C’ÉTAIT UN SECRET DE POLICHINELLE : MANUEL VALLS N’EST PAS SOCIALISTE ! Manuel Valls qui il y a deux jours, au nom de la « dignité » voulait excommunier Gérard filoche du Parti Socialiste qu’il nommait « sien » (voir article précédent), nous apprend le lendemain qu’il n’est pas socialiste. Mais c’est bien sûr ! Gérard Filoche lui est un socialiste, un vrai, au sens le plus assumé du terme. Manuel Valls ne l’est pas. Il a donc raison le premier ministre, ces deux hommes n’ont pas de place commune dans le même parti. S’agissant du Parti socialiste, qui n’est pas à sa place : le socialiste Gérard Filoche ou le non socialiste Manuel Valls ? Bon, Manuel c’est son nom a résolu le problème en un tourne main. Il faut changer le nom du PS. « Il faut en finir avec la gauche passéiste hantée par le surmoi marxiste et le souvenir des trente glorieuses. » Dans le contexte présent, c’est sûr que ces déclarations fracassantes peuvent surprendre, de moins avisés que nous, et exacerber les tensions au sein de ce parti. Mais en toute honnêteté, il faut bien dire qu’il a encore raison Manuel Valls. Lui n’est pas socialiste, entre nous s’était un secret de polichinelle, « même monsieur Brun le savait » que Manuel Valls était un « Social libéral » qui avançait masqué sous l’étiquette « socialiste. » « Il est – c’est lui qui le dit – pragmatique, réformiste et républicain ». Mais combien y en-a-t-il en vérité des « socialistes » au parti du même nom ? Une infime minorité. Il y a belle lurette que le parti Socialiste n’a de socialiste que le nom. Le tournant programmatique date du congrès d’Epinay (1971) la transformation effective des années 80, quand sous la direction de François Mitterrand et Pierre Mauroy, ce parti rompit avec ses amarres historiques avec la culture marxisante pour en acquérir une nouvelle, « la culture de gouvernement ». Les seuls vrais socialistes qui subsistent au PS sont une poignée. Ce sont les transfuges de l’extrême gauche qui ont cru à « la magie de la gauche » et voulurent voir dans celle-ci, ce qu’ils avaient dans la tête et non la réalité, une forme actualisé du dogme du « front unique ouvrier ». L’écrasante majorité des membres du Parti socialiste n’est donc pas socialiste mais « social-libérale », et c’est pourquoi il a raison Manuel Valls, il convient de changer le nom de ce parti qui ne recouvre aucune réalité tangible. La « réorientation » défendue ici par Manuel Valls, n’est pas à proprement parler « une réorientation » ce n’est que le souhait d’un aboutissement, celui d’assumer pleinement et ouvertement les transformations opérées de longues date par le PS. Ce destin inéluctable du PS que pour notre part nous avons anticipé et prédit depuis bien longtemps dans nos deux petits livres « Social Bonapartisme et classe ouvrière » et « la social-démocratie est morte », et que nous avons décliné à maintes reprises dans de nombreux articles. Le PS est devenu autre chose, un parti de gouvernement » C’est à dire un parti institutionnel d’alternance en charge de la pérennité du système et de la stabilité des institutions. Il a trahit et foulés aux pieds les intérêts et les idéaux de la classe ouvrière dont il était historiquement issu. Il ne pouvait de ce fait que perdre « le vote ouvrier », mais cela était de peu de conséquence pour lui. C’était même un passage obligé qu’il assumait pleinement et consciemment. Mais pour garder sa place électorale et son statut de parti d’alternance, il lui fallait redéfinir les frontières électorales en poussant vers la droite la ligne de démarcation entre « droite et gauche » d’où les tentatives avortées du milieu des années 80 d’animer un centre électoral qui permettrait au PS de recomposer ses alliances. D’où les chamailleries actuelles autour de la possession « du centre » ou au moins d’une partie de celui-ci. La mise en œuvre du projet que défends à présent ouvertement Manuel Valls, qui suppose de s’assoir définitivement sur le vote ouvrier et de gauche, marginalisés, passe effectivement, comme il le dit si clairement par « la conquête de François Bayrou » qui doit être partie prenante de cette nouvelle formation (de gauche moderniste) « pragmatique réformiste et républicaine ». Les voix du centre doivent remplacer les voix de gauche. Que la destinée politique s’accomplisse. Elle procède de la clarification souhaitable. Que Manuel Valls et la majorité des cadres et adhérents actuels du PS finalisent donc la « formation politique » « pragmatique, réformiste et républicaine de leurs rêves. Qu’ils cessent, par leur emprunt, d’insulter le socialisme et la tradition ouvrière. Nous ne pourrons que nous en réjouir. Que cette évolution soit l’occasion pour tous les égarés de la tradition ouvrière, dont fait partie notre camarade Gérard filoche, de retrouver leur vraie famille politique et d’œuvrer sans plus attendre à la recomposition d’un véritable parti marxiste ouvrier. Vendredi .. octobre 2014.
