A PROPOS DE L’ISOLEMENT PRÉTENDU DE LA RUSSIE

A PROPOS DE L’ISOLEMENT PRÉTENDU DE LA RUSSIE Nous avons dit le fond des choses et notre jugement dans notre article du jeudi 20 novembre intitulé « Seul contre tous ». Nous n’avions guère alors étayé notre propos par les faits. C’est ce que nous allons faire ici. Nous avons écrit que les sanctions occidentales avaient pour effet véritable de propulser la Russie comme « chef de file de la contestation du leadership américain, et d’agréger autour d’elle tous ceux qui ne veulent pas d’un monde unipolaire. » Mais le nœud coulant par lequel les impérialistes occidentaux entendent venir à bout des prétentions de la Russie à la restauration de sa puissance, est celui des revenus du pétrole et du Gaz. Alors que depuis une décennie on nous assommait de commentaires et d’études savantes sur la raréfaction des ressources pétrolières et l’inévitable renchérissement du prix de l’énergie qui devait s’en suivre, voilà-t-il pas que les prix du gaz et des produits pétroliers se sont mis à chuter ces dernières semaines, et cela alors même que la dégradation de la situation au Moyen-Orient, fait peser une lourde hypothèque sur la sécurité des approvisionnements. C’est qu’en vérité le club des pays impérialistes Occidentaux et leurs alliés, les monarchies arabes, se livrent à une politique de dumping pétrolier, afin de mettre, pensent-ils, la Russie à genoux, comme ils le firent jadis avec l’Irak. Mais la Russie a bien des cartes à jouer, et nos impérialistes occidentaux risquent de se réveiller groggy de leurs illusions. La société russe Gazprom et la CNPC (Chinese National Petroleum Corporation) « ont signé le 21 mai dernier un contrat qui prévoit la livraison en Chine de 38 milliards de mètres cubes de gaz pendant une période de 30 ans. La valeur du contrat s’élève à 400 milliards de dollars. Le gaz sera acheminé par le gazoduc russo-chinois Sila Sibiri (La Force de la Sibérie), dont la construction a commencé en septembre. » Et dont la mise en service devrait avoir lieu en 2018. La Turquie elle-même, oui la Turquie, membre de l’OTAN, une pièce maitresse des USA en Méditerranée, que l’oncle Obama et ses alliés arabes voulaient impliquer dans la guerre contre la Syrie, fait mine, et c’est un euphémisme, de tisser des liens fructueux avec la Russie. « Une réunion du Conseil de coopération de haut niveau, 5ème du genre, à laquelle assistaient le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, s’est tenue à Ankara. » Et, comme de bien entendu, « Lors de leur entretien en tête-à-tête, Poutine et Erdogan envisageaient de se concentrer sur les problèmes internationaux en accordant la principale attention à la Syrie, avait annoncé dimanche, à la veille de la visite, l’assistant du président russe Iouri Ouchakov. » Les deux présidents devaient également évoquer la coopération technico-militaire. La partie russe avait l’intention d’aborder les préférences fiscales pour Rosatom dans le cadre du projet de construction de la centrale nucléaire turque d’Akkui et de discuter de livraisons de gaz russe. Au terme de la réunion d’Ankara, l’année 2016 sera proclamée Année croisée du tourisme en Russie et en Turquie. La Turquie attendait de la visite de Poutine un rabais sur le prix du gaz et un accroissement des fournitures alimentaires. Ankara souhaite obtenir des préférences commerciales et la levée d’une série de restrictions économiques et commerciales. Par ailleurs, les deux pays ont annoncé leur intention de passer aux règlements mutuels en monnaie nationales. » La Bulgarie, probablement animée par ses nouveaux amis occidentaux met, semble-t-il, des entraves au développement du gazoduc « South Stream ». « C’est terminé, réplique Alexeï Miller PDG de Gazprom, le projet est fermé », répondant aux questions des journalistes. Le président russe Vladimir Poutine avait précédemment déclaré que la Russie ne pouvait poursuivre la construction du gazoduc South Stream compte tenu des conditions actuelles. Alors, qu’à cela ne tienne, Moscou et Ankara construiront un nouveau gazoduc sous-marin. Un deuxième gazoduc reliera la Russie à la Turquie sous la mer Noire conformément à un mémorandum signé récemment à Ankara. « Moscou et Ankara sont prêts à coopérer avec des pays tiers sur ce projet. « Nous sommes prêts à examiner la participation d’autres pays. Une société chargée du projet sera créée en Russie par Gazprom », a ajouté le responsable. Le premier gazoduc sous-marin russo-turc, Blue Stream, fonctionne depuis décembre 2002. Selon Gazprom, le gazoduc a transporté au total 100 milliards de m³ de gaz au 11 mars 2014. » De même, les sanctions occidentales contre la Russie menaçant la participation des compagnies pétrolières occidentales à certains projets d’extraction de pétrole et de gaz sur les réserves difficiles en Arctique. lors d’une réunion avec des étudiants dans le cadre du Troisième Forum international sur l’efficacité énergétique et les économies d’énergie ENES-2014 à Moscou, le ministre russe de l’énergie, Alexandre Novak a affirmé : « Si les entreprises occidentales prennent pour eux-mêmes une décision à long terme de ne pas participer à l’organisation de ces projets… la Fédération de Russie va attirer les investisseurs de pays qui n’avaient pas introduit de sanctions contre ses sociétés pétrolières et gazières ». Or, la réplique russe aux sanctions occidentales va bien au-delà de la seule question des énergies fossiles. Dans les domaines de l’énergie nucléaire par exemple : (Turquie.) « Le président russe Vladimir Poutine s’est dit intéressé par la construction de la centrale nucléaire d’ Akkuyu en Turquie, assurant le chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan, que la centrale sera construite dans les délais fixés par le contrat. » « Ce projet est unique dans le sens qu’il est construit selon le principe « paie, possède, exploite ». Il s’agit d’un volume d’investissements considérable. La Russie ne renonce pas à ce projet. Tout sera réalisé comme nous l’avons convenu, car nous présentons des technologies de la période « post-Fukushima », avec des mesures de sécurité renforcées », a indiqué le président » (Iran.) « La construction de la centrale nucléaire de Boucher est un exemple de coopération économique réussie entre Moscou et Téhéran. « En septembre prochain, la partie russe remettra aux Iraniens ce site stratégique pour leur économie. Nous pourrons ensuite poursuivre des consultations en vue d’élargir notre coopération dans le domaine du nucléaire civil », a indiqué le responsable russe à l’issue d’une rencontre à Téhéran avec le président du parlement iranien, Ali Larijani. » Dans les domaines de la coopération militaire : Avec la Chine bien sûr. « Le J-31, chasseur furtif chinois de 5e génération destiné à l’exportation, sera équipé d’un propulseur russe RD-93, a annoncé lundi à RIA Novosti Sergueï Kornev, chef de la délégation de l’Agence russe d’exportation d’armements (Rosoboronexport) au salon aéronautique de Zhuhai (Chine). » Lequel se tenait du 11 au 16 novembre. « La Russie exportera près de 200 hélicoptères vers 12 pays entre 2015 et 2017 dans le cadre de contrats existants. Parmi les marchés prometteurs figurent des Etats de l’Asie du Sud-Est et du Proche-Orient. Des pays de l’ex-URSS pourraient aussi commander un certain nombre d’hélicoptères », a indiqué le même M.Kornev.Selon lui, la Russie détient environ 15% du marché mondial des hélicoptères qui se chiffre à plus de 20 milliards de dollars. Moscou exporte surtout des hélicoptères militaires et polyvalents. Les pays européens occupent le premier rang mondial dans ce secteur avec 40% du marché. Au Salon aérospatial Airshow China 2014 de Zhuhai, la Russie a présenté quelque 300 articles à vocation militaire dont 21 échantillons. « Le directeur du Service Alexandre Fomine conduira la délégation russe. Le stand russe comptera des produits de 47 organisations russes dont 18 exhiberont des articles à vocation militaire. Huit organisations dont Rosoboronexport, le consortium de DCA Almaz-Antey, Oboronprom, Hélicoptères de Russie, le groupe Systèmes de missile tactique, le groupe Soukhoï, le centre science-production de turbines à gaz Saliout sont engagées dans la coopération technico-militaire. Toujours avec la Chine, « Aleksandr Touliakov, vice-président de la Compagnie aéronautique unifiée russe (OAK), a déclaré que la fabrication en série et les ventes du futur avion russo-chinois à fuselage large pourraient commencer dès 2025. La situation internationale actuelle a considérablement raffermi la volonté politique des deux pays de réaliser ce projet, note Vassili Kachine, expert du Centre d’analyse des stratégies et des technologies. D’ici dix ans, nos pays disposeront de programmes autonomes de fabrication d’avions régionaux de transport commercial (Superjet-100 et ARJ-21) et d’avions de ligne à fuselage étroit (le MS-21 russe et le S-919 chinois). Un avion à fuselage large permettra quant à lui de passer à une intégration étroite des industries aéronautiques civiles de nos pays et à une lutte commune ultérieure pour les nouveaux débouchés. La coopération avec la Russie pourrait être utile à la Chine car l’OAK possède une riche expérience de conception d’avions de types différents. La Russie est par ailleurs le premier producteur mondial de titane et la société russe VSNPO Avisma a déjà signé un contrat pour livrer des pièces en titane pour l’avion chinois S-919. La fabrication d’un avion à fuselage large sans aucune dépendance vis-à-vis de l’Occident ouvrira des perspectives d’exportation de ce genre d’appareils dans les pays frappés de sanctions occidentales comme par exemple l’Iran. L’utilisation d’un tel avion à des fins militaires est prometteuse elle aussi. La Russie et la Chine emploient aujourd’hui les avions de détection radar lointaine et d’autres appareils spécialisés qui ont été conçus principalement à partir d’avions de transport militaire. Cependant, ce sont souvent les avions civils et non pas ceux de transport militaire qui servent de base aux avions de détection radar lointaine, aux avions ravitailleurs et aux avions de reconnaissance dans les pays occidentaux. Les avions civils sont plus économiques et commodes, ils ont une plus grande autonomie et vitesse et ils sont souvent rééquipés en avions ravitailleurs et en avions de reconnaissance. La conception du futur avion à fuselage large a donc une importance stratégique militaire. Elle sera utile pour l’économie russe et chinoise mais aussi pour les forces aériennes des deux pays. » Or, la coopération dans les domaines militaires ne se limite pas à la Chine. Nous avons vu qu’elle a fait récemment l’objet d’un échange entre les présidents russe et Türck lors de la réunion du conseil de coopération de haut niveau à Ankara. Nous rapporterons un peu plus loin qu’elle a fait l’objet d’échanges entre Vladimir Poutine et la présidente du Brésil, lors du sommet des « BRICS » à Brasilia en juillet 2014. Mais nous apprenons également par la bouche du grand Mufti de Syrie, Ahmad Badreddin Hassoun, que « L’Egypte a entrepris actuellement un grand pas stratégique – le pays s’est tourné vers la Russie. Je pense que la Tunisie, l’Algérie, mais aussi d’autres pays arabes suivront ce chemin, car les relations stratégiques avec la Russie sont très importantes. La Russie respecte votre souveraineté, votre liberté de parole, et vos droits sans essayer d’imposer quoi que cela soit à quiconque », a indiqué Hassoun Dans le domaine des médias et de l’information « Legroupe multimédia Sputnik, la nouvelle marque de l’agence Rossiya Segodnya destinée au public étranger, a lancé un fil d’actualité généraliste en chinois (Sputnik Chinese News Service). Fonctionnant 24 heures sur 24, Sputnik Chinese News Service produira plus de 100 dépêches par jour d’ici 2015. Deux bureaux de Sputnik – à Moscou et à Pékin – publieront des dépêches consacrées à la politique extérieure russe et chinoise, à la coopération stratégique russo-chinoise sur la scène internationale, ainsi qu’à la coopération économique entre les deux pays dans l’industrie, le secteur énergétique, les finances, le bâtiment, l’espace, les hautes technologies, l’industrie de défense. Le nouveau produit est destiné aux médias de langue chinoise, aux sociétés privées, diplomates, ONG et instituts de recherches scientifiques chinois. En octobre dernier, l’agence Rossiya Segodnya a signé un accord de coopération avec la radio Chine Internationale et Renmin Wang, site internet du journal officiel chinois Renmin Ribao. Sputnik Chinese News Service « revête une grande importance pour les milieux médiatiques, les autorités et les milieux d’affaires des deux pays qui intensifient leur partenariat. » Mais aussi dans le domaine des échanges économique et de la Banque :En juillet dernier « le Brésil et la Russie ont signé des accords pour développer la coopération bilatérale sur les plans économique et commercial, avec pour objectif d’élever le volume annuel de leurs échanges commerciaux de 5,6 milliards de dollars à 10 milliards de dollars. La présidente brésilienne Dilma Rousseff a eu un entretien de près de deux heures avec son homologue russe Vladimir Poutine au palais présidentiel. Les deux parties ont discuté de questions d’intérêt commun, y compris la coopération dans les domaines du commerce, de l’éducation et de la santé, a fait savoir Mme Rousseff à la presse à l’issue de la rencontre. Lors d’une cérémonie tenue au palais présidentiel, des ministres brésiliens et russes ont signé une série d’accords visant à renforcer les relations bilatérales dans les secteurs de la défense aérienne, de l’aviation, du gaz, de l’éducation et de la santé. M. Poutine s’était rendu au Brésil pour participer au sixième sommet des pays BRICS qui s’est déroulé à Fortaleza (nord-est) et à Brasilia. « Nous avons discuté de la possibilité de conclure le sommet des BRICS avec un accord pour établir la Banque de développement des BRICS. La Russie a manifesté le désir de participer à cette relation toujours plus étroite au sein des BRICS », a déclaré Mme Rousseff. » Mais il y a plus. « Lors de ce sommet des BRICS, la Russie et le Brésil, mais aussi, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud, ont signé un accord pour la création d’une banque de développement. » (Agence de Presse Xinhua) Où l’on voit la volonté de ceux-ci d’échapper à la dictature du Dollar et au diktat du FMI. Dans la même veine, il nous faut rappeler l’intention, déjà signalée, de la Turquie et de la Russie de passer aux règlements mutuels en monnaie nationales Alors, seul contre tous ? Ce sera notre conclusion souriante : « Même Monaco veut développer des relations commerciales avec la Russie. La Principauté «]envisage de conclure avec la Russie un accord sur le développement des relations d’affaires entre les deux pays, a déclaré samedi le président de la Chambre de développement économique de Monaco, Michel Dotta, lors du Forum économique et financier russe à Monaco. » Mercredi 3 décembre 2014.Sources non signalées dans le texte: RIA Novosti.

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