Ah, FICHTRE L’HORRIBLE CAUCHEMAR

AH, FICHTRE L’HORRIBLE CAUCHEMAR Je me suis réveillé hier matin avec la gueule de bois et je suis resté groggy, nauséeux toute la journée. J’avais fait durant la nuit le pire cauchemar de mon existence, et le mal être qu’il a engendré m’a habité toute la journée de samedi. Nous sommes en septembre, un beau mois de septembre chaud et ensoleillé, allez savoir pourquoi, dans le rêve j’étais un petit matin glauque et frileux de décembre Retour du mariage d’amis à moi, un monsieur et une dame, il convient à présent de le préciser, je déambulai sur l’avenue Wilson devant la gare de Villeneuve Saint-Georges, dans l’attente du premier train de banlieue. C’est alors que j’étais hélé, puis accosté, au prétexte de me demander un renseignement, par un quadrille de petites crapules qui me cernèrent. Celui face à moi braquait un pistolet, celui à ma gauche pointait un couteau, celui à ma droite brandissait une matraque. Il y en avait un derrière, je n’ai pas des yeux dans le dos, seulement une sueur glacée qui coulait lentement entre mes omoplates le long de ma colonne vertébrale. Le temps de la surprise passée, que voulez-vous leur dis-je l’air crâne. Tes sous, « pardine ! » rétorqua le chef qui tenait le révolver Je le dévisageais. Les yeux dans son œil, l’autre était en voyage, je lui posais cette question impertinente : « C’est un vrai, ton joujou ? » Tout aussi impertinent que moi, voyez-vous-même les petites frappes de banlieue ne manquent pas d’humour parfois, il me rétorqua : « Tu veux qu’on essaye ? » Ce ne sera pas utile ! Et je pris le parti de m’exécuter. Je fouillais mes poches et en sortais vingt euros, c’est tout ce qui me restait des deux cents que j’avais pris la veille à la banque et que j’avais presque totalement dépensés au jeu débile de « la jarretelle de la mariée ». Il faut dire qu’elle avait des cuisses de nymphe la mariée. Le chef les pris avec dépits, « c’est tout ? » Je reviens d’un mariage, j’ai tout dépensé ! » « Donne ton appareil photo » Merde pensais-je, mon Leica ! Comme je le lui tendais il aperçue la Rolex à mon poignet. « Donne ta montre ordonna-t-il. Le sous-chef au couteau suggéra au chef, et si tu fouillais son sac ? Le chef m’arracha « mon baise en ville » l’ouvrit sans ménagement, en dispersa le contenu qui ne l’intéressait pas sur le trottoir, trouva une poche dérobée, en ouvrit la fermeture éclair, y plongea la main, en tira une liasse de billets. « Et tu fraude en plus ! » me dit-il l’air méchant en me fusillant de son seul œil. Il passa les billets au comptable à la matraque qui fit le bilan : « 1460 euros ». Je ne savais pas moi-même je le jure que j’avais tout cet argent sur moi. Je vous ai bien dit qu’il ne s’agissait pas de toute la réalité vraie mais d’un cauchemar. Je n’ai jamais eu en liquide de pareilles sommes d’argent ni d’ailleurs de Leica ou de Rolex. Mais restons dans le rêve, j’avais tout ça et ces bandits me dépouillaient. « Donc t’es un fraudeur ! » repris le chef goguenard, « on va te redresser », et il me planta dans le sternum le poing de sa main qui ne tenait pas le révolver. Puis il ordonna à ses sbires : déshabillaient le, prenez toutes ses fringues. Non ! Non suppliai-je, je ne savais pas que j’avais cet argent-là » « Ah le petit malin, et tu veux la faire à qui celle-là ? Tu ne la feras pas en tout cas à « Paysbas » (Je sus plus tard, par hasard que s’était le sobriquet dont on le désignait dans son milieu car il habitait les bas de Courcouronnes) Ils me dévêtirent totalement. Le désespoir m’envahissait, des larmes me perlaient aux yeux. « Il fait froid suppliai-je encore, certain pourtant de ne pas être entendu, laissez-moi au moins mon manteau. Mon manteau était un loden de chez « Burberry » et ça au moins avait une attache à la réalité, j’ai possédé un tel vêtement il y a 20 ans de ça. Surprise. Le chef me rendit mon manteau. Tu claques des dents en effet, j’ai toujours eu pitié des « sans dents », je ne voudrai tout de même pas que tu perdis les tiennes » « Perdis ? » Tient, pensais-je, mais il n’est pas si ignare que ça le bandit ? » Ils se retirèrent en fin. Je n’avais plus, ni argent ni papiers, ni montre, ni billet de chemin de fer, et j’étais entièrement nu désespéré, enroulé dans mon loden. Il n’y a pas grande présence à cette heure-là devant la gare de Villeneuve Saint Georges, et la ronde de police qui m’avait dévisagé comme un suspect, était passé juste avant l’attaque de la bande à « Paysbas ». Ah tient, un homme et une femme à son bras, plus grande que lui, des gens bien en apparence, vêtus comme des bourgeois de Neuilly. De ces gens bien de leur personne et propre sur eux auxquels on peut faire confiance. Je les hélai timidement. Eh ! messieurs-dames. » Ils me virent enfin s’approchèrent « vous avez besoin de quelque chose ? » Je leur contai mes déconvenues et leur demandait s’il ne pourrait pas ne dépanner d’un billet de 10 euros pour acheter un titre de transport et pouvoir rentrer chez moi à Paris. ».L’homme s’empara par les deux mains des revers de mon manteau, écarta, mais vous êtes à poils là-dessous ! » Il ricana, vous avez été victime de la bande à « Paysbas ». « C’est ça, mais vous le connaissez ? » Et disant ces mots je réalisai que j’étais peut-être dans un nouveau danger. « Bien sûr je le connais » c’est mon plus cher ennemi et c’est mon rival, c’est lui qui m’a piquée ma Marianne ». Je ne sais pourquoi, à cet instant mon regard croisa celui de la grande greluche, il fulminait de rage et de jalousie. « Bon, donne ton loden » ordonna l’homme. Mais je suis nu, dis-je l’air désolé en regardant vers la dame. Ne te formalises pas pour ça, enchaina-t-il, elle en a vu des dizaines d’autres. J’obtempérai. Que peut-on faire en pareil cas. Je le connais Paysbas », il ne fait jamais le travail correctement ni entièrement. Il entreprit de fouiller les poches du loden et sorti de chacune d’elles trois liasses de billets ? Il y en avait pour 4500 euros au moins. Tu vois ! »… « Bon, si tu le revois « Paysbas » donne-lui le bonjour de Sako ». « Sako ? Me risque ai-je, ça me dit quelque chose ? On m’appelle ainsi car j’ai fait un stage de trois ans dans l’infanterie de marine. Le couple maudit s’éloigna avec ma fortune ignorée et mon manteau. J’étais à présent entièrement nu, et moi qui suis par nature pudique, je ne savais comment me cacher. Je traversai la chaussée en courant, m’engageais sous le pont sous les voies de chemin de fer et me retrouvai sur le parking automobile désert, entre les voies et la Seine. La Seine roulait ses eaux noires sous la lune blafarde. L’idée me vint de m’y jeter. Je me retournai une dernière fois vers le passé. Dans l’embrasure que dessinait le pont sur la nuit distraite par l’éclairage public, je vis passer un groupe de quatre ou cinq garçons et filles hilares. J’eu la pulsion de me précipiter vers eux, d’appeler au secours une fois encore. Mais ma nudité ne gênai et l’idée me vînt que dans l’état de nature où j’étais, ceux-là qui ne pouvaient plus rien me prendre allaient peut-être me violer. Je me tus donc et retournais vers la Seine. Je fus, grelottant de froid et terreur, sauvé de la noyade par le réveil. Je n’ouvrai pas les yeux. Ce cauchemar terrible m’’habitait encore tout entier. Je ne voulais pas le laisser filer, je voulais comprendre. J’appliquais les conseils de Sigmund Freud (………..) Je me reversais moi-même volontairement dans mon rêve terrible afin de le bien graver dans ma mémoire, puis la première chose que je fis avant tout autres ce matin-là fut de gribouiller une feuille entière de notes pour le fixer dans le marbre. Je ne déjeunai et ne fit mes ablutions qu’après. Puis je relu mes notes et réfléchissais aux circonstances et évènements récents qui avaient pu générer un pareil roman de terreurs nocturnes. L’éclairage me vînt enfin : N’avais-je pas entendu la veille l’annonce du retour de Nicolas Sarkozy en politique. J’étais surpris d’abord, mais à la réflexion s’était bien ça la clé de cette incroyable construction mentale de « l’inconscient » qui mélangeait des faits lointains, je fus effectivement victime d’une agression à Villeneuve Saint Georges, voilà plus de trente ans, et le présent le plus immédiat. Dans ce temps où la bande à Hollande nous rackette et nous pressure, et nous promet comme seul changement d’accélérer les réformes antisociales dont nous ne voulons pas, voilà que ressort le pantin désarticulé de Neuilly qui nous assure, lui qui nous a racketté et volé durant cinq ans déjà, qu’il a changé et qu’il est le « recours » sinon « le secours ». J’étais émerveillé de cette magie de l’esprit. Je m’étais donc identifié à cette malheureuse « France d’en bas » ballotée entre Charybde et Scylla », prise au piège à loup de l’alternance politique, n’ayant de choix qu’entre le « pire et l’horreur », entre « la peste et le choléra ». Et tout cet argent que je n’ai jamais eu, sorti de mon sac et de mes poches, même cela pouvait être décrypté. N’est-ce pas en rackettant les pauvres qui ne savent pas qu’ils ont tant de valeurs, que les gangs de la politique de l’industrie et de la banque surtout, accumulent des fortunes colossales ? Dimanche 20 septembre 2014.

Please follow and like us:
0
Tweet 20
Pin Share20

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

YouTube
LinkedIn
Share
Instagram
Retour en haut