LA COLOMBE RÔTIE

LA COLOMBE RÔTIE « Le prix Nobel de la Paix décerné au Dialogue national tunisien » Titre le Figaro dans lequel il est écrit : « La révolution tunisienne, l’ultime flamme du printemps arabe encore vivace, vient d’être célébrée par le comité norvégien » La « révolution », le « printemps arabe », « son ultime flamme encore vivace » pour reprendre la formule même du figaro. Voilà ce que le comité de Stockholm a voulu célébrer : Les prétendues révolutions démocratiques du monde arabo-musulman. En vérité l’offensive impérialiste de déstabilisation du Moyen-Orient qui a précipité la région dans le chaos, les destructions et le sang. La démocratie, la lutte pour la démocratie dans le monde ? Mais que cela vient-il faire ici ? Facteur de paix et de stabilité la démocratie ? Ne s’est-elle pas surtout illustrée ces dernières années comme fautrice de guerres et de déstabilisations ? Y-a-t-il la moindre affinité réelle entre ces trois concepts : « Printemps arabe » « démocratie » et « paix » ? La démocratie n’est-elle pas devenue au contraire synonyme de sang de haine et de guerre, le crédo du bellicisme occidental et l’étendard de l’agression impérialiste ? Le peuple Tunisien a été l’acteur du seul soulèvement politique spontané du monde arabo-musulman. A ce titre il mérite notre respect et notre reconnaissance. Mais, ce soulèvement, qui ne fut pas une révolution, a donné lieu à une transition politique (aboutissant à l’élection à la Présidence du bras droit de Ben Ali) qui n’a de démocratique que le nom. Il a surtout été le signal de déclenchement de l’offensive impérialiste de déstabilisation du Moyen-Orient désigné par le joli pseudonyme primesautier de « printemps arabe » au même titre que la première guerre contre l’Irak de 1991 fut baptisée « tempête du désert ». En célébrant « le dialogue national Tunisien », c’est donc la Tunisie base opérationnelle de déclenchement de l’agression impérialiste contre un grand nombre de nations arabes et musulmanes, et non « la paix » que le comité Nobel a voulu célébrer. En célébrant ainsi « le printemps arabe » et la démocratie » c’est donc bien une colombe » toute rôtie, à sa façon, prête à être consommée par les opinions publiques que le comité Nobel a offert à la Tunisie. En effet, ne fallait-il pas à l’Occident tenter de nier sa faute criminelle en sacralisant la seule séquence du prétendu « printemps arabe » qui n’a pas sombré, de justesse, dans les brasiers de l’Apocalypse ? Rôtie la colombe de la paix. La recette est indigeste et les opinions publiques refuseront de se repaitre des chairs de l’oiseau sacré. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». dimanche 11 octobre 2015.

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