LOUANGES ET SARCASMES

LOUANGES ET SARCASMES Il y a des jours comme ça où l’on est positivement étonné, où l’on a envie de manifester sa satisfaction et de louanger ceux qui nous donne les raisons de cette joie. Les occasions en sont rares, elles en sont d’autant plus remarquables, LOUANGES 1 : Nous avons été ravis de l’attitude digne et crane de notre camarade Sébastien Benoit ouvrier et syndicaliste aux chantiers navals de Saint-Nazaire qui a refusé de serrer la main de François Hollande. Nous avons été comblés par les justifications fondées par lesquelles il a expliqué ce refus. Nous lui adressons toutes notre sympathie et lui faisons connaitre combien nous avons été fier, grâce à lui, d’appartenir à cette même classe des ouvriers, des producteurs de la richesse, la classe des prolétaires. LOUANGES 2 : Nous sommes satisfaits aussi du boycott par la CGT de la « conférence sociale, initiée et voulue par le Président de la République. Conférence sociale ? A quoi cela peut-il bien rimer quand il est question de reculer toujours plus l’âge de la retraite, quand on fait régresser les pensions servies, quand le crédo du gouvernement est la rentabilité des entreprises qui signifie la chute des salaires et des prestations sociales, quand, au lieu de sauvegarder les emplois industriels et relocaliser les entreprises pour créer de vrais emplois, on invente des emplois bidons, avec des noms ronflants : « d’avenir » d’insertion », etc. qui ne sont en vérité que des emplois sous rétribués pour les patrons quand ils ne le sont entièrement par les contribuables, quand on brime et humilie les chômeurs en contrôlant s’ils recherchent assidument des emplois qui n’existent pas, quand on veut les rendre responsables de leur propre galère, quand on s’en prend au repos dominical, au « 35 » heures, au code du travail et au contrat de travail lui-même. Conférence ? Non ! Mascarade ? Oui ! Pour couvrir d’un vernis progressiste une politique sociale ultra réactionnaire. Pour occuper les « appareils syndicaux », leur donner l’illusion d’être reconnus et de servir à quelque chose, pour les détourner des voies de l’action et des luttes. La CGT a donc décidé de ne pas apporter sa caution à cette mascarade. Nous nous en félicitons et félicitons la direction confédérale qui a pris cette décision honorable laquelle rend un peu de fierté aux travailleurs. Louages certes à ceux,-ci-dessus. Mais cela n’exclue pas notre lot habituel de sarcasmes et de récriminations à adresser à d’autres, nombreux. SARCASME 1 : A François Hollande qui nous fait un rétropédalage verbal en catastrophe. Cet homme qui Le 6 octobre, « condamnait des violences inacceptables » (le Figaro) il s’agissait bien sûr de celles des salariés. La menace de suppression de 2900 postes, le CHANTAGE à l’emploi n’était pas qualifiés de « violences ». Mais le 15, il dénonce « la brutalité d’où qu’elles vienne, des mouvements sociaux comme de certains patrons » essayant ainsi de « rééquilibrer sa position. (Le Point). Rétropédalage verbal avons-nous bien dit, car au fond le positionnement n’a pas varié d’un pouce, comme nous allons voir.SARCASME 2 : A l’odieux Manuel Valls qui a lui aussi fait un rétropédalage verbal tout en trompe l’œil. Passant de l’insulte aux salariés qu’il traitait de « Voyous » le 6 octobre à la suggestion que « les suppressions d’emplois ne sont peut-être pas nécessaire », afin de se donner à peu de frais des airs d’ouverture. Mais ceux-là ne sont pas qu’indignes et lamentables dans leur manière de réajuster leur position quand ils réalisent qu’ils sont allés trop loin. Ils sont de plus odieux, « ce sont des enfoirés », car dans leur « rectificatifs » ils n’amendent en vérité que le verbe et la forme, mais au fond ils ne varient pas même d’une virgule. Ils restent totalement dans la posture « du chantage à l’emploi ». Quand Manuel Valls, et les autres chacun et chacune à sa manière, dit que « les 2900 suppressions de poste chez Air France peuvent être évités, … si le dialogue social s’approfondit » que dit-il en vérité de différent que ce qu’ils avaient dit précédemment : que les syndicats doivent retourner à ce qu’il appelle la table de négociations pour y signifier leur reddition ? SARCASME 3 : dédié à Ségolène Royal. Elle et Martine Aubry se sont investie dans le rôle « d’illusionniste de gauche du gouvernement et du PS ». Lorsque Macron s’en prend aux « trente-cinq heures », Martine Aubry, c’est son créneau, « monte sur ses grands chevaux », ça n’est que verbiage qui ne change rien à l’action du gouvernement, mais qui a pour fonction de donner à croire qu’il y a encore des gens de gauche » dans les allées de ce pouvoir. Le créneau de Ségolène, c’est plutôt, mais pas exclusivement l’écologie, sa fonction est de faire croire que le gouvernement reste malgré tout fidèle à ses engagements dans ce domaine. Sa dernière sortie concernant la situation chez « Air France » quand elle dit que le plan de 2900 suppression d’emploi doit-être suspendu, et que « Bien sûr, on ne revient pas autour de la table en disant : “C’est à prendre ou à laisser”. » ou ajoute : « Les stratégies qui ont consisté à dresser les salariés les uns contre les autres sont de mauvaises stratégies. », ne sont aussi que verbiage et tromperie pour tenter de donner une image « plus ouverte » à ce gouvernement de dictature sociale. D’ailleurs elle se trahit vite qui précise « qu’il est regrettable d’en venir aux mains » (20 minutes. Actualités) ce qui est une manière, tout comme Valls et Hollande, de condamner la violence des salariés et non celle du capital. Elle se dévoile enfin tout à fait, montre son vrai visage de droite réactionnaire, quand sur « France inter » elle s’en prend à Anne Hidalgo qui regrettait l’interpellation des salariés à six heures du matin. Quand à Macron, l’Androïde, qui caractérise comme « stupides » les violences des salariés il a franchi le Rubicon depuis longtemps et le sarcasme ne suffit plus à assouvir notre colère à son endroit, c’est sa chemise qu’il nous faut. SARCASME 4 : Aux syndicats qui se vautrent autour d’une table inutile, qui « refusent », eux qui ont « bu le vin jusqu’à la lie, la remise en cause de la retraite à 62 ans, qui demain défendrons le maintien de la retraite à 64 ans et celle à 70 ans dans 4 ans, car leur rôle s’est d’accompagner la régression dans le maintient la paix sociale. (De tenir la volaille que l’on plume). Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Jeudi 15 octobre 2015.

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