chimique syrien, à l’été 2013 Vladimir Poutine avait engrangée une grande victoire remettant la Russie au centre du jeu diplomatique international. C’est celle-ci qui allait tout changer. Les USA et la France qui grommelaient encore, menaçant la Syrie de frappes militaires, n’en firent finalement rien, pourquoi ? L’attaque qu’ils ne pouvaient mener à la marge, via la Syrie et l’Iran en direction de la mer Caspienne, ils résolurent alors de la mener directement contre le principal responsable de leur échec, en attaquant, via l’Ukraine, les intérêts économiques et militaires russe. Ils n’eurent probablement pas rechigné à pousser Poutine à la faute, qu’eut été une intervention militaire précipitée en Ukraine qui eut réveillés les vieux démons de la période soviétique, quand les chars Russes rentraient à Budapest ou à Prague, et permis de dresser contre lui les fureurs de toute l’Europe et du monde. Mais Poutine prudent, calculateur et avisé n’a alors bougé que sa « tour », il a repris la Crimée le gaillard d’avant de la puissance russe planté face aux mers du sud. Il a verrouillé le danger mortel d’une immixtion de bases américaines sur la mer Noire qui eut inévitablement suivit le basculement de l’Ukraine dans le camp Occidental. Mais en Ukraine même, redoublant de prudence, il s’est limité à un soutien distancé à la rébellion du Donbass, prenant soins de ne pas se mettre dans la position dangereuse d’une intervention obligée. L’Ukraine pro-occidentale n’en est pas moins prise à la gorge. Il lui faudrait pour se dégager de cette impasse historique, rétablir l’unité du pays, mais son armée déliquescente car elle-même tiraillée par le déchirement national n’a pas les moyens de ses ambitions. Alors ses amis et alliés occidentaux déballent tout leur arsenal de rétorsions, menaces et sanctions économiques contre la Russie et Poutine qu’ils accusent de tous les maux. . Ainsi avons-nous vu des « démocrates de mes fesses » qui fomentent un coup d’État en prenant appui sur des milices fascistes au passé hideux, et qui prétendent que ceux qui s’y opposent ne sont pas des démocrates. Ainsi avons-nous vu des « patriotes » prêts à se vendre eux et « leur mère patrie » aux plus offrants, se jetant dans les bras de l’UE comme leurs pères s’était jeté hier dans ceux de l’Allemagne hitlérienne. Ainsi avons-nous vu des « combattants de la liberté » faire appel pour suppléer à leur incapacité militaire à des milices mercenaires de tueurs à gages rétribuées avec l’argent de l’UE et des USA. Ainsi voyons-nous des justiciers de l’enfer qui appellent crime contre l’humanité une éventuelle dramatique bévue, ayant conduit à la destruction en vol d’un avion civil, dans une zone de guerre, mais ne rechignent pas à couvrir dans le même temps les crimes de guerre incontestables des israéliens dans la bande de Gaza. Ainsi voyons-nous enfin des « génies de l’économie politique » – ne sont-ils pas les glorieux vainqueurs du collectivisme ? – qui stigmatisent « les méchants et les mauvais élèves », l’Iran, Cuba, la fédération de Russie, les foudroient de leurs oukases mercantiles, rétorsions, confiscations, menaces économiques et sanctions de toutes sortes, et s’indignent au nom de la liberté du commerce quand leurs victime leur retourne la pareille. Is vont porter plainte disent-ils auprès de l’OMC. Avant de décider du boycott des produits alimentaires européens et américains Vladimir Poutine n-a-t-il pas fait une tournée diplomatique des pays du « BRICS » ? On peut subodorer à présent, quelle sera la suite. Les économies occidentales vont plus souffrir de la riposte russe que la Russie de leurs sanctions. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est la suite, c’est l’à-venir, c’est ce que cela engendre. La conséquence de l’arrogance Occidentale, c’est que les pays du Brics, et d’autres vont se joindre à eux, vont initier de nouveaux circuits, de nouveaux équilibres commerciaux qui échapperont au contrôle Occidental, vont faire des pas supplémentaires dans l’organisation mondiale d’un pôle économique alternatif pour se prévenir des effets de la dictature américaine. En voulant entraver le retour à un monde « bipolaire », les puissances Occidentale ne font qu’en accélérer la genèse. Ne risque-t-elles pas de se pendre avec le filin même avec lequel elles voulaient étrangler leurs adversaires ? Dimanche 10 août 2014.

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