NE BLÂMONS PAS CEUX QUI ONT TORT Bon, il y a aussi les autres, nos frères de condition, auxquels les maitres et gouvernants ont persuadé qu’il n’y avait plus d’argent dans les caisses, qu’ils devaient « travailler plus pour gagner plus », que la couverture sociale et les retraites ne pourraient plus être payées s’ils ne consentaient quelques sacrifices, que la banque, la bourse, et l’entreprise fondements de l’économie devaient être sauvées en priorité, que les riches ne créeraient pas d’emplois si ça ne leur rapportait pas suffisamment à leur convenance et qu’il fallait donc accroitre la rentabilité des entreprises au détriment des avantages sociaux (charges) et des salaires Or, que constatent-ils ceux-là ? Qu’l y a des millions de mal logés pour lesquels on ne propose aucune solution de logement et des milliers de sans-abris auquel on ne propose pas de solution d’hébergement respectueuse de leur dignité, certain mourrons encore de froid dans la rue l’hiver prochain. Et voilà que l’on dit que l’on va accueillir des migrants, leur trouver des hébergements et des aides d’urgence, qu’ils bénéficieront de la CMU, etc… Alors ceux-là qui s’étaient rangés à la raison des plus forts, avaient convenu qu’il fallait « qu’il la ferme » pendant qu’on leur tondait la laine sur le dos, qui croyaient avoir compris quelque chose, ne comprennent plus rien tout à coup. Comment, s’interrogent-ils, peu-t-on secourir des migrants quand on est incapables de subvenir aux besoins vitaux de ses propres ressortissants ? Ceux-là ont tort certes ! Nous n’adhérons pas à ce point de vue, mais que l’on ne compte pas sur nous pour les fustiger. Nous refusons tout net de nous associer aux « donneurs de leçon ». Nous refusons, nous redressant fièrement sur nos ergots, de dispenser à autrui les antiennes du « savoir bien penser ». Nous laisserons cela aux « dictateurs de conscience républicaine ». Nous refusons de nous associer à ces derniers qui repoussent avec dédain et d’un revers de main, les plaintes, justifiées bien qu’irrecevables, de nos malheureux concitoyens ? Ceux-là ont tort, nous l’avons dit. Mais pas de la façon que l’on croit. Ils ont tort non pas de s’indigner que l’on trouve pour les réfugiés l’argent les hébergements et les aides et assistances que l’on ne trouve pas pour les miséreux de chez nous. Cela est une réaction humaine qu’insultent aisément ceux qui sont à l’abri de la nécessité. Elle est quoiqu’en disent la morale officielle, .tout aussi compréhensible que l’autre qui pousse au partage et à l’entraide. Le tort que nous leur savons nous, est de gober les balivernes que leur débitent les gouvernants et les possédants qui prétendent que les caisses sont vides celle de « la sécu » trouée, et que les riches ne le sont jamais assez. Si certaines caisses sont vides c’est parce que d’autres sont trop plaines. De l’argent il y en a à flot, les milliards économisés sur les retraites, la couverture sociale, les salaires en baisse, servent à distribuer des émoluments astronomiques aux PDG, des parachutes dorés, des stop-options, des dividendes prohibitifs aux actionnaires, et à grossir encore les fortunes colossales des plus riches. L’économie fonctionne comme des vases communicants. Le nécessaire qui est confisqué au pauvre est siphonné et s’accumule en superflu dans les coffres des riches. De l’argent il y en a suffisamment, tout à la fois pour accueillir les réfugiés et pour adoucir la condition des modestes et des pauvres. Non ça n’est pas l’argent des pauvres qui va servir au secours des réfugiés, ça n’est pas parce que l’on consentira des efforts pour accueillir ceux-là que l’on retirera le pain de la bouche des miséreux. Le pain le bien être, les salaires décents, la couverture santé de qualité, les retraites, les services publics, ils refuseront quoiqu’il en soit de les améliorer, pire même, ils vont continuer à les détériorer et les grignoter, car c’est le prix que les gens modestes et les pauvres doivent payer pour leur richesse. Leur opulence est le produit de votre misère. Alors oui, ceux-là qui se plaignent ont raison de se plaindre même s’ils se trompent de coupables. Ce ne sont pas les aides consenties aux réfugiés qui sont ni ne seront causes de leurs misères. La cause en est la ponction éhontée de la richesse publique opérée aux profits des plus riches. C’est aux riches, à la banque, à la bourse, au gouvernement qui les choient et les protège, qu’il faut exiger qu’ils restituent une partie au moins de leur butin. C’est à ceux-là qu’il faut faire rendre gorge. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Dimanche 20 septembre 2015.
