J’AI HONTE A « MA FRANCE » Vladimir Poutine est allé à New-York, à l’assemblée générale de l’ONU, pour tendre une perche salvatrice à l’administration Américaine du Président Obama, à la Paix, et à l’institution onusienne elle-même, brocardée par les initiatives cavalières des puissances occidentales. Il a subie une nouvelle offense. Nous l’avions annoncé, avant même l’ouverture de l’assemblée générale de l’ONU. « Il y a peu de chance » écrivions-nous le 28 septembre, « que l’initiative du Président Poutine rencontre la bonne volonté des USA. D’autant que les partenaires les plus proches de ces derniers, la France au premier chef, militent activement pour l’escalade du conflit. Ce qui serait « un renoncement » pour l’Amérique, comme nous venons de l’expliquer, serait pour la France un véritable Fiasco diplomatique, elle qui s’est investie à fond et sans partage dans la ligne dure impliquant dès le début la chute de Bachar Al Assad. » Nous ne sommes donc, ni surpris ni déstabilisé par la tournure des évènements. Mais la France, la France officielle, gouvernementale, à cette fois franchit un pas supplémentaire dans l’ignominie. La voilà qui au lendemain de cette initiative historique de la diplomatie russe s’avise d’intenter une action en justice, pour « crimes de guerre » contre le chef de l’État syrien. Les « faits » sur lesquels entends se fonder cette action judiciaire sont des clichés, 55 000 nous dit-on, réalisés par un déserteur de l’armée syrienne, photographe militaire de son état, et qui montre 11 000 corps suppliciés. Des photos, des clichés ? Comme preuves factuelles on fait mieux. Par les temps qui courent avec l’informatique et les logiciels qui existent le montage photographique est presque devenu un jeu d’enfant. On ne peut recevoir notre adhésion sur de telles « preuves ». Nous nous souvenons trop d’autres « preuves photographiques » d’une autre barbarie présumée en Roumanie, le charnier de Timisoara, qui se révélèrent être une grossière manipulation. Sans compter que les exactions, dont ces clichés sont sensés prouver l’existence et l’horreur, nul ne peut certifier qu’elles n’ont pas été les faits d’autres auteurs que ceux désignés par la propagande occidentale. L’auteur des clichés, nom de code « César » témoigne de manière anonyme et masqué. Pourquoi ? Parce qu’il craint d’être reconnu par ces anciens amis restés fidèles au régime légal syrien ? D’un premier abord cette explication pourrait paraitre tout à fait plausible. Pourtant, à la réflexion, elle ne tient pas la route un instant. Il y en a combien de photographes militaires dans l’armée syrienne ? Combien ont déserté, passé avec armes et clichés dans le camp des ennemis de leur pays ? Ne pensez-vous pas que par la seule logique de cette déduction les services secrets syrien sont en mesure d’identifier l’auteur de cette dénonciation calomnieuse, sans qu’il est besoin de décliner son identité ni de faire voir son visage ? Alors s’il veut rester anonyme et caché, il y a tout lieu de croire qu’il a d’autres raisons inavouables, pour cela. Voilà des réflexions de nature à faire douter du sérieux des fondements sur lesquels entend s’appuyer la plainte de la France contre Bachar Al Assad. Mais en vérité, pour prouver la mauvaise foi de la France, il n’y a pas même besoin d’aller chercher si loin. « C’est sur ces photos et ces témoignages que se base aujourd’hui la plainte de la France pour « crimes contre l’humanité » visant le régime syrien. Elle intervient au moment où la communauté internationale envisage de coopérer avec le président syrien Bachar al-Assad dans sa lutte contre l’organisation État islamique. » Note « France TV info ». Voilà plus d’un an en effet que ces clichés sont connus. Ils ont été présentés devant une commission de l’ONU en avril 2014, il y a de cela 18 mois. Alors pourquoi si ces clichés constituent vraiment une preuve infamante contre le régime légal syrien, avoir attendu pour intenter une action en justice ? La réponse est fort simple. Parce qu’il s’agit d’une opération de « Com » et de délation dont l’objet est de barrer la route à tout risque de rapprochement, même minime des positions russes et américaines sur l’épineux dossier syrien Telle est l’action « vénéneuse de la « diplomatie française. Encore une fois elle a trop voulu prouver une chose et réussi à ne prouver rien autre que sa criminelle duplicité. J’ai honte à « ma France ». Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Jeudi 1er octobre 2015.
