EFFROIA mon ami Jean-Pierre J’ai lu sur « Facebook, hier, le partage » de mon ami Jean-Pierre, qui est un « non partage » puisqu’il y exprime son désaccord tout net avec mon article « Union Nationale : Non ! » publié le 7 janvier 2015. IL y dit : « je ne suis pas d’accord ! » C’est le droit le plus strict de Jean-Pierre qui a partagé positivement bien d’autres de mes articles précédents, de n’être pas toujours au diapason avec moi. Je ne l’en blâme pas et je ne m’en formalise pas non plus. Je ne m’en formalise pas. Cela ne veut pas dire que je n’en suis pas affecté. Exprimant cette position j’étais conscient, ce n’est pas la première, de naviguer une fois encore à contre-courant. La réaction de Jean-Pierre m’a renvoyé à ces temps de solitude glacée que j’ai déjà éprouvé 3 ou 4 fois dans le cours de mon existence militante. La première et la plus longue fut celle de 81 qui dura 5 ans au moins. Au soir de l’élection de François Mitterrand j’étais sur les trottoirs à regarder la foule enthousiaste qui descendait Magenta vers la République, faisant le V de la victoire et scandant « on a gagné ! » Et moi me répétait dans mon for intérieur « IL a gagné ». L’engouement qui mua bientôt en perplexité dura longtemps. Et tout ce temps je fus dans le repli et l’isolement. En 86 « la Gauche » connu un revers électoral douloureux et mon isolement commença à se desserrer un peu. Je connu la deuxième en 1991. Dès le début j’analysai l’intervention de « la coalition internationale » dont faisait partie la France, comme une guerre impérialiste pour le Pétrole, l’invasion du Koweït, ancienne province irakienne, par les armées de Saddam Hussein, n’étant qu’un prétexte, d’ailleurs en parti provoqué par les puissances occidentales et le Koweït, en acculant l’Irak endetté, avec le « Dumping pétrolier ». Or, mes amis de l’extrême Gauche, la LCR elle-même, flottaient. Il leur fallut un certain temps pour exprimer une position clairement anti impérialiste. Elle dura deux ou trois semaines seulement. La Troisième, en 2001, fut consécutive aux attentats de New-York. Quand les opinions partout dans le monde en étaient encore à s’épancher, moi je voyais surtout l’après et les terribles perspectives qui se profilaient. La quatrième en 2002 quand la totalité de « la Gauche » extrême gauche compris, appela à voter Jacques Chirac pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen. Je fus un des rares qui refusait de suivre le mouvement. La suite prouva que cette compromission honteuse avait été totalement inutile, sans elle jacques Chirac l’aurait largement emporté quand même. De tels moments vous ébranlent et vous contraignent à de profondes interrogations sur le contexte bien sûr et sur vous-même aussi. Et si vous aviez tort, si vous vous trompiez ? Vous balancez entre angoisses et certitudes. Vous vous sentez seul et malade. Vous faites front avec humilité. J’aurais probablement changé d’avis si mes examens successifs m’avaient convaincus que j’étais dans l’erreur. Ce ne fut pas le cas. Je ne songeai donc jamais à capituler. Me revoilà en ce début d’année 2015, dans une pareille posture. Bousculée par l’évènement tragique qui la percute dans sa proximité, l’opinion Française se mobilise dans l’émotion. Pour ma part je suis tout aussi émotif et concerné que la plupart des Français, mais je vois aussi ce qui se trame par en dessous et ce qui se profile pour l’avenir. Et c’est cette vision qui me glace d’effroi. La déclaration de Jean-Pierre attise mes craintes. A mon article du 27 septembre 2014 intitulé « le coup tordu de l’opération américaine contre la Syrie a commencé » il réagissait le 28 : « Merci Patrick !Je souscris totalement à l’article. La Syrie en tant qu’État nation et souverain doit disparaître, au profit de représentants fantoches voulu par les forces du fric ». Par quoi il affirmait son opposition à la politique interventionniste des puissances occidentales. Or que dit-il dans son « partage d’hier » en opposition à mon article ? « Oui l’union nationale doit être totale et elle ne remet pas en cause la liberté d’expression. Quant à la politique interventionniste de la France, elle est nécessaire.». Jean-Pierre a donc changé d’avis. Je ne l’en blâme pas, mais je m’en alarme. Sous le coup d’évènements majeurs, comme l’attentat contre « Charlie Hebdo » que la France vient de vivre, il arrive que les opinions connaissent d’importants et brusques mouvements pas toujours rationnels, car pilotés par l’émotion, qui, comme chacun sait n’est qu’un piètre conseiller. Et c’est cela que je redoute. Qu’exploitant l’émotion et l’angoisse de l’opinion publique nos gouvernants, sous couvert « d’Union Nationale », emmènent la France et les Français où ils ne voulaient pas aller il y a quelques jours encore ; les amène à partager majoritairement la politique internationale agressive du gouvernement de la France et son inféodation à la politique étrangère américaine ; voire même dans une intervention en Syrie par exemple. A cet égard la réaction de mon ami Jean-Pierre, qui affirme que l’Union Nationale ne remet pas en cause la liberté d’opinion, dans le temps où il s’aligne sur la politique du gouvernement, m’apparait tout à fait symptomatique, et me confirme dans mon opposition à l’Union Nationale. Vendredi 0 janvier 2015.
