« UN PRÊTÉ POUR UN RENDU » (FAUT-IL RÉHABILITER BACHAR AL ASSAD ?)

« UN PRÊTÉ POUR UN RENDU » (FAUT-IL RÉHABILITER BACHAR AL ASSAD ?) Telle était la question que posait avant-hier soir au 20 heures, le journaliste vedette de « France2 », en ouverture d’un sujet sur la visite « impromptue » de 4 parlementaires français en Syrie. La seule formulation de cette question témoigne de l’arrogance incroyable de notre pays et de nos médias. En quoi dites-moi, appartient-il a la France, ou à tout autre État occidental, fusse le plus puissant de la planète, de « déshabiliter » ou « réhabiliter » le chef d’un État étranger ? Bachar Al Assad n’a besoin d’être réhabiliter par personne, car il n’a jamais été « déshabilité ». Ce capitaine-là est resté debout, digne fier et clairvoyant, aux commandes de son navire dans la pire tourmente que lui ont infligée les pays occidentaux avec la complicité de leurs alliés arabes. Peu nombreux sont les chefs d’État capables d’une telle performance. Nous apprenions hier, avec le compte rendu de cette visite des parlementaires français, qu’une autre délégation « du même tonneau », mais Américaine celle-là, était en visite en Syrie. Des voix de plus en plus nombreuses se font entendre en Occident, pour un changement global de stratégie à l’égard du « grand Proche-Orient ». Car la question Syrienne en vérité dépasse largement les seules limites de cet État. La résistance du Régime laïque du BAAS Syrien a eu pour effet de faire de la Syrie le point d’achoppement de toute la politique américaine dans cette région. Ce qui est en jeu en vérité, ce n’est pas tant le maintien, c’est-à-dire la victoire de Bachar Al Assad, que le basculement du rapport de force au Moyen-Orient et la lamentable défaite d’une certaine stratégie américaine. QUE L’OPPROBRE RETOMBE SUR EUX. Imaginez quelques instants l’effet Boomerang, qu’aurait à l’égard du cartel occidental et des monarchies arabes ses alliés, un tel retournement de la situation. Après avoir levé des troupes barbares pour mettre la Syrie à feu et à sang durant plus que trois longues années ; Après avoir plus de cent fois prédit la défaite de Bachar dans les prochains jours, les prochaines semaines, puis les prochains mois ; Après n’avoir plus rien prédit du tout que la guerre à outrance qu’ils se proposaient de lui faire. Après avoir cent fois intimé l’ordre à ce chef d’État d’un pays théoriquement souverain, de quitter le pouvoir. Après avoir menacé de le traduire devant le TPI, l’avoir insulté, humilié, traité de massacreur, de « gazeur » de son peuple. Après tant de forfaits, de provocations, contre la Syrie martyrisée et Bachar Al Assad, dont se sont rendues coupables les chefs des États et des diplomaties occidentales, la France toute la première, ceux-là seraient-ils contraints de rendre les armes ? Seraient-ils contraints un jour prochain de composer à nouveau avec le chef de l’État Syrien, de reconnaitre sa légitimité quand ils la lui avaient contesté pour la déposer dans les mains de ses opposants ? Imaginez la honte et l’humiliation pour eux, s’ils devaient en arriver là. Imaginez l’infamie qui retomberait sur ceux, comme François Hollande, qui se sont avisé d’aller trop loin trop vite ? Ceux-là, bien entendu, ne veulent pas du retour en grâce de Bachar Al Assad, et les arguments les plus rationnels, les plus incontestables ne les feront pas changer d’avis. Ils savent trop qu’une telle évolution des choses serait contre eux le pire des réquisitoires, aussi feront ils tout pour empêcher que cela advienne. A cet égard, la mort provoquée de celui qu’ils ont appelé le « dictateur » le « tyran », ou même le « boucher », leur serait une délivrance. Les services de protection rapprochée de Bachar AL Assad, seraient bien avisés d’ouvrir l’œil plus que jamais, de ne surtout pas baisser la garde dans cette période où des signes de détente possible s’amoncellent. Nonobstant les multiples attentats dont il a déjà été victime, la période qui s’ouvre ainsi, est en effet probablement la plus dangereuse qu’ils aient eu à affronter pour la survie personnelle du chef de l’État syrien. Nous avions écrit cela hier matin 26 février, et dès le journal de treize heures nous eûmes connaissance de la réaction de François hollande, en parfaite conformité avec ce que nous annoncions, « qui condamne fermement ces parlementaires mandatés par personne qui osent aller discuter avec un dictateur responsable d’une guerre civile qui a fait deux cent mille, deux cent mille, morts », souligne-t-il par une répétition. Mais monsieur le Président, répliquons-nous, qu’elle, qu’elle soit, on ne fait pas la guerre, tout seul. Il y a toujours, au moins deux parties au conflit. Et la partie qui attaque le Régime Syrien, en l’occurrence, c’est le Front al-Nosra, Al Qaïda, .l’Etat islamique au levant récemment rebaptisé Daesh. Ce sont vos amis, que vous appeliez l’opposition démocratique syrienne. Ce sont « les forces supplétives et mercenaires » que vous, avec le Président Obama et le premier ministre britannique David Cameron, et avec la complicité, il faut l’ajouter, du roi d’Arabie et de l’Émir du Qatar, avez levées soutenues, recrutées, financées, encadrées, entrainés et armés, ce sont ceux-là, les fous de Dieu, les coupeurs de têtes. Il y a donc bien, Monsieur le Président, deux parties au conflit. Outre le régime légal syrien attaqué, l’autre partie, attaquante, c’est vous ! Les chefs de guerre, les donneurs d’ordres c’est vous ! Vous, le cartel des trois puissances occidentales et vos alliés arabes. Et vous le savez bien, vos troupes barbares sur le terrain, sont responsables de bien des morts, des atrocités, des horreurs. Qu’il me soit donc permis monsieur le Président, de vous rappeler à un peu plus de pudeur et de retenue. Allé, ont fait un marché, 50/50. La moindre des précautions d’un décompte macabre qui voudrait se donner des airs équilibrés serait de partager les morts. Moitié moitié, 100 000 pour le régime attaqués, cent mille pour les puissances attaquantes. Vous refusez le marché ? Vous refusez d’assumer la part du sang qui vous revient ? Moitié moitié ça ne vous convient pas ? Vous vous obstinez à vous défausser entièrement sur la partie adverse ? Vous êtes décidément par trop arrogant Monsieur Hollande. Eh bien en ce cas soit, ce ne sera pas moitié moitié mais la totalité de ce bain de sang qui retombera comme une malédiction sur vos têtes à vous et vos petits camarades. Car il faut bien le dire, on ne saurai,t il est vrai, placer sur un pied d’égalité, renvoyer dos à dos l’agressé et l’agresseur. On n’a pas le droit de vouloir partager les torts entre un régime légal, laïque, qui se défend contre une agression extérieure, conduite par des puissances étrangères qui ont enrôlées et instrumentalisées des hordes de barbares sous l’étendard du radicalisme religieux. Sans cette circonstance il n’y aurait pas eu de « guerre civile en Syrie, tout juste des manifestations pacifiques. Sans cette circonstance, sans vos ingérences et obstinations, il y a fort longtemps que la paix civile serait revenue en Syrie. Il est donc clair que la responsabilité totale des dégâts humains et matériels appartient aux agresseurs dont vous êtes. Une guerre civile qui a fait dites-vous 200 000 morts ? Deux cent mille dont vous êtes entièrement comptable Monsieur Hollande. Voilà les raisons, qui sont votre, de ne pas vouloir renouer le dialogue avec le régime légal Syrien et son chef d’État. Voilà les raison qui sont les votre de stigmatiser les parlementaires qui osent contrevenir à vos oukases. Mais comme l’Histoire de ces trois dernières années le prouve déjà, vous n’êtes pas les seuls décideurs et il n’est pas impossible que malgré votre opposition farouche, cette évolution historique se produise tout de même, que Bachar Al Assad, sorte, par le haut de l’imbroglio sanglant auquel vous l’avez acculé. Nul doute en ce cas qu’il sera promu par les circonstances au rang de héros de la cause arabe. Quand à vous, bien sûr, quoiqu’il advienne, vous êtes à l’abri des rigueurs du TPI (Tribunal Pénal International) qu’il serait plus propre de traduire par « Tribunal des Puissances Impérialistes ». Le TPI est votre chose, il ne poursuit pas « les maitres du monde ». Il ne poursuit, comme chacun sait, s’ils osent défier votre autorité, que vos ennemis, les chefs d’États et autres décideurs des nations subalternes » que vous vous arrogez le droit de régenter. Pour autant échapperez-vous au jugement de l’Histoire ? Ne craignez-vous pas que celle-ci vous précipite aux gémonies de la conscience au motif de « crimes de guerre » ? Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Jeudi 27 février 2015.

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