ET C EUX DE LA LAÏCITÉ AUSS

ET CEUX DE LA LAÏCITÉ AUSSI Laïque convaincu nul ne saurait me prendre en défaut sur ce terrain. La laïcité c’est la totale indépendance de l’État de ses corps constitués et de l’éducation à l’égard des religions et des cultes. Or le pendant républicain de la laïcité c’est la liberté de croyance et de cultes. Mais il y a la religion d’une part, la culture et la tradition de l’autre qui en sont imprégnées. Sacrifier à certaines de ces dernières, fussent-elles d’origine religieuse n’est point contraire à l’esprit de la laïcité. Certains « Ayatollahs de la laïcité » s’en prenaient hier à des pratiques vestimentaires qui relèvent plus en vérité des traditions culturelles de certains peuples que des sourates du Coran. Voilà que les mêmes, ou leurs frères, s’évertuent à présent à faire retirer des crèches établies, à l’approche des fêtes de Noël, dans certains halls de mairies. La crèche relève certes de la thématique de « la nativité », mais c’est plus que cela, une tradition culturelle qui imprègne l’âme de certains peuples. En Provence, par exemple, au pays des « santons » et de la « Pastorale », la crèche, nonobstant sa signification religieuse est partie de l’identité culturelle régionale. Laïque ai-je dit, je suis de plus athée et anticlérical, je n’en réalise pas moins, moi-même chaque année une crèche selon la tradition provençale. Je sacrifie à ma fibre enfantine et à mes racines régionales et culturelles et n’ai pas le sentiment de faire de la sorte la moindre concession à l’obscurantisme religieux. L’histoire de la nativité de Jésus est à mon sens une bien fort jolie légende qui a de surcroit marqué de son empreinte indélébiles 20 siècles d’histoire et la sensibilité profonde des peuples. Il ne suffit pas d’être athée ou laïque pour vouloir l’effacer, il faut être en sus d’une crasse bêtise. Je mène pour ma part un combat d’idée contre l’aliénation que constitue la foi, antinomique de la « raison ». Mais respectueux de la croyance d’autrui et des cultes.je ne m’aviserai jamais de justifier la moindre coercition, fusse celle des lois, contre les pratiques religieuses et les cultes, à fortiori contre des traditions qui bien qu’issues de la religion, ont acquise depuis longtemps une dimension culturelle bien au-delà de leur signification dogmatique. Veut-on proscrire les signes religieux dans l’espace public ? Il faut décrocher toute les décorations et illuminations du boulevard Haussman de toutes nos villes et villages, remiser les sapins et les guirlandes, interdire toutes les manifestations publiques de la fête de Noël, car Noël c’est la fête chrétienne de la nativité. Plus même ! Que font dans nos musées nationaux, lieux publics s’il en est, toutes ses « vierges à l’enfant », ces « scènes » et ces « portements de croix » ? Ne faut-il pas les décrocher illico et les remiser aux réserves ? y-a-t-il manifestation de prosélytisme plus grande que toutes ses églises cathédrales et « Notre Dame » qui affichent dans nos villes leurs splendeurs gothiques ostentatoires ? Faudra-t-il les détruire un jour ou les masquer au moins ? Marseillais, gardez-vous, ils veulent déboulonner la « bonne mère ». Bien sûr, même « ces ayatollahs de la laïcité » n’iront probablement jamais jusque-là. Mais il nous fallait forcer un peu le trait pour mettre en lumière la bêtise de leurs crispations. Or, les ayatollahs qu’en « terre chrétienne » nous serions mieux fondés à nommer les « Torquemada » ont souvent une fonction sociale, celle de détourner en hurlant au loup, l’attention des villageois que leurs complices abusent. Ceux qui crient si fort et se font un sacerdoce de la « défense » dogmatique de la laïcité, n’ont-ils pas pour objet de faire oublier, consciemment ou non, qu’en vérité l’attaque bien plus massive contre le principe de laïcité vient de l’intérieur des murs. Il s’agit de la dévalorisation lente et programmée de l’école de la République qui a pour conséquence de pousser les parents à se tourner vers le privé, de fait donc la privatisation d’apparence larvée mais en vérité piloté de notre système d’éducation. La « privatisation », que se soit sous l’égide des églises ou celle des puissances de l’argent, c’est pareil, c’est la négation même du principe de la Laïcité.Vendredi 12 décembre 2014.

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