L’OS Le vote de la résolution 2249, un cadeau de Poutine à la France. Nous ne sommes pas les seuls, loin s’en faut, d’autres, souvent plus influents, plus imminents, ont mis en garde de longtemps contre les conséquences désastreuses qu’entrainerait la politique internationale belliqueuse de la France au service de l’oncle Sam. Or nous voilà rendu à l’heure des comptes, et vous l’avez remarqué, ceux qui ont conduit notre pays, le Moyen-Orient et le monde, dans « ce merdier », ont encore l’outrecuidance de prétendre avoir raison. Le 28 septembre, Vladimir Poutine devant l’Assemblée Générale de l’ONU, appelle à une large coalition internationale anti EI comprenant l’Iran et le gouvernement légal de la Syrie, à laquelle il convie la France Les USA, mais aussi l’Arabie Saoudite et la Turquie. La France et les USA crachent alors dans la main tendue. Mais lorsque 1 mois et demi plus tard surviennent les attentats terribles qui ont fait 130 morts à Paris, la France appelle à son tour à une coalition élargie avec l’Iran et la Russie et se targue de la primeur de l’initiative. Laurent Fabius une fois encore s’illustre par la félonie et la bassesse. Cela d’ailleurs n’est guère passé inaperçu et semble provoquer les sarcasmes et railleries agacées de la grande majorité du monde politique et de la sphère journalistique. Parmi tous les invités de Frédéric Taddéi, à l’émission « Ce soir ou jamais. » de Vendredi 20, et ils étaient nombreux, tel le Général Dominique Trinquand, Alain Gresh journaliste, Jean-Noel Janneney, Myriam Benraad, Anne Marie Le Pourhiet. Parmi ceux-là, le seul Bruno Tertrais osait émettre des thèses proches de celles du gouvernement et provoquait les rires sous cape de toute l’assistance à chacune de ses interventions. Or, voilà que la France » présente une « résolution » au conseil de sécurité de l’ONU qui appelle à la mobilisation internationale contre l’EI. Et la voilà qui se rengorge de son « immense succès », ladite résolution n’a-t-elle pas été votée à l’unanimité » ? Alors, le quai d’Orsay réussira-t-il, par ce stratagème, à prétendre jouer un rôle décisif sur la scène diplomatique mondiale au moment même où en vérité la faillite et l’asservissement de notre diplomatie est patente et saute aux yeux de tous les observateurs avertis ? La Russie bien sûr ne s’y est pas opposée dans la mesure où cette « résolution » esquive le point d’achoppement habituel sur le respect de la légalité Syrienne et du pouvoir de Bachar Al Assad. La Russie ne s’y est pas opposée car elle interprète l’engagement aérien militaire de la France contre l’EI, comme un possible premier signe d’une inflexion plus vaste, à venir, de sa politique Syrienne. La Russie n’a pas voulu fermer la voie à un possible changement de cap ultérieur de la politique de la France, qu’elle appelle de ses vœux et qu’elle a voulu encourager de la sorte. Le compte rendu qui en est fait par Marie Bourreau Dans « Le monde » et que nous publions en annexe à cet article, est d’ailleurs fort explicite à ce sujet. En ne clarifiant pas la question de la légalité Syrienne et du pouvoir de Bachar Al Assad, la résolution française se limite en vérité à n’être qu’une sorte de « motion déclamatoire » sans grandes conséquences. De la poudre aux yeux. Qu’importe ! Tel est son but réel et la fonction à laquelle elle aspire. Non pas apporter des solutions opérationnelles a la question Syrienne ni même à celle posée par « Daesh », mais uniquement faire de l’enfumage d’opinion pour masquer son terrible marasme et tenter de faire oublier sa grande et lourde responsabilité dans la monté en puissance du danger terroriste. Le ministre russe de l’intérieur a offert un chiot berger allemand nommé « Dobrynva » à son homologue français, pour remplacer « Diesel », le chien policier abattu lors de l’assaut de Saint-Denis. Ce n’est pas le seul cadeau de la Russie à la France. Vladimir Poutine en a fait un bien plus grand en demandant à la délégation Russe de voter la résolution 2249. « Grand seigneur » il a ainsi jeté au chien servile de la diplomatie française, glapissant lapant et frétillant de la queue, l’os pour lequel elle se fut damnée. Patick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 22 novembre 2015.ANNEXE : L’ONU autorise « toutes les mesures » contre l’Etat islamique Le Monde.fr | 21.11.2015 à 04h02 • Mis à jour le 21.11.2015 à 11h07 | Par Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondance) Abonnez vous à partir de 1 € Réagir Classer Partager (3 622) Tweeter image: http://s2.lemde.fr/image/2015/11/21/534×0/4814635_6_8ba6_les-membres-du-conseil-de-securite-de-l-onu_d53e8cb5e2ab408def774089b0560530.jpg L’horaire est symbolique. Une semaine précisément après les attentats de Paris et de Saint-Denis, à l’heure où les commandos terroristes procédaient à leurs macabres équipées, les Français ont fait voter à l’unanimité aux Nations unies une résolution autorisant « toutes les mesures nécessaires » pour lutter contre l’organisation Etat islamique (EI), qualifiée de « menace mondiale et sans précédent contre la paix et la sécurité internationales » par le Conseil de sécurité de l’ONU. La France espère ainsi donner une impulsion majeure à la lutte contre le terrorisme en offrant « un cadre légal et politique pour l’action internationale en vue d’éradiquer Daech dans ses sanctuaires en Syrie et en Irak », selon l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre. « C’est un texte très fort politiquement d’un pays qui vient d’être frappé par le terrorisme », a-t-il insisté. « C’est un texte très fort politiquement d’un pays qui vient d’être frappé par le terrorisme » Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé qu’il importait maintenant « que tous les Etats s’engagent concrètement dans ce combat, qu’il s’agisse de l’action militaire, de la recherche de solutions politiques ou de la lutte contre le financement du terrorisme ». Le texte appelle également à redoubler d’efforts pour empêcher l’afflux de combattants djihadistes en Irak et en Syrie, et à coordonner les initiatives pour stopper les actes terroristes de l’EI et des groupes associés à Al-Qaida. Concrètement, la résolution 2249 ne donne pas d’autorisation légale à agir militairement en Syrie et en Irak, puisqu’elle n’est pas placée sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies qui prévoit l’usage de la force. Mais le langage employé dans le texte, qui stipule que « toutes les mesures nécessaires » sont permises pour combattre l’EI, laisse la place à l’interprétation, selon les diplomates français. « Ampleur du soutien international » « Le vote d’aujourd’hui, a réagi le premier ministre britannique, David Cameron, montre au-delà du doute l’ampleur du soutien international pour faire davantage en Syrie et pour une action décisive afin d’éradiquer l’EI. » M. Cameron cherche à obtenir des députés britanniques l’autorisation d’étendre à la Syrie l’action des avions britanniques. Un diplomate onusien estime « qu’il est fort probable de voir de nouveaux pays rejoindre la coalition militaire. Les campagnes de bombardements devraient aussi s’intensifier dans les zones tenues par Daech car les pays se sentiront beaucoup plus libres de frapper ». « Le texte français a créé beaucoup de confusion. Il semble autoriser une action militaire contre l’EI sans soutenir explicitement les précédents appels de la Russie à une coalition internationale unique et coordonnée en Syrie », analyse Richard Gowan, expert au Conseil européen des relations étrangères. La situation n’est pas sans rappeler la résolution 1973 qui avait autorisé l’intervention militaire en Libye en 2011. Elle avait ulcéré les Russes, qui avaient eu le sentiment de s’être fait leurrer par les Occidentaux. Ces derniers avaient donné une interprétation plus large au mandat donné par l’ONU, précipitant la chute du dictateur libyen, Mouammar Khadafi. La Russie, alliée du régime syrien, a voté en faveur de la résolution française – et avec l’accord direct du président Vladimir Poutine. Une inflexion notable dans la position de Moscou, qui a bloqué une grande partie des initiatives sur la Syrie depuis quatre ans. A sa demande, une référence à la Charte de l’ONU a été ajoutée pour encadrer la résolution. « Les Russes considèrent que c’est l’assurance de voir la souveraineté de la Syrie respectée, alors que les Français assurent qu’elle engage au contraire à agir… », explicite un diplomate onusien, qui parle d’une « ambiguïté constructive ». Coalition élargie L’ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a affirmé que la Russie continuerait d’insister pour que son propre texte, qu’elle a fait circuler le 19 novembre, soit adopté « à bref délai ». Il plaide pour une coalition élargie contre l’EI qui associerait Bachar Al-Assad. Une demande inacceptable pour Londres, Paris et Washington, qui souhaitent un départ rapide du président syrien dans le cadre d’une transition politique pour régler le conflit. Les Français ont préféré laisser de côté l’épineuse question du sort de Bachar Al-Assad, assurant « ne pas vouloir se substituer aux pourparlers de Vienne et toucher au cœur des négociations, qui est la transition politique ». « C’est une concession claire à la Russie », estime Richard Gowan. Mais la « coalition unique » contre l’EI, appelée de ses vœux par le président François Hollande, le 16 novembre, devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, continue de buter sur ce point essentiel. Le président syrien s’est d’ailleurs mêlé au débat. Dans un entretien à la chaîne de télévision italienne RAI, il a assuré que les élections prévues, lors de la dernière réunion de Vienne, le 14 novembre, étaient inenvisageables tant que des régions entières de la Syrie restaient aux mains « des terroristes ». Il a aussi accusé les Occidentaux d’être les principaux responsables de la naissance de l’organisation djihadiste de l’EI, qu’ils entendent aujourd’hui détruire « par tous les moyens ».
