MISE EN GARDE A L’ADRESSE DE MADAME EL-KHOMERI ET DE SES « COCHES »

MISE EN GARDE A L’ADRESSE DE MADAME EL-KHOMRI ET DE SES « COACHES » Madame Myriam El Khomri, Ministre du travail., qui avait été hospitalisée lundi est revenue hier, mardi, faire crânement son devoir 1 – SINCERITE ? Elle a fait une chute à son domicile mais c’est bien sur ses deux jambes qu’elle a descendu le perron de l’Élysée au-devant des journalistes et des caméras auxquels « femme debout » elle a fourni quelques explications ; « Elle a fait une chute qui a provoqué un malaise » ? C’est en général l’inverse qui se produit, c’est le malaise qui est parfois à l’origine d’une chute. Les chutes quant à elles provoquent plus généralement des hématomes des traumatismes ou des blessures. On le voit, Madame El Khomri voulait ce matin parler d’ouverture et de dialogue sur le ton de la sincérité. Mais en matière de sincérité c’était peut-être mal parti. 2 – LE DISCOURS ORIGINAL DU MAINATE Madame le Ministre insiste, ce qu’elle redoute le plus pour « son pays », c’est l’immobilisme. Ça ne vous rappelle rien ? Ce sont les paroles exactes de François Hollande la veille. Faut-il en déduire que le malaise de la veille a perturbé ses capacités cognitives à tel point qu’elle en est réduites à ânonner les paroles du maitre apprises par cœur ? 3 – SOLDAT EL-KHOMRI Ce qui nous laisse librement à penser que le malaise qu’a fait hier madame El-Khomri s’apparente à un terrible coup de « blues », et qu’elle a été, un temps au moins traversé par un terrible doute et l’idée de jeter l’éponge. Mais François l’a appelé personnellement et l’a mise devant ses responsabilités : « Je t’ai fait Ministre, c’est quelque chose ça ! Tu me dois un minimum de gratitude, ne pas me laisser tomber. Si tu flanches c’est le projet de loi travail que tu précipites dans ta chute. Sans compter que tu nous mets, moi et les deux Manuel, dans une mouise pas possible. Tu n’as pas le choix ma fille, tu as accepté la nomination, maintenant il te faut assumer, Tu vas revenir dès demain et faire bonne figure, tu ne seras pas toute seule, le gouvernement fera corps autour de toi. Etc. » Alors, petit soldat (Tient c’est le qualificatif que lui alloue aussi « lesechos.fr) elle est revenue 4 – AU PAS DE L’OIE François Hollande a dit : « la réforme doit être faite dans le dialogue et le respect » Et Manuel Valls (la Muleta) a dit : « il faut dépasser les clivages traditionnels » Et même Manuel Macron (Baderillas) tente de « déminer » le terrain comme l’écrivent Vincent Derosier et Ludovic Galtier dans le Site de RTL : « Le gouvernement ne considère pas que tout est intangible. Il faut mener un vrai débat démocratique de manière calme et dépassionné », « Le ministre de l’Environnement, Ségolène Royal et celui des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault notamment – Martèlent la même antienne, ils – ont jugé que la loi portée par le ministre du Travail, Myriam El Khomri, … , doit évoluer. » (RT En français) Myriam El Khomri joue la même partition. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Alors que l’avant-projet de loi travail avait été annoncé avec la menace du 59-3, toute l’équipe gouvernementale nous joue à présent « le chant des sirènes » du dialogue et du compromis. Ce dont il s’agit c’est de piéger la contestation montante dans la toile d’araignée gluante de la concertation, car accepter de discuter du projet c’est déjà en accepter le principe, ce serait déjà une demi victoire pour le gouvernement car cela signifierait l’abandon de l’exigence de son retrait pur et simple, et la reconnaissance de la nécessité d’une telle réforme. Ce serait surtout, dans tous les cas, le moyen de faire douter la montée en puissance de la contestation et d’en diviser le front. 5 – LES LEÇONS DU PASSE Madame El-Khomri a fait une allusion « claire « A ceux qui restèrent droits dans leurs bottes pour en arriver on a vu à quoi ». C’est de 95 qu’elle veut parler, du « plan Juppé » et de la conduite « raidasse » de celui-ci alors premier Ministre de Jacques Chirac. Conduite qui contribua à la montée en force de la grande grève de 1995. Or cette évocation est tout à fait intéressante car fort à propos en effet. Afin de limiter, et pensait-il même, contenir la réaction des salariés et des syndicats, Alain Juppé avait œuvré en amont en s’assurant la complicité de Nicole Notat alors secrétaire Générale de la CFDT qui trouva « des points positifs dans le plan Juppé ». Mais le 24 novembre, lors d’une manifestation géante place de la République à Paris, Nicole Notat fut reçue par les huées glaçantes et les quolibets d’une foule immense, puis un groupe de manifestants, j’en étai, l’expulsa de la manifestation. La grande Grève de 1995 poursuivit sa carrière et la CFDT, KO debout, marginalisée, ne put rien empêcher. Comme Juppé en 95, c’est leur carte, ils vont essayer bien entendu de diviser le front de la contestation qui monte. Voilà ce que signifient les prises de position multiples des membres du gouvernement tout à coup épris de dialogue. Que Madame El Khomri, ses coaches et les dirigeants syndicaux qui se vivraient comme une garde rapprochée du gouvernement et du patronat prennent garde, le contexte et la nature de la contestation sont aujourd’hui bien différents de ceux de 95. Le mouvement contestataire pourrait bien passer sur ceux qui voudront se mettre en travers de sa route. Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Jeudi 3 mars 2016.

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