TRÊVE EN SYRIE : LES INTENTIONS CACHÉES DE LA DIPLOMATIE US

TRÊVE EN SYRIE : LES INTENTIONS CACHÉES DE LA DIPLOMATIE US Nous avions décryptées le 21 février, dans les lamentations captieuses de John Kerry à propos du risque de « disparition de la Syrie », les intentions dissimulées de la diplomatie US, dans sa conduite actuelle du dossier syrien. Nous en rendions compte de la sorte dans notre article « KERRY OU LA MAUVAISE FOI CRIMINELLE »: « Les paroles obséquieuses de John Kerry ne sont donc pas les paroles de regrets d’un homme soucieux de la sauvegarde de l’Etat et de’ l’intégrité territoriale de la Syrie. Ce sont en vérité des menaces à peine voilé, un odieux chantage : « Faisons la paix, propose-t-il, sur les bases de la situation présente, faisons la paix pour éviter que vous n’infligiez une défaite totale à vos ennemis nos amis, dépeçons la Syrie, chacun sa part, Bachar et ses amis Russes auront la leur, la Syrie « toujours » amputés de plus de 70 % de son territoire, mais la Syrie tout de même puisque vous y tenez tant. Et si vous ne voulez pas de ce partage, de ce compromis, alors la guerre se poursuivra et vous perdrez tout. Il n’y aura plus de Syrie du tout, nous et nos alliés la détruiront. Voilà la raison criminelle et dans quelle mesure John Kerry prétend craindre « la disparition pure et simple de la Syrie ». Eh bien, à l’approche de la trêve partielle convenue entre russe et américains pour le 26 février (hier soir), cette vérité mal cachée apparait de plus en plus clairement. J’ai entendu hier à plusieurs reprises, sur BFMTV le commentaire vénéneux et infiniment confus d’Ulysse Gosset qui expliquait que russes américains, « opposition modérée » et d’autres souhaitaient s’accorder dans la lutte contre « Daaecsh’ », mais que cela était impossible tant que Bachar El Assad était au pouvoir car c’était lui la racine du mal. Où l’on en revient à la thèse Fabius/ Yaalon selon laquelle Bachar c’est pire que Daech et qu’il y a donc lieu de préférer la victoire de Daech à celle de Bachar. Or, dire cela, n’est-ce pas convenir que la défaite de Bachar doit précéder, pour la rendre possible, celle de l’EI ? Il faut convaincre les russes de cela disait Ulysse Gosset. Depuis le début de l’intervention de l’aviation Russe en Syrie, à la demande du Président Assad, les occidentaux ont adapté leur discours. Nous l’avons expliqué précédemment, ils ne pouvaient pas ignorer la nouvelle donne que créait cette irruption de la Russie dans le conflit. L’ajustement tournait autour de la question du maintien ou non d’Assad au pouvoir en Syrie. Américains d’abord et français en trainant les pieds et maugréant, convinrent que la lutte contre Daesh était la priorité et que par voie de conséquence la chute d’Assad ne l’était plus. Mais nous avions averti, dès le début de « cette évolution » qu’il ne s’agissait que d’une précaution sémantique dans le discours diplomatique, que la politique syrienne des USA et de la France n’avaient en vérité pas varié. Les USA et la France ne conviennent de l’impossibilité d’ignorer la Russie dans le règlement du conflit syrien qu’en espérant monnayer cette reconnaissance contre le lâchage par celle-ci de Bachar Al Assad. C’est l’histoire du fou et de l’élastique qu’on racontait quand j’étais gosse. Au fond rien n’a changé, c’est toujours la même obstination dussent-ils à cette fin « rayer la Syrie de la carte du monde. » Ulysse Gosset c’est Ulysse Gosset, ce n’est ni Kerry ni Obama. Oui mais Ulysse Gosset c’est calé sur les thèses américaines et se fait le porte-parole et le traducteur des intentions réelles de l’administration américaine. Cela apparait clairement quand il affirme que, si Bachar reste et si donc la lutte coordonnée contre l’EI s’avère impossible, alors « la Syrie risque d’exploser ». Oui vous savez, la même menace, la même disparition de la Syrie que John Kerry disait craindre il y a quelques jours ? Propos dont nous avions dénoncé l’ignominie et le ridicule (voir plus haut) qui consistait à proposer une sorte de partition immédiate, c’est-à-dire « d’explosion » de la Syrie pour éviter qu’elle n’explose plus tard. L’argument, odieux en soi est un marqueur qui ne trompe pas de l’alignement sans états d’âme d’Ulysse Gosset sur la position américaine. Bon et avec ça on ne peut qu’aboutir à ce constat désespérant que « la trêve de ce jour qui n’est en vérité, ainsi replacée dans le contexte, qu’une arnaque diplomatique, n’a aucun lendemain ‘ce qui ne fait véritablement pas beaucoup. Car, on l’a compris, la vrai priorité des USA quoiqu’ils le disent différemment, n’est pas la lutte contre Daesh mais bien le renversement d’Assad. La Russie, l’Iran et le Régime Syrien n’ont aucun intérêt à patauger trop longtemps dans cet imbroglio diplomatique dont le seul effet immédiat recherché est d’entraver l’action militaire de la Russie et du régime légal syrien. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Samedi 27 février 2016.

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