L’IMBROGLIO DE LA HAVANE

L’IMBROGLIO DE LA HAVANE Après 54 ans d’embargo et de rupture des relations diplomatiques, le président Obama, à la surprise générale, a décidé de procéder à un échange d’Ambassadeurs avec Cuba. La perspective est dès-lors ouverte d’une prochaine possible levée de l’embargo. Les USA et Cuba renouent des relations diplomatiques normales entre États. Quoi de plus rassurant, de plus simple et de plus limpide ? C’est ce que l’on pourrait dire et s’en tenir à cette vision optimiste des choses, si Cuba et les USA ne faisaient pas partie tous deux de la planète Terre. Or, ils en font partie, et si l’on superpose cet évènements limpide à d’autres, concomitants, qui se déroulent à la surface du globe, alors c’est à ne plus rien comprendre. Ce qui pouvait passer pour un évènement simple et clair prend alors l’allure d’un véritable imbroglio. Comment expliquer en effet la volonté des USA de rétablir des relations diplomatiques normales avec Cuba quand dans le même temps ils cherchent noises à la Syrie, à l’Iran, à la Corée du nord, à la Russie, et j’en passe, et qu’ils s’ingénient à fomenter un coup d’Etat au Venezuela ? Barak Obama a dit que l’embargo avait prouvé son inefficacité. Qu’est-ce que l’embargo ? C’est le plus haut degré de sanctions économique que l’on puisse imaginer contre un Etat. Alors si la sanction économique absolue qu’est l’embargo a prouvé, sur une période de 54 ans, son inefficacité contre une ile de 11 millions d’habitants, pourquoi s’ingénier à prendre des sanctions économiques qui sont un embargo partiel contre la Russie le plus vaste pays de la planète comptant plus de 140 millions de citoyens ? C’est pourtant ce que fait Obama démontrant pour le moins l’incohérence totale de sa politique internationale. Non, en vérité la politique internationale des USA a tout de même une certaine cohérence que nous allons rétablir illico. On ne peut pas être fâché avec tout le monde, tel en est le fondement. Nous avons dit dans de précédents articles les progrès de la politique internationale et des relations économiques de la Russie, un de ses atouts sont ses relations avec les « BRICS » (Brésil, Russie, Iran, Cuba et Afrique du Sud) dont elle est partie prenante, et qui lui ouvre les cœurs et de nombreuses opportunités en Amérique Latine, quand l’arrogance Américaine et l’histoire encore brulante nourrissent des antipathies à l’égard des USA. C’est donc afin de contrebalancer cet effet négatif et de contenir l’avancée Russe dans le sous-continent qu’Obama a décidé de normaliser ses relations avec Cuba. Faisant cela il escompte en tout premier lieu un bénéfice rapide en termes d’image des USA, dans toute l’Amérique latine. En second lieu il espère pouvoir dès lors tenter de peser sur la politique extérieure Cubaine avec un chantage à la poursuite de la normalisation, faisant miroiter tantôt la perspective de la levée progressive ou totale de l’embargo tantôt la menace de son maintien partiel, voire de son rétablissement. Dans le temps ou la politique internationale des USA devient de plus en plus agressive, multipliant les foyers de tension dans le monde, et entre autre au Venezuela, pays ami, qui entretient des relations privilégiées avec Cuba, Barak Obama espère faire baisser la garde aux dirigeants Cubains.Dimanche 21 décembre 2014.

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