QUEL JEU JOUENT MONTEBOURG ET HAMON ? Arnaud Montebourg, de son état Ministre des finances en tandem avec Benoit Hamon, Ministre de l’éducation nationale, se distinguent actuellement en militant ouvertement pour un changement de cap économique de François Hollande. Ce n’est pas la première fois que les deux compères se singularisent. Ils représentent parait-il, « la gauche du PS ». Pourtant, lors de la formation du gouvernement Valls, il n’y a pas plus de 5 mois, alors que de nombreux députés et cadres de la gauche du PS, protestaient contre la nomination « du catalan hargneux » à Matignon, ces deux-là dont on eut pu attendre qu’ils soient en tête de la fronde, se rallièrent, se couchèrent dirai-je même, obséquieux, devant la volonté présidentielle. Un marocain vaut bien une petite félonie. Montebourg aux finances, quoique flanqué de Sapin au budget, et Hamon à l’éducation Nationale, s’était une concession en forme de collet faite à la dite gauche. En acceptant ceux-ci se faisaient complices de la politique ouvertement antisociale de François hollande. Cela était on ne peut plus clair, la feuille de route que le président assignait à Manuel Valls étant « l’accélération des réformes et tout particulièrement la mise en œuvre du « pacte de responsabilité ». Alors, pourquoi, 5 Mois après, Arnaud Montebourg et Benoit Hamon qui avaient accepté le marché, prétendent-ils vouloir un changement de cap. La cote de François Hollande a chuté ces derniers jours à 17 %, le mal-être des français grandit et il ne fait guère de doute que les bilans de la saison estivale en seront de nouveaux révélateurs, les chiffres du chômage sont toujours orientés à la hausse et les perspectives de « croissance » sont t’elles à la « décroissance ». Que nous réserve l’automne au plan social ? C’est sur cette trame de fond qu’il convient d’interpréter le positionnement nouveau du tandem Montebourg/Hamon. Ne faut-il pas se préparer à toutes éventualités ? Les deux compères qui critiquent ouvertement la politique économique du gouvernement, voulue par François Hollande, et affirment carrément qu’il faut changer de cap, n’en jurent pas moins leurs grands Dieux qu’ils entendent rester fidèles au Président de la république. Ce serait presque à n’y rien comprendre. Qu’est-ce donc que cet embrouillamini ? Comment pourrait-on faire confiance à ces clowns versatiles ? La clé, c’est Benoit Hamon qui la livre. « Qu’aurait-on à gagner, les uns et les autres, à la division ? » interroge-t-il. L’unité, voilà en effet un bien précieux à ceux qui veulent atteindre le même but. Mais lorsque les objectifs visés sont totalement divergents et même contradictoires, l’unité est une entrave obligée pour l’une des partie, à défaut une condamnation des deux à l’immobilisme. Prôner l’unité quand on prêche des orientations contradictoire, c’est soit vouloir trainer l’autre où il ne veut pas aller, soit se résoudre soi-même à prendre le chemin de Canossa. Dans le cas d’espèce, les institutions de la 5ème République étant ce qu’elles sont, c’est le président qui définit l’orientation de la politique du gouvernement. Prêcher l’unité et la fidélité au Président en de telles circonstances, c’est accepter d’aller en grognant où l’on prétend vouloir ne pas aller. En définitive, le « coup de gueule » du duo Montebourg Hamon, s’explique de la sorte : Il pourrait y avoir du tangage à la rentrée sociale et le navire PS pourrait-être fortement mal mené. Alors Montebourg et Hamon battent le rappel de leurs troupes. Nous sommes toujours « autant à gauche » disent-ils pour les rassurer, la preuve, nous protestons contre la politique en cours et en exigeons une autre. Nous avons fait notre devoir. Mais nous n’aurions rien à gagner à la division. Nous devons rester malgré tout fidèles au Président de la république. L’unité dont parlent Benoit Hamon et Arnaud Montebourg, leur préoccupation, c’est le maintien, coûte que coûte, de la cohésion du PS dans la tempête qui s’annonce, car tel est le gage premier et indispensable de la réussite du « capitaine de pédalo » devenu commandant du navire France et qui conduit celui-ci vers une destination où ils prétendent pourtant ne pas vouloir se rendre. C’est aussi se poser en recours, ou plus exactement en « roue de secours du PS » Si la contestation grandit dans le pays, il conviendra de tenter de la canaliser dans les berges imparties par le système, et à défaut de l’existence d’une véritable opposition à gauche de la gauche, des hommes du système, comme Arnaud Montebourg et Benoit Hamon sont fondés à espérer pouvoir jouer « les recours ». Proposer en quelque sorte un nouveau changement pour ne rien changer. Lundi 25 août 2014.
