SARKOZY, MASSERET, MELENCHON, LA VOIE DES SANS VOIX DÉCERNE DES SATISFECITS

SARKOZY, MASSERET, MELENCHON,LA VOIE DES SANS VOIX DÉCERNE DES SATISFÉCITS 1 – A Nicolas Sarkozy : Cela bien sûr vous étonne venant de nous. N’avons-nous pas dans le passé, maintes fois agoni l’ancien Président de noms d’oiseaux ? Une seule fois récemment, nous eûmes l’occasion de lui donner raison. C’était pour les mêmes raisons, et l’avons dit alors haut et fort. Nous persistons ici dans notre principe de dire de quiconque qu’il a raison lorsque c’est le cas, qu’elles que puisses être par ailleurs nos prévenances à son endroit. Le positionnement tactique de Nicolas Sarkozy pour le second tour des élections régionales, nous donne l’occasion de lui décerner un véritable satisfécit. Il ne comprend pas vite Sarko, encore faut-il lui expliquer longtemps. Il a compris enfin que « la confusion des genres » comme l’avait nommé Raymond Barre en son temps, et la pire des choses qui pouvait advenir aux institutions de la 5ème république, et qu’elle nourrissait le Front National. Alors il la refuse, et le déchainement médiatique anti-FN n’est pas de nature à le faire changer d’avis. Aussi, nous qui d’un tout autre point de vue politique, avons plaidé depuis toujours pour la séparation d’une véritable opposition de gauche ouvrière d’avec le « PSocial-libéral » et « la gauche » qui est le moyen d’asservissement de l’un à l’autre ; Nous qui avons depuis fort longtemps expliqué que la proximité des politiques des deux partis de l’alternance était le terreau nourricier du FN, comment pourrions-nous, sauf à manquer d’honnêteté intellectuelle, ne pas approuver le positionnement de Nicolas Sarkozy sur ce point à la seule raison que c’est la position de « Sarko » ? Nous approuvons et approuverons, tout ce qui va dans le sens de la clarification et de la différenciation politique. Bon ! Sarkozy a encore quelques pas à faire. La différenciation droite/gauche qu’il prône, n’est à l’heure actuelle que tactique. Il ne veut pas que les électeurs puissent dire, à l’instar de Marine Le Pen, que la droite et la gauche c’est pareil. Mais l’idée ne lui est pas encore venu que pour être vraiment réelle et vraiment perçu par les électeurs, cette différenciation ne devait pas être que formelle et tactique, qu’elle devait aussi et surtout sous-tendre de véritables différences politiques. Or ça bien sûr est loin encore d’être acquis et pour tout dire ne le sera jamais puisque c’est l’essence même de l’alternance d’assurer la continuité politique en ne donnant que l’illusion du changement. 2 – Jean-Pierre Masseret : Tête de liste, « et de cochon », dans la région « du grand Est » a refusé de déserter en rase campagne comme l’y pressait la direction du PS. Lui non plus ne veut pas de cette confusion des genres que prônent régulièrement l’équipe gouvernementale qui s’empare de chaque occasion pour promouvoir « l’Union nationale » et le « Front républicain » Imaginez un peu, le PS sans aucun élu pendant six ans dans trois grandes régions Françaises ! Imaginez le désastre de ce soir sur le décompte des voix socialistes dans le pays ! Et pour quel résultats du point de vue de l’intention annoncée de « faire barrage au FN » ? Probablement aucun, nous l’avons pronostiqué dans notre précédent article : « Le deuxième tour confirmera le premier », et si nous avions tort ce soir, cela peut arriver, la terrible démoralisation que cela suppose du point de vue de l’électorat socialiste et de gauche n’aura-t-elle pas des conséquences pires encore lors de prochaines échéances ? Alors oui, et bien que le positionnement soit là encore limité à des considérations tactiques, nous disons bravo à Jean-Pierre Masseret et lui accordons un satisfécit. 3 – Jean-Luc Mélenchon : C’est avec cet homme et le « Parti de gauche » que nous avons les plus grandes proximités. Cela ne nous a pas empêché, au contraire, de le réprimander maintes fois dans le passé, et vous pouvez revenir en arrière et relire tous nos articles à ce sujet, vous le constaterez, nos désaccords et récriminations à l’égard de Jean-Luc Mélenchon ont toujours étaient fondé sur ce même thème de la nécessité de la clarification et des barrières politiques. Nous avons toujours reproché à Jean-Luc Mélenchon toute attitude qui sous couvert d’unité de la gauche confortait « la confusion des genres ». Alors vous n’aurez pas de peine à imaginer notre grande satisfaction quand Jean-Luc Mélenchon déclare « « En Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, où il n’existe plus de vote de gauche possible, je me garderai bien de donner des consignes. Plutôt la droite que le FN ? A condition qu’il y ait une différence ! Ce n’est pas à nous de la proclamer ».». Ouf ! ENFIN ! Il avait fait des pas ces dernières années dans le sens de la clarification et de la séparation des genres, en militant lors de plusieurs scrutins précédents contre toute alliance électorale avec le PS. Il vient là de faire un nouveau pas décisif. Le distinguo entre « droite républicaine et FN étant le fondement sur lequel le PS justifie, au nom de « la peur du loup » l’appel « au front républicain », c’est-à-dire au vote de droite. Or, Jean-Luc Mélenchon dit : « que la différence est imperceptible ou inexistante, qu’en tout cas elle lui échappe » et ne justifie pas qu’il choisisse entre un et l’autre », il dit en vérité que la peur du loup ne saurai justifier de se jeter dans la gueule des « hyènes ». Il casse l’argumentaire et ouvre ainsi de nouveaux possibles à une différenciation politique fondamentale. Nous saluons ce progrès de l’analyse « mélenchonienne », d’autres sont nécessaires, et accordons à son auteur notre troisième satisfecit, le plus important à notre sens. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr. Dimanche 13 décembre 2015.

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