L’HOMMAGE ET LE MÉPRIS François Hollande était aujourd’hui « aux Invalides » pour rendre hommage aux neuf militaires Français, morts lors d’un exercice, sur la base d’Albacete en Espagne. L’accident est survenu au centre de formation de pilotes d’élite de l’Otan. Neuf hommes, jeunes, sont morts, et bien sûr, atteints par la sidération que provoque la mort des êtres humains, nous nous inclinons sur leurs dépouilles et partageons la douleur de leurs proches. Mais, nous nous interrogeons tout de même, un « Hommage de la Nation, aux Invalides » ? Pourquoi donc ? Ces hommes sont morts, non dans un combat pathétique de l’Histoire où est en jeu la survie même de la « Nation ». Ils sont morts, pas même dans un de ces combats coloniaux où « néocoloniaux » maudits, pour le capital et le profits, que « les responsables politiques » appellent « les intérêts de la France », et qu’ils assimilent à présent aux « morts pour la Patrie ». Non, ces hommes sont morts dans un quelconque accident du travail. Comme cela arrive à des dizaines, voire des centaines de techniciens, ouvriers ou employés qui meurent eux aussi chaque année, victimes d’accidents ou de maladie du travail, survenus ou contractées, « dans l’exercice de leurs fonctions » Il ne me souviens pas par exemple que l’on ait rendu un hommage équivalent aux Invalides, ou à défaut à la Bourse du travail aux employés d’AZF et autres travailleurs présent sur le site, morts le 21 septembre 2001 dans l’explosion de l’usine de Toulouse, En se livrant ainsi à un hommage appuyé et ostentatoire, mais non moins déplacé, aux victimes militaires d’un accident du travail, François Hollande d’une certaine manière ne fait-il pas offense aux victimes civiles d’accidents du travail, bien plus nombreuses chaque année. A trop vouloir valoriser ceux qui ont pour mission de défendre les intérêts capitalistes de la France à l’étranger, le Président de la république ne signale-t-il pas (encore une fois) son mépris pour ceux qui par leur labeur produisent les richesses de la nation ? Mais là n’est peut-être pas l’essentiel. Pourquoi cet hommage national – au seul fait que ce sont des militaires – à ces militaires morts ? 1 – Parce que François Hollande a voulu saisir cette occasion pour en rajouter une couche sur le thème de « l’unité nationale », qui sert si bien le pouvoir en place. 2 – Parce qu’il a voulu saisir cette occasion aussi de faire « l’article » pour l’armée et de justifier « l’interventionnisme et la politique extérieure agressive de la France. « Il faut battre le fer quand il est chaud ». Le chef de l’État, chef des armées, entend profiter encore un peu de l’émotion suscitée par l‘attaque terroriste du début janvier, qui rend l’opinion plus réceptive à son discours guerrier, pour la convaincre de la « justesse » de cette politique inique. Mardi 3 février 2015.
