UNION NATIONALE ? NON ! Une attaque ignominieuse c’est produite aujourd’hui à Paris, une attaque contre l’humour et la liberté d’expression. Nous condamnons bien sûr cet acte barbare, comme nous condamnons tous les actes de la « barbarie » qu’ils soient le fait de groupes dit « terroristes » ou celui « des États ». Nous pleurons même. La mort de gens que nous avons souvent appréciés, et manifestons ici notre dégoût pour leurs assassins. Mais les « Présidents de la république », actuels et anciens, rejoints en cela par un grand nombre de personnalités politiques appellent, en réaction au drame, à l’union nationale. Non ! Répliquons-nous sèchement. Il n’en est pas question. Nous n’en sommes pas. L’union nationale cela veut dire faire taire la critique et la libre expression. Exactement ce que voulait le commando des assassins de « Charlie Hebdo ». En appelant à taire nos différences, sans doute sans y avoir songé, les responsables politiques en question gratifient les assassins de leur première victoire sur « la démocratie ». L’union nationale, sous prétexte que la France est agressée, c’est vouloir taire que la France est aussi agresseur. Si les assassins de Charlie Hebdo sont ignominieux et méprisables, cela ne saurait nous faire oublier que la politique agressive interventionniste de la France inféodée aux USA, porte une large part de responsabilité dans la montée en puissance de la menace « terroriste ». « Si la France est attaquée – a dit François Hollande – c’est parce que c’est un pays de liberté. La formule est réductrice et mensongère. La France est attaquée aussi parce que c’est un pays impérialiste, dominateur, la main droite des USA, qui veut imposer sa loi au monde. L’intervention Française en Libye était une agression odieuse contre une nation libre, le soutien politique et logistique de la France à l’offensive djihadiste en Syrie, est une autre agression odieuse et meurtrière contre une autre nation libre. Nous l’avons dit maintes fois, la politique internationale de la France est la première responsable des malheurs qui l’attende. Nous avons dit également la responsabilité des dirigeants Français dans l’engouement d’une certaine jeunesse pour le Jihad en Syrie, pour y abattre le « tyran » désigné par eux-mêmes, les Sarkozy, Hollande et Fabius. Et alors, quand surviennent les échéances historiques, quand les conséquences d’une folle politique se font sentir, se devrait-être le moment où nous nous tairions ? Ce serait trop facile messieurs, trop injuste. Au prétexte que la France est meurtrie nous devrions taire nos critiques d’une politique que nous fustigeons depuis des années ? Ce soir les manifestants émus, crayons en l’air, disaient aux assassins du jour, « vous ne nous ferez pas taire ». Pourquoi vous, messieurs les politiques, avec d’autres méthodes certes, voudriez-vous nous faire taire nous ? Mercredi 7 janvier 2015.
