LE DÉGOÛT ET LA COLÈRE NE DOIVENT PAS ANNIHILER LA RAISON. (A Jean-Pierre)(Republié*) J’ai trouvé ce texte sur la page « Facebook » de mon ami Jean-Pierre, qui a suscité ma réaction émotive, mais aussi la réponse raisonnée qui suit. Afin que le lecteur soit tout à fait édifié, je publie ici d’abord le texte de Jean-Pierre et mon commentaire à la suite. * 24 janvier, 19:39 · (Page Facebook de Jean-Pierre) :« La gauche, en tant qu’avant-garde de la droite, est le laboratoire de recherche du Capital qui permet de donner une auréole d’humanitude à ce qui est le plus dévastateur. La gauche, représentante du progrès de la raison mercantile, est le meilleur serviteur du melting-pot mondialiste qui aspire à créer cet homme hors-sol, hébété, nomade et vagabond qui n’a plus pour seul repère que les grandes surfaces de la possession, là où l’existence se mesure exclusivement à l’aune des calculs du fétichisme marchand, de l’errance narcissique et du coloriage stupide de la vie fausse. La gauche trace pour la droite les chemins les plus novateurs de la socialisation aliénatoire et aujourd’hui, dans la fusion idolâtre de l’économie et de la politique, les mafias de gauche et de droite ont fini par professionnellement se fondre et se confondre dans un magma excrémentiel fraternel tout entier soumis aux impératifs du mondialisme de la marchandise.Il y a bien longtemps que les États Européens laminés de l’intérieur sont devenus de simples provinces des USA.Le fonctionnement de la dialectique de la marchandisation cosmopolite a ainsi fait de nous des américains. Il est donc normal que notre misérable sur-vie sans qualité ressemble de plus en plus au temps si misérable des USA, de son abêtissement, de ses mangeoires industrielles, de la drogue, de ses mafias, de son urbanisme ghettoïque et de son insipide multi-culture foncièrement multi-conflictuelle.Tous les projets de nouvelle croissance, de nouvelle économie, de nouvelle politique, et de nouvelle démocratie renvoient par-delà leurs rêves, leurs ambitions, leurs ignorances et leurs peurs à cette vieille permanence irréaliste de l’idéologie du « moindre mal » qui en nous offrant de sur-vivre autrement dans le monde du marché du travail, nous condamne finalement à un voyage sans fin au bout de cette sinistre nuit où l’on ne trouve que l’exploitation et la domination.La seule perspective humaine consiste à liquider les lois de l’économie sur la vie de l’être. Les êtres humains n’ont rien à se réapproprier de cette merde qui sacralise la domination des objets sur les hommes.Le pire du capitalisme, ce ne sont pas les vraies nuisances de ses excès, ce sont les supposés bienfaits de sa marche paisible qui réduit les êtres dés-humanisés à n’être que de simples spectateurs figés par l’économie narcissique de l’acquérir. Le vrai désir humain ne peut s’opposer à l’économie politique que sur le terrain révolutionnaire de l’anti-économie et de l’anti-politique. » Commentaire de Patrick S : LE DÉGOÛT ET LA COLÈRE NE DOIVENT PAS ANNIHILER LA RAISON.A Jean-Pierre.Bon, ça y est, j’ai pris le temps de lire.Je ne sais qui a écrit ce texte, est-ce toi Jean-Pierre ? Il va droit dans mon cerveau, on eut dit autrefois droit au cœur, exciter les zones sensibles de l’émotion.Quelle insondable colère, quelle immense indignation, de quelle terrible nausée cela témoigne, provoquées par ces gens « du système », roue droite et gauche de la même charrette.Je partage ton ire. Oui, il faut se débarrasser au plus vite de ces gens-là et du système qu’ils servent.Mais la réponse proposée, « anti-économie, anti-politique », si elle prolonge le dégoût du « cri » qui précède, est totalement inadaptée. Elle n’est en vérité que résignation et démission.L’économie qui domine l’homme est certes nuisible, mais il n’y a pas d’humanité sans « économie ». Le propos ne saurait-être « l’anti-économie », ce doit-être la réappropriation de l’économie par l’homme, l’économie au service de l’humain. Quant à l’anti-politique » c’est tout aussi inopérant, c’est de la démission, c’est de la désertion. Il faut s’emparer des leviers de commande politique, ou plus exactement détruire les leurs pour en créer d’autres au service de la politique et de l’économie dominée que l’on veut. Pour cela il faut un outil, un parti politique, porteur de ce projet.Le système politique, censé assurer la pérennité de la domination mercantile du capitalisme, est fondé sur le bipartisme et l’alternance. Il opère comme un piège à mâchoires sur le prétendu fonctionnement démocratique des institutions. Pour avoir la chance de rassembler un parti vraiment alternatif il faut d’abord échapper à ce piège réducteur de la vie politique.C’est pourquoi la première des choses dans les semaines et mois avenir, est de combattre l’idée même « des primaires », de droite et de gauche, car elles ne sont qu’un stratagème pour boucler définitivement « le bipartisme » à la française, et faire taire en les assimilant toute velléité de contestation.Il existe à la gauche du PS et dans certains partis et groupes périphériques, un mouvement qui milite pour « des primaires de toute la gauche ». Celui-ci, sous prétexte peut-être de contester le leadership de la troïka « Hollande, Valls, Macron » va au-devant du pire danger. Mâche le travail des stratèges politiciens qui depuis plusieurs années déjà rêvent d’aboutir à un pareil bouclage de l’expression politique. Sous prétexte de « Démocratie », ils œuvrent à tuer les derniers espaces d’expression démocratique. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Dimanche 31 janvier 2016.*Cet article qui avait disparu des écrans le 22 février à la suite d’une manipulation malencontreuse de notre hébergeur a été republié le 23 février.
