L’INQUALIFIABLE POSITIONNEMENT DE J.L. MELENCHON Le 17 février sur son Blog, Jean-Luc Mélenchon écrivait « La seule façon de bloquer la loi et de faire cesser le chantage comme méthode de gouvernement, c’est de voter la censure. Soit celle déposée par la droite comme le fit le groupe communiste en 1992, qui n’avait pas les moyens de déposer sa propre motion, soit en en déposant une autre, de gauche, puisque le moyen existe de le faire !……. ». Ce qui semblait vouloir dire qu’il fallait d’abord censurer le gouvernement quoiqu’il en soit, fusse en votant la motion de la droite. Mais au mot d’ordre était joint un raisonnement, sur le fait qu’il aurait été mieux encore qu’une motion de censure de gauche soit déposée. Jusque-là rien à dire, semble-t-il. Une telle option eut sans nul doute notre agrément. Sauf que ! Sauf que, Jean-Luc Mélenchon, c’est bien le même, a donné le 18 une interview à France info lors de laquelle il affirme qu’il n’aurait pas, comme s’apprête à le faire les députés communistes « du Front de Gauche » à l’Assemblée Nationale, voté la motion de censure de la droite avec laquelle il ne veut pas se mélanger pour faire tomber un gouvernement de gauche. Faire tomber un prétendu gouvernement de gauche qui fait la politique ultra libérale de la droite, je dois avouer que je ne vois pas bien où est le problème. Mais soit, Jean-Luc Mélenchon est libre de ses opinions et jugements, libre même de manquer de cohérence. La Gauche pour lui, c’est toujours la Gauche, nous ne sommes pas d’accord, mais nous respectons son point de vue. Dès lors nous dit-il, s’il avait été député, il se serait efforcé de mettre d’accord les verts, les frondeurs » et le « front de Gauche » pour élaborer ensemble une motion de censure de gauche. Jean-Luc Mélenchon est un finasseur qui à tort en la circonstance de se croire trop malin. Nous qui ne sommes pas bien malin non plus l’avons décrypté pourtant. La droite aurait présenté sa motion de censure qui aurait été rejetée, la « Gauche » aurait présenté la sienne qui aurait été rejetée à son tour. Et au bout de l’opération il serait apparu que sous le langage de la fermeté et de la censure, Jean-Luc Mélenchon, en vérité, avait voulu sauver « la mise » au gouvernement et accompagner de facto l’adoption de la loi Macron. Bon, Jean-Luc Mélenchon n’est pas député, il ne sera pas appelé à voter la censure, il n’aura donc pas besoin de voler à la rescousse du gouvernement Valls ! Croyez-vous ? Mais il l’a déjà fait. En prenant ainsi position contre le vote de la motion de censure de l’UMP ainsi que se proposent de le faire les députés du « Front de Gauche », n-a-t-il pas voulu en dissuader certains ? N-a-t-il pas voulu conforter les députés « Frondeurs » du PS dans leur refus de voter la censure. Un service en vaut un autre, est-ce que le capitaine de pédalo Flamby lui renverra l’ascenseur bientôt ? Jean-Luc Mélenchon se déconsidère dans cette affaire. Nous sommes perplexes et inquiets. L’occasion existait-là de jeter les bases d’une véritable alternative politique. Notre camarade Jean-Luc l’a encore une fois gâchée. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Jeudi 19 février 2015.
