LE GRAND CIRQUE DIPLOMATIQUE DE FRANÇOIS HOLLANDE (SUITE ET FIN DE LA CONTROVERSE AVEC JACQUES SAPIR)

LE GRAND CIRQUE DIPLOMATIQUE DE FRANÇOIS HOLLANDE (SUITE ET FIN DE LA CONTROVERSE AVEC JACQUES SAPIR) Invité à commenter avant hier soir, au journal de 20 heures de France 2, la visite de Président de la république à Moscou, Etienne Leenhardt a été tranchant et son jugement sans appel. Le présentateur du « JT » lui demandait si « la grande coalition anti Deash qui était le motif prétendu de l’activisme diplomatique de François hollande, avait une chance de voir le jour ? Pas de langue de bois, pas de réponses alambiquées : « NON ! » a répondu clairement Etienne Leenhardt. Et d’aviser à peu près l’explication suivante. « Avant Poutine, François Hollande est allé voir Obama, pas question de remettre en cause l’amitié avec les USA, or Barak Obama lui a dit – une coalition unique avec la Russie, vous oubliez ça ! » Tout ce cirque donc pour se limiter à une simple coordination militaire qui existe déjà. En clair, sans prononcer les mots qui fâchent, ce que nous a expliqué hier soir Etienne Leenhardt, et que nous dirons avec nos mots à nous, c’est qu’avant de se rendre à Moscou, François Hollande, «proconsul américain de la « Francie », était allé dans la nouvelle Rome prendre les ordres de son Empereur. La coordination militaire, qui existait déjà depuis quelques jours ne nécessitait pas ni ne justifiait ce que la presse a nommé un « Marathon diplomatique ». Faut-il en conclure que l’initiative de François Hollande est un échec ? Non ! Probablement pas ! Si son objectif avait été d’aboutir réellement à une « coalition unique comprenant la Russie », alors on pourrait effectivement parler d’échec. Mais « la coalition unique » était-ce vraiment bien l’objectif ? Si s’avait été le cas, Hollande ne se serait pas rendu à Washington d’abord. S’agissant dès lors d’infléchir la politique des Etats-Unis, cela eut nécessité en tout premier lieu que la France fasse preuve d’audace et d’indépendance. On ne fait pas preuve d’audace ni d’indépendance lorsqu’on se rend d’abord près de son maitre pour prendre ses ordres et consignes. Le modus operandi choisi par François Hollande trahit donc ses véritables intentions. L’immixtion militaire de la Russie, nous l’avons déjà dit, a complètement rebattues les cartes du conflit Moyen-Oriental. Qu’a fait la Russie ? Elle a pris au mot, et de vitesse, les puissances occidentales. Celles-ci prétendaient que Daesh était devenu leur ennemi prioritaire, la personnification du « mal » et du danger terroriste planétaire, et qu’il fallait l’abattre. Et toutes disaient, avec regret, que pour bien faire il faudrait des troupes au sol, laissant entrevoir que celles, de la rébellion anti-Assad, qu’ils avaient suscité et entretenues jusque-là, n’avaient guère d’existence véritable. Alors Poutine a dit, il faut abattre Daesh ? Je m’en charge ! Des troupes au sol ? J’en ai ! C’est l’armée syrienne régulière. Pour venir à bout des terroristes en Syrie et en Irak, Bachar Al Assad est incontournable, il faut faire une grande coalition internationale comprenant l’Iran et la Syrie. L’approche était imparable. Comment condamner, à fortiori s’opposer à l’intervention de l’aviation Russe qui allait s’en prendre à l’ennemi qu’ils avaient eux-mêmes désigné ? Mais il y avait en vérité, bien qu’inavouable, un terrible motif de désaccord pour la troïka impérialiste. Soutenue par la couverture aérienne de la Russie, l’armée régulière syrienne allait sans nul doute chasser Daesh et la rébellion armée de Syrie, elle allait restaurer l’intégrité territoriale de la Syrie sous l’autorité de son gouvernement légal. Cette victoire-là contre Deash serait surtout une cuisante défaite pour l’opération occidentale de déstabilisation de la Syrie. Il fallait « revenir dans le jeu », mais comment et comment le justifier, afin de ne pas rendre au gouvernement légal syrien les « territoires libérés par Daesh et ses semblables ». Alors, comme la Russie déploie une intense activité aérienne légale du point de vue des conventions internationales puisqu’à la demande du gouvernement syrien, il fallait bien faire profil bas pour qu’elle tolère une intervention française non légale celle-là, car non sollicitée par le gouvernement syrien ni couverte par une résolution de l’ONU. Sous couverture de la lutte prétendue commune contre Daesh, voilà donc à présent que la France, comme l’avait fait les Etats-Unis il y a quelques semaines, justifie « l’intensification de son aide aux troupes au sol » ; Oui, mais lesquelles. Oui mais il s’agit d’autre chose déjà que de la lutte commune contre Daesh, il s’agit de mettre quelques os indigestes dans le potage de l’autre coalition, celle de la Russie l’Iran la Syrie et le Hezbollah. Car lesdites troupes au sol, la rébellion syrienne modérée (rébellion modérée ?), va créer des points de fixation, ne voudra pas restituer à la Syrie légale les territoires repris à Daesh. C’est le but, c’est l’objectif véritable, non pas tellement venir à bout de Daesh mais préparer les conditions d’une poursuite de la guerre anti-Assad. Non Monsieur Sapir, la France n’a pas la moindre intention de changer quoique que ce soit à sa politique syrienne. Elle a seulement manœuvré en fonction de la nouvelle problématique crée per l’intervention russe, afin de poursuivre, dans un contexte nouveau, sa même politique pour les mêmes objectifs. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Vendredi 27 novembre 2015.

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