LES ARNAQUEURS Non, nous ne sommes pas en décalage avec l’actualité. Nous avons entendu comme vous la déclaration de François Hollande retour de Moscou. Nous réagirons à celle-ci par un autre article ce soir. Pour l’heure nous publions l’article que nous avons écrit pour l’essentiel hier, qui montre à quel point nous n’étions pas dupes du discours de « paix », de modération, de médiation, de recherche de compromis. Nous disions dès hier que cela était du « trompe l’œil », qu’il s’agissait en vérité de préparer l’opinion à l’escalade de la guerre. http://lavoiedessansvoix.fr/forum/attachment.php?attachmentid=39&stc=1 L’initiative « diplomatique » du couple Franco-allemand, Angela-François, restera dans la mémoire collective, placée sous le sceau de l’arnaque de la mauvaise foi, et du double langage, j’en passe ; enfin tout ce que les peuples exècrent le plus dans les hommes de pouvoir et leur lanière de gouverner. Par toutes ses facettes, celle-ci exhale la tromperie et le mensonge. 1. Masques et déguisements. C’est l’UE, la France en tête qui a fourni l’alibi politique du coup d’État du Maïdan. C’est elle qui a soutenu les groupes fascistes Ukrainiens, héritiers d’une vieille tradition russophobe, qui ont fait le coup de feu contre le président démocratiquement élu. C’est l’UE, la France toujours aux premières loges, et les USA qui dévoilent enfin leur jeu, qui soutiennent et poussent Porochenko à la guerre, dont il n’a pas les moyens, contre les insurgés du Donbass. Or voilà que ceux-là, les pourvoyeurs de coup d’État et fauteurs de guerre, osent se draper, indécent jusqu’au bout, dans les habits immaculés des anges de la paix. Voilà que ces faucons se déguisent en colombes. 2. Mensonge. « Je m’en vais dans l’instant » Avec Mme Merkel, annonce à la cantonade, François Hollande, lors de sa dernière conférence de presse (le 5 février 2015) pour tenter la médiation de la dernière chance entre les Présidents Porochenko et Poutine. Avez-vous réalisé l’incongruité de cette initiative ? Une médiation ? n’a de sens que si elle s’adresse aux deux belligérants ou parties au conflit. Dans cet esprit, qu’ils rendent visite à Piotr Porochenko, soit, et il ne fait aucun doute dans le cas d’espèce que Piotr Porochenko représente l’une partie au conflit. Mais que vient faire Poutine dans cette galère. Ce n’est pas lui qui se bat contre le gouvernement Ukrainien officiel, ce sont les insurgés de l’Est de l’Ukraine, les républiques de Donestk et de Lougansk. C’est en toute logique à ceux-là que devaient s’adresser à la deuxième étape de leur voyage impromptu, Mme Merkel et Mr Hollande, si la volonté de « médiation » était la véritable raison de leur initiative. 3. Stratagème. Mais pourquoi alors rendre visite à Vladimir Poutine, comme s’il était véritablement l’autre belligérant, alors même que celui-ci, et la Russie, protestent depuis l’origine et nient leurs implications dans ce conflit ? Eh bien, précisément pour cela. A défaut de preuves tangibles irréfutables, qui n’existes pas, d’une présence militaire russe dans l’Est de l’Ukraine, faire comme si. Selon l’adage « qu’il vaut mieux s’adresser au bon-Dieu qu’à ses saints »,si l’on s’adresse à Poutine pour soi-disant, faire cesser le conflit ukraino/ukrainien, et si celui-ci accepte d’en discuter, à défaut de preuves factuelles n’en n’est-ce pas une, morale et politique, qui confirme que c’est bien lui le chef et que les insurgés du Donbass ne sont en quelque sorte que ses « hommes de pailles ».Il s’agit donc là d’un stratagème de pirate pour établir non la vérité qui ressort des faits, mais celle que l’on a inventé, concocté soi-même, et à laquelle on entend se tenir coute que coute.. 4. Pareille mise en cause de la Russie correspond exactement à quoi l’UE et les USA veulent aboutir afin de mettre Poutine et la Russie, au banc des accusés. Et l’on devine dès-lors que le seul moyen d’en sortir serait que la Russie se couche, à défaut un pas supplémentaire sera franchi dans l’escalade militaire. Les USA et l’OTAN étudient très sérieusement le Moyen de venir au secours de l’Ukraine du Maïdan, totalement incapable de régler seule le problème. Or, François Hollande a lâché lors de sa conférence de presse du 5 février, cette phrase inquiétante, pleine de ténébreuses menaces, que «L’option de la diplomatie, de la négociation, ne peut être prolongée indéfiniment». Ainsi, adoptant la posture pacifique des médiateurs, c’est en vérité la prochaine escalade militaire que le couple Hollande Merkel c’est assigné pour mission de justifier. 5. L’autre Belligérant véritable, ce ne sont pas Poutine et la Russie, mais les Républiques insurgées du Donbass. Pourquoi donc n’avoir pas rendu visite aux autorités représentatives de celles-ci ? Diantre oui, on a compris. Leur rendre visite, les solliciter comme partie au conflit, ne serait-ce pas les reconnaitre en tant qu’entité politiques incontournables ? Parce qu’insurgées, « autoproclamées » comme ils disent pour en contester la légitimité, ces Républiques ne seraient-elles pas fréquentables ? Qu’est-ce donc que cette soudaine poussée de scrupules légalistes pour les puissances occidentales, la France tout particulièrement qui n’en a pas eu tant lorsqu’il s’est agi de former et soutenir le CNR libyen contre le pouvoir légal de ce pays, ou d’inventer de toute pièce et de le déclarer le « CNS » seul représentant légal du peuple Syriens au lieu et place des Syriens eux-mêmes, et plus récemment encore, et en Ukraine précisément, lorsqu’il s’est agi de reconnaitre la légalité du gouvernement provisoire directement issu du coup d’Etat du Maïdan. 6. Et, ce bout de chemin fait, la reconnaissance de facto des Républiques de Donetsk et de Lougansk, que constituerait pareille initiative, n’aurait-elle pas pour conséquence d’induire l’idée que ces Républiques pourraient, pourquoi pas, suivre leur propre chemin, tendre vers leurs buts, par elles-mêmes, sans que la Russie ni Poutine n’aient à en répondre. Ce qui priverait les agresseurs occidentaux du justificatif de leur agression. « lavoiedessansvoix.fr » Samedi 5 février 2015.
