LA LIBRE PAROLE Après Dominique De Villepin le premier, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, et François Fillon à sa suite, voilà que Philippe De Villiers se réveille un moment de sa mort politique pour jeter un encombrant pavé dans les jardins de l’Élysée. Nous subodorons qu’à nous lire régulièrement, il en est parmi vous amis visiteurs, qui vont rester dubitatifs. Voilà que « La voie des sans voix » fait la part belle à cette brochette d’hommes de droite, serait-elle en train de virer de bord ? Pas le moins du monde, rassurez-vous. Militant de la transformation sociale, nous sommes et restons plus attachés que jamais à ces fondamentaux dont chaque jour nous apporte, en ces temps nouveaux, mille preuves de leur bien fondé. Mais ne sommes-nous pas aussi, français, les lointains héritiers de l’esprit de Voltaire, attachés comme lui à la libre parole ? Or, avez-vous en ces temps-ci entendu des hommes de gauche oser s’indigner et se dresser tout droits sur les ergots de leur conscience pour dire sans détour leur dégoût de la politique internationale de la France ? Alors force nous est de faire écho à ceux, fussent-ils de « Droite », qui ose encore « l’ouvrir » Oui bien sûr, nous savons, nous ne sommes pas dupes, que ces mêmes hommes de droites qui approuvaient et collaient à la politique d’inféodation de la France aux USA qui fut celle de Sarkozy, sont les mêmes qui découvrent à présent et s’indignent de la même politique servile de Hollande, qui n’est pourtant que le prolongement de la précédente. Qu’importe ! Doit-on refuser d’entendre la vérité qu’ils disent à présent au prétexte qu’ils l’ont insulté hier ? Juppé, Raffarin et Fillon, renouent avec le désir d’un cours Gaullien de la politique internationale de la France, quand Hollande, étiqueté « gauche » est au pouvoir. Inversement, c’est parce que leur prétendue gauche occupe les marocains sous les ors des palais de la République, que les hommes et femmes qui se disent eux même de gauche, ravalent leur conscience et se taisent. Tels sont, sur la pensée politique du temps, les effets pervers de l’alternance politique. La parole ne se libère que dans l’opposition. Cela commence à dater un peu, un internaute interrogeait il y a une paire d’années ou un peu plus ‘le Seignon serait-il brun-rouge ». Nous avions répondu clairement quoique sans acrimonie. D’autres peut-être dans les circonstances présentes voudront nous taxer d’être « de droite » ou tout autre qualificatif infamant à leur sens. Nous ne nous arrêtons pas à de telles bassesses. Laissons les imbéciles jouir de leur médiocrité. N’avez-vous pas remarqué en effet que cette manière de procéder dans le débat politique appartient en vérité à ceux-là qui veulent clore la discussion qui tourne à leur désavantage ? Vous savez amis lecteurs que nous n’avons que faire de ces réflexes d’appartenances et de ces distributions d’étiquettes qui tuent la pensée et le débat politique. Quels que soient les hommes, nous ne voulons entendre que ce qu’ils disent, et si ce « cul-bénit » de De Villiers s’avise de dire des choses justes, nous ne redoutons nullement de l’approuver et de lui faire écho. Philippe De Villiers à raison en l’occurrence lorsqu’il dit : « Tous les esprits pacifiques qui aiment l’Europe et la Russie veulent secrètement sortir de l’engrenage car ils savent que les sanctions sont des humiliations qui provoquent les peuples qui ont encore une fierté. C’est le cas de la Russie. » Il a raison aussi quand il assène : « L’Amérique ne se comporte pas d’une manière raisonnable. Elle veut «otaniser» le monde entier et met le feu partout. Ce qu’elle désire, ce n’est pas seulement l’Ukraine dans l’Otan, c’est aussi abattre Poutine pour prendre la Russie et y installer son idéologie multiculturaliste, mondialiste et consumériste. Elle veut imposer son modèle de société, en particulier aux pays enracinés qui lui résistent. » Il l’a raison toujours quand il ajoute : « Une députée socialiste a dit que j’agissais contre l’Europe. Je lui réponds que j’agis pour la paix et l’amitié franco-russe, mais que hélas l’Europe aujourd’hui n’agit pas pour elle-même, mais pour la politique américaine sous l’impulsion de José Manuel Barroso, Herman Van Rompuy et François Hollande. L’Europe est devenue la cinquante et unième étoile du drapeau américain. » Et il a raison encore quand il accuse : « …. l’Amérique de chercher la guerre partout dans le monde parce qu’elle y voit la seule solution d’écluser sa dette monstrueuse due au mondialisme de ses dirigeants. Le Pape lui-même, n-a-t-il pas dit récemment que nous étions déjà rentré dans une troisième guerre mondiale disséminée sur la planète ? Oui, l’heure est grave et aucune voix n’est de trop pour sonner le réveil des consciences. Ainsi, bien que nous ne partagions pas la préférence que laisse entendre Philippe de Villiers pour le Tsarisme qu’il oppose à « la terreur soviétique » nous ne pouvons que nous réjouir de sa libre parole sur les points à propos desquels il a raison. Mercredi 20 août 2014.
