LHORREUR DMOCRATIQUE (8).R

Lchelle des civilisations

Sous le mme titre gnrique, nous avions publi plusieurs articles, dnonant linstrumentalisation de la revendication dmocratique des peuples comme justification de lingrence imprialiste, en Cote dIvoire et dans le monde arabo-musulman.

Nous reprenons aujourdhui, le mme titre gnrique, pour dnoncer la ralit politique de nos socits occidentales autoproclames modles civilisationnels suprieurs .

Claude Guant, la voix off de son maitre, a dclar, non sans intentions lectoralistes, que toutes les civilisations ne se valent pas . Puis, devant le toll soulev par ses propos, il a fourni une explication de textes. Cest, entre autres, la dmocratie qui vaudrait nos civilisations occidentales, leur classement en haut de lchelle des civilisations.

LHORREUR DMOCRATIQUE (9).R

Le plus salaud de tous nest pas celui quon pense.

Les propos de Claude Guant sur lchelle des civilisations ont provoqu le toll mdiatique que lon sait, de nombreux responsables politiques de tous bords, de journalistes et dintellectuels, tous plus faux-cul les uns que les autres.

Car nest-ce pas prcisment au nom de cette supriorit de la civilisation dmocratique occidentale que les USA, le Royaume-Uni et la France et Isral, ont justifi leurs ingrences multiples en Afrique, dans le monde arabo musulman ? Et qui, qui de tous ces faux-culs a dnonc ces interventions imprialistes dissimules dans la burqa de la dmocratie ? Nous nen connaissons quun, Denis Brauman. Tous les autres se sont tus quand ils nont pas justifi ouvertement. Alors, alors, que reprochent-ils ceux-l Claude Guan. Non pas on le devine davoir nonc un principe quils partagent manifestement avec lui, mais davoir lev le voile sur la ralit, davoir dnude leur infamie.

LHORREUR DMOCRATIQUE (10).R

La grosse ficelle.

La dmocratie contre la barbarie prussienne ou contre le despotisme oriental russe. La ficelle est vieille comme limprialisme franais.
(Cet article juste commenc sera complt ultrieurement)

LHORREUR DMOCRATIQUE (11).R

Les tambours de la dictature.

Or, cette dmocratie exemplaire, qui signalerait le caractre suprieur de notre civilisation et en consacrerait luniversalit, quest-elle en ralit ?

La campagne lectorale franaise pour les prsidentielles de 2012, en donne une illustration fort difiante.
peine Nicolas Sarkozy avait-il fait lannonce officielle de sa candidature, que la machinerie mdiatique se mettait en marche. son service, il va sans dire. Mais aussi et surtout au service de la bipolarisation de la vie politique. Un assourdissant vacarme de tambours et de trompettes qui a pour finalit de focaliser lattention sur les deux candidats du systme et de marginaliser, voire dtouffer les voix de tous les autres. Ctait , la botte secrte de Nicolas Sarkozy, avec laquelle il comptait rebondir. La Bipolarisation, le vote utile , se rflexe grgaire de llectorat qui par effet de polarisation, comme cela se passe dans les phnomnes lectriques, ne devrait pas manquer de ramener lui le ple +, face Hollande le ple -, moins que a ne soit linverse, de nombreux lectrons gars.

Or qui est ce Sarkozy, ce dmagogue qui sautoproclame candidat du peuple ? On a dit cest le candidat des riches, cela est faux dune certaine manire. Ce nest pas le candidat de tous les riches, cest le candidat dune seule catgorie de riches, les trs riches, les plus riches, ceux du dessus du panier, les maitres du monde, les grands capitalistes financiers.

Mais pareillement, qui est ce Hollande son challenger , cet autre dmagogue qui a selon ses dires la finance pour seul adversaire ? Il est all lavouer devant la presse financire anglo-saxonne, un libral comme Sarko, lami des marchs et de la mondialisation. Imaginez que le monde de la finance internationale prenne au srieux ses rodomontades contre le capital financier et dcide de lui barrer la route de llyse, son chec ne ferait aucun doute en ce cas. Car pour accder la magistrature suprme en ce pays, il faut pralablement faire allgeance aux maitres vritables. Hollande cest fait adouber. Il est lui aussi, le candidat des grands capitalistes financiers.
Le capital financier a donc deux candidats ? Cela vous surprend ? Alors, il dresse un de ses candidats pour faire perde lautre ? Nest-ce pas absurde que de se battre soi-mme ? Il ne se bat nullement, cest au contraire le fin de fin, lassurance dtre toujours gagnant. Cest cela mme lalternance, cest cela mme le bipartisme et la bipolarisation de la vie politique, un bras droit et un bras gauche pour un mme pouvoir politique : la dictature du capital financier. Car, un systme politique o la mme couche sociale est toujours aux commandes, nest-ce pas une dictature, mme si on organise tous les quatre ou cinq ans, pour le fun une grande kermesse lectorale ?

La Grce. On a vu rcemment, comment dvoile, la dictature du capital a fait peu de cas des institutions dmocratiques de la Grce et de la souverainet prtendue de son peuple.

Cette dmocratie de faade nest en vrit que le mode de domination politique du capital financier. Pour le commun des mortels, lassociation des deux mots, dictature et dmocratie, dans la dsignation dune seule forme dexercice du pouvoir, parait antinomique. Pourtant, dans la ralit, tout pouvoir nest quune dictature dune partie dune socit sur lautre. La dmocratie occidentale moderne cest la dictature du capital financier. Libre vous de lappeler si vous y tenez dictature dmocratique du capital financier, pour marquer les traits dont elle se revt. Cela ne change rien au fond.

LHORREUR DMOCRATIQUE (7).R

ceux des visiteurs de La voie des sans voix qui voudraient voir dans notre approche des vnements qui secouent le monde arabo-musulman depuis dcembre 2010, les analyses dun mythomane ; ceux qui apprhenderaient nos analyses comme sujettes une vision policire de lHistoire , nous conseillons vivement la lecture du texte ci-dessous, qui nmane pas de nous . Ceux-l et les autres, tous les autres visiteurs, ne manqueront pas dy trouver confirmations de nos analyses, au-del de toute esprance, et de plusieurs des dductions que nous en oprons sur divers sujets, tellement claires et fortes quelles en sont troublantes.

Pourtant, il sagit dun extrait de CARNAGES Les guerres secrtes des grandes puissances en Afrique , un livre de Pierre Pan dit chez Fayard en octobre 2010, dont je viens tout juste dachever la lecture. Dans ce passage, Pierre Pan, nous livre une longue citation de : Le Lobby pro-isralien et la politique trangre amricaine - de John Mearsheimer et Stephen Walt publi en France par les ditions de la Dcouverte, 2007, livre que je nai pas lu moi-mme, dois-je confesser bien humblement.

Puis les deux auteurs rsument le plan de transformation du Moyen-Orient propos depuis la fin des annes 1990 par les no-cons * (crit Pierre Pan)

Le lobby pro-isralien joua par ailleurs un rle essentiel dans llaboration de la politique amricaine vis--vis de lIrak et de lIran, ainsi que dans les grands projets de ladministration Bush visant transformer le Moyen-Orient en une paisible oasis de dmocraties () : linvasion puis loccupation devaient rapidement transformer lIrak en une dmocratie qui ferait ensuite office de modle pour les populations des autres tats autoritaires de la rgion. Les rsultats atteints en Irak devraient alors dclencher une cascade de dominos dmocratiques, mme sil pouvait savrer ncessaire de recourir encore au glaive pour diffuser la dmocratie. (Soulign par nous. LVDSV). Une fois la dmocratie implante dans la rgion, les rgimes bien disposs vis--vis dIsral et des tats-Unis deviendraient la norme, le conflit isralo-palestinien serait, selon les termes mmes du rapport, transcend , les autres rivalits rgionales perdraient de leur intensit, et les problmes jumeaux du terrorisme et de la prolifration nuclaire tendraient rapidement disparatre. (John Mearsheimer et Stephen Walt)

La feuille de route des no-cons , reprise par Dick Cheney puis Georges Bush, sest bien inscrite dans la continuit des plans israliens, qui visent tous couper les arrires des Palestiniens ! (ajoute Pierre Pan)

Je vous ai donc laiss, chers visiteurs et visiteuses, quelques instants cette passionnante dcouverte, et je ne puis douter un seul instant que vous en ayez t surpris et mme troubls. Je suis convaincu que sous cet clairage, vous apprcierez diffremment lintervention militaire occidentale si mal lgitime par un vote du conseil de scurit de lONU. Je vous invite revenir, les jours prochains, sur notre site, pour lire plusieurs articles, autour de ce mme extrait, dans lesquels nous nous attacherons en souligner les similitudes avec nos analyses et les consquences que nous en avons dj dduites sur plusieurs sujets, tels que la question iranienne, ou le conflit isralo-palestinien.

P.S.

* Noconservateurs, courant politique dorigine amricaine apparu la fin du XXme sicle. Les no-cons ont inspir la politique des deux Bush. Voir Wikipdia.




5 avril 2011

LHORREUR DMOCRATIQUE (6).R

Revenons, une troisime fois encore, quelques instants CARNAGES Les guerres secrtes des grandes puissances en Afrique , le livre de Pierre Pan dit chez Fayard en octobre 2010. Le 22 avril dans LHORREUR DEMOCRATIQUE n 3. je vous ai dj propos le mme extrait dans lequel lauteur nous livre une longue citation de : Le Lobby pro-isralien et la politique trangre amricaine - de John Mearsheimer et Stephen Walt publi en France par les ditions de la Dcouverte, 2007, livre que je nai pas lu moi-mme, vous ai-je dj dit. Cest cette mme citation que je souhaite mattarder nouveau.

Puis les deux auteurs rsument le plan de transformation du Moyen-Orient propos depuis la fin des annes 1990 par les no-cons * (crit Pierre Pan)

Le lobby pro-isralien joua par ailleurs un rle essentiel dans llaboration de la politique amricaine vis--vis de lIrak et de lIran, ainsi que dans les grands projets de ladministration Bush visant transformer le Moyen-Orient en une paisible oasis de dmocraties () : linvasion puis loccupation devaient rapidement transformer lIrak en une dmocratie qui ferait ensuite office de modle pour les populations des autres tats autoritaires de la rgion. Les rsultats atteints en Irak devraient alors dclencher une cascade de dominos dmocratiques, mme sil pouvait savrer ncessaire de recourir encore au glaive pour diffuser la dmocratie. (Soulign par nous. LVDSV). Une fois la dmocratie implante dans la rgion, les rgimes bien disposs vis--vis dIsral et des tats-Unis deviendraient la norme, le conflit isralo-palestinien serait, selon les termes mmes du rapport, transcend , les autres rivalits rgionales perdraient de leur intensit, et les problmes jumeaux du terrorisme et de la prolifration nuclaire tendraient rapidement disparatre. (John Mearsheimer et Stephen Walt)

La feuille de route des no-cons , reprise par Dick Cheney puis Georges Bush, sest bien inscrite dans la continuit des plans israliens, qui visent tous couper les arrires des Palestiniens ! (ajoute Pierre Pan)

Je vous ai donc laiss, chers visiteurs et visiteuses, quelques instants cette passionnante dcouverte, et je ne puis douter un seul instant que vous en ayez t surpris et mme troubls. Je suis convaincu que sous cet clairage, vous apprcierez diffremment lintervention militaire occidentale si mal lgitime par un vote du conseil de scurit de lONU. Je vous invite revenir, les jours prochains, sur notre site, pour lire plusieurs articles, autour de ce mme extrait, dans lesquels nous nous attacherons en souligner les similitudes avec nos analyses et les consquences que nous en avons dj dduites sur plusieurs sujets, tels que la question iranienne, ou le conflit isralo-palestinien.

P.S.

* Noconservateurs, courant politique dorigine amricaine apparu la fin du XXme sicle. Les no-cons ont inspir la politique des deux Bush. Voir Wikipdia.



ABIDJAN : Les HLICOPTЀRES DE LHORREUR DMOCRATIQUE BOMBARDENT LE PALAIS PRESIDENTIEL.

En Libye, en Cte-dIvoire, Obama et ses chiens dattaque, Sarkozy et Camron, ont donc rsolut dadministrer la preuve que, comme sous nimporte laquelle de ses formes, et selon la clbre formule de Mao-Ts Toung le pouvoir dmocratique* est au bout du fusil .

* En loccurrence, celui de limprialisme.



5 avril 2O11

LHORREUR DMOCRATIQUE 5).

Comme nous lavions annonc, nous revenons, sous le mme titre gnrique, sur lextrait du livre de deux universitaires amricains, John Mearsheimer et Stephen Walt Le Lobby pro-isralien et la politique trangre amricaine , publi en France par les ditions de la Dcouverte, 2007, et cit par Pierre Pan dans CARNAGES Les guerres secrtes des grandes puissances en Afrique , dit lui chez Fayard en octobre 2010.

Le 16 mars, la veille du conseil de scurit de lONU qui devait dcider du recours la force en Libye, nous en avions soulign et comment cela : mme sil pouvait savrer ncessaire de recourir encore au glaive pour diffuser la dmocratie. Qui illustrait si bien, en quoi ce recours, justifi , dans le cas despce, par une situation spcifique, relevait en vrit de plans tablis de longue main. Nous en soulignerons et commenterons, pour cette deuxime reprise, un membre de phrase diffrent

Puis les deux auteurs rsument le plan de transformation du Moyen-Orient propos depuis la fin des annes 1990 par les no-cons * (crit Pierre Pan)

Le lobby pro-isralien joua par ailleurs un rle essentiel dans llaboration de la politique amricaine vis--vis de lIrak et de lIran, ainsi que dans les grands projets de ladministration Bush visant transformer le Moyen-Orient en une paisible oasis de dmocraties () : linvasion puis loccupation devaient rapidement transformer lIrak en une dmocratie qui ferait ensuite office de modle pour les populations des autres tats autoritaires de la rgion. Les rsultats atteints en Irak devraient alors dclencher une cascade de dominos dmocratiques (Soulign par nous. LVDSV). mme sil pouvait savrer ncessaire de recourir encore au glaive pour diffuser la dmocratie. Une fois la dmocratie implante dans la rgion, les rgimes bien disposs vis--vis dIsral et des tats-Unis deviendraient la norme, le conflit isralo-palestinien serait, selon les termes mmes du rapport, transcend , les autres rivalits rgionales perdraient de leur intensit, et les problmes jumeaux du terrorisme et de la prolifration nuclaire tendraient rapidement disparatre. (John Mearsheimer et Stephen Walt)

La feuille de route des no-cons , reprise par Dick Cheney puis Georges Bush, sest bien inscrite dans la continuit des plans israliens, qui visent tous couper les arrires des Palestiniens ! (ajoute Pierre Pan)

Certes, en ce qui concerne le modle dmocratique irakien, cens tre la rfrence, les plans ont quelque peu foir. Toutefois, si elle fonctionne sous la botte de loccupant, et nest pas un exemple bien attrayant pour ses voisins la dmocratie imprialiste irakiens, existe tout de mme, et le rgime baasiste, indpendant, de Sadam Hussein, soutien de la cause palestinienne, a bel et bien t ray de la carte et de lhistoire. La dmocratie de la dictature imprialiste na pas t de nature, entrainer par son exemplarit leffet dominos attendu. Le modus-operandi a d tre lgrement radapt la donne nouvelle. Les classes moyennes et jeunes intellectuels forms dans les universits occidentales, et relis par le Web ont t mis contribution, anims par des associations militantes, directement en relation avec des associations et ONG droitdelhommistes amricaines. Dans notre article Preuves en mains du 28 mars, nous nous faisons le relais dun article du Nouvel Observateur qui en tablit les preuves. Dautres moyens lectroniques, coutes, avions et satellites-espions, relevant de la guerre secrte ont trs vraisemblablement t mobiliss cette fin. Nous saurons sans nul doute cela un jour. Mais, malgr les zones dombre volontairement entretenues, il nest pas possible de ne pas voir, que ce qui cest produit dans le monde arabo-musulman depuis dcembre 2010, est exactement ce quoi font rfrence ds 2007, les deux auteurs amricains cits ci-dessus, et relve moins de laction spontane des peuples que de la mise excution des plans prtablis de limprialisme.

P.S.

* Noconservateurs, courant politique dorigine amricaine apparu la fin du XXme sicle. Les no-cons ont inspir la politique des deux Bush. Voir Wikipdia.




La rsolution du conseil de scurit de lONU, a t vote a larrache au prtexte de protger les populations civiles et dempcher lcrasement de linsurrection libyenne. Mais peine celle-ci obtenue, Hillary Clinton a dclar que lobjectif tait den finir avec Kadhafi. Elle annona ainsi, sans vergogne, lintention amricaine doutrepasser le mandat de la rsolution onusienne, affichant ouvertement le mpris hautain des maitres du monde pour cette institution dont ils se servent pour couvrir leurs crimes du vernis dune prtendue lgalit internationale .

Le 21 mars, Barak Obama en a rajout une couche en affirmant La position amricaine est claire, Kadhafi doit partir . Oui certes, cela est clair, mais outrepasse le mandat de la rsolution 1973.

Drles de militants de la dmocratie, ceux, dirigeants de pays trangers, qui interviennent avec des moyens militaires dmesurs pour imposer par la force un changement de gouvernement ou de rgime dans un pays qui nest pas le leur. Prendre ainsi le pouvoir par les armes, en langage courant a ne sappelle pas dmocratie , mais coup dtat procd encore plus ignoble lorsquil est foment avec laide ou par les armes de ltranger. Nous lavions annonc, la dmocratie occidentale, simple masque de la dictature imprialiste ne pouvait manquer de tourner la farce macabre. La voil, en cela, tout entire lhorreur dmocratique.

22 mars

16 mars 2011 (publi le 17)

LHORREUR DMOCRATIQUE - 3.

ceux des visiteurs de La voie des sans voix qui voudraient voir dans notre approche des vnements qui secouent le monde arabo-musulman depuis dcembre 2010, les analyses dun mythomane ; ceux qui apprhenderaient nos analyses comme sujettes une vision policire de lHistoire , nous conseillons vivement la lecture du texte ci-dessous, qui nmane pas de nous . Ceux-l et les autres, tous les autres visiteurs, ne manqueront pas dy trouver confirmations de nos analyses, au-del de toute esprance, et de plusieurs des dductions que nous en oprons sur divers sujets, tellement claires et fortes quelles en sont troublantes.

Pourtant, il sagit dun extrait de CARNAGES Les guerres secrtes des grandes puissances en Afrique , un livre de Pierre Pan dit chez Fayard en octobre 2010, dont je viens tout juste dachever la lecture. Dans ce passage, Pierre Pan, nous livre une longue citation de : Le Lobby pro-isralien et la politique trangre amricaine - de John Mearsheimer et Stephen Walt publi en France par les ditions de la Dcouverte, 2007, livre que je nai pas lu moi-mme, dois-je confesser bien humblement.

Puis les deux auteurs rsument le plan de transformation du Moyen-Orient propos depuis la fin des annes 1990 par les no-cons * (crit Pierre Pan)

Le lobby pro-isralien joua par ailleurs un rle essentiel dans llaboration de la politique amricaine vis--vis de lIrak et de lIran, ainsi que dans les grands projets de ladministration Bush visant transformer le Moyen-Orient en une paisible oasis de dmocraties () : linvasion puis loccupation devaient rapidement transformer lIrak en une dmocratie qui ferait ensuite office de modle pour les populations des autres tats autoritaires de la rgion. Les rsultats atteints en Irak devraient alors dclencher une cascade de dominos dmocratiques, mme sil pouvait savrer ncessaire de recourir encore au glaive pour diffuser la dmocratie. (Soulign par nous. LVDSV). Une fois la dmocratie implante dans la rgion, les rgimes bien disposs vis--vis dIsral et des tats-Unis deviendraient la norme, le conflit isralo-palestinien serait, selon les termes mmes du rapport, transcend , les autres rivalits rgionales perdraient de leur intensit, et les problmes jumeaux du terrorisme et de la prolifration nuclaire tendraient rapidement disparatre. (John Mearsheimer et Stephen Walt)

La feuille de route des no-cons , reprise par Dick Cheney puis Georges Bush, sest bien inscrite dans la continuit des plans israliens, qui visent tous couper les arrires des Palestiniens ! (ajoute Pierre Pan)

Je vous ai donc laiss, chers visiteurs et visiteuses, quelques instants cette passionnante dcouverte, et je ne puis douter un seul instant que vous en ayez t surpris et mme troubls. Je suis convaincu que sous cet clairage, vous apprcierez diffremment lintervention militaire occidentale si mal lgitime par un vote du conseil de scurit de lONU. Je vous invite revenir, les jours prochains, sur notre site, pour lire plusieurs articles, autour de ce mme extrait, dans lesquels nous nous attacherons en souligner les similitudes avec nos analyses et les consquences que nous en avons dj dduites sur plusieurs sujets, tels que la question iranienne, ou le conflit isralo-palestinien.

P.S.

* Noconservateurs, courant politique dorigine amricaine apparu la fin du XXme sicle. Les no-cons ont inspir la politique des deux Bush. Voir Wikipdia.


17 mars 2011

LHORREUR DMOCRATIQUE - 2.

Nous avons publi le 5 mars 2011 un article sous cet intitul. Certains dentre vous ont peut-tre trouv ce titre excessif ? Nous nous faisons forts de dvelopper et dillustrer notre propos, dans les jours venir, en publiant de courtes chroniques sous le mme entte gnrique.
Le Moyen-Orient arabe bouillonne des mobilisations dmocratiques des peuples. Certes, nous lavons dit ds lorigine, plus ou moins pilotes, plus ou moins manipules par les officines secrtes et la diplomatie de limprialisme amricain. Pour autant, laspiration des peuples de la zone concerne plus de dmocratie nen est pas moins relle ni moins lgitime. Cest linterfrence imprialiste qui la rend suspecte elle-mme et finira par la dcrdibiliser compltement.
Cest ainsi, en faisant de laspiration dmocratique loutil de sa propre domination, le justificatif de ses rapines manigances et agressions, en lgitimant du sceau dmocratique , la misre, la faim, les ingalits, toutes les calamits quengendre son systme de lhorreur conomique *,que limprialisme amricain est en train dnoncer la face du monde le nouveau concept de lhorreur dmocratique ?
Lillustration du jour nous vient de Cisjordanie. Elle nous est offerte par ltat dIsral : cet ilot de lumire dans un ocan dobscurantisme oriental, ce joyau de la civilisation des droits de lhomme, ce phare de la dmocratie occidentale brillant en terre dIslam depuis le rocher vol de Qod . L bas des Palestiniens sont mcontents parce que la colonisation isralienne se poursuit inexorablement. Couvert par lindiffrence, ou plus vrais encore, par la complicit, de la prtendue communaut internationale ltat ethnique juif , ce qui par dfinition devrait-tre considr comme une insulte au concept dmocratique lui-mme, poursuit son opration de squestration des terres et du pays palestiniens et lpuration ethnique, entreprise en 1947.
Alors bien entendu, il y a des tensions. Les Palestiniens lss sindignent. On le serait moins. Et parfois lindignation devient colre ou rvolte. Cinq colons israliens ont t tus. Des heurts ont eu lieux dans des villages de la rgion dItamar. Et quelle est la rponse du trs dmocratique petit protg de loncle Sam ? La rpression bien sr, brutale et excessive, mais la fuite en avant surtout, lauto justification cynique : notre vengeance sera de construire encore et encore a promis cette occasion Reuven Rivlin, prsident de la Knesset, le parlement isralien. Il devrait y avoir 1000 nouveaux logements pour chaque meurtre , a insist le ministre de lIntrieur, Eli Yishai. (Laurent Zecchini. Le Monde. 15 mars 2011)
Preuve encore que la dmocratie politique nest exclusive, ni de larbitraire, ni de linjustice, ni de la barbarie. Pire mme, quelle peut en tre la justification.
P.S.


5 mars 2011

LHORREUR DMOCRATIQUE

Les 14 points du prsident Woodrow Wilson taient domins par les ides de lautodtermination des peuples, et de non-ingrence. Ces principes qui prsidrent la politique extrieure des USA jusque dans les annes 70 nempchrent, bien entendu jamais, aucune ingrence des tats-Unis dAmrique dans les affaires de maints tats, du temps mme du prsident Wilson, mais ils constiturent une arme diplomatique redoutable pour dfaire les vieux empires coloniaux de la France et de lAngleterre. Cela par exemple encore, au temps du rglement de la question algrienne. Ce but atteint, ces beaux principes ds lors sans objet devenaient contre-productifs pour la politique imprialiste de lOncle Sam.lui mme. Il sen dfit sans tat dme et en adopta de tout autre, exactement inverses des prcdents. Le droit delhommisme , lurgence humanitaire , la dmocratie occidentale promue au rang de valeur universelle, devinrent les moyens de justifier, plus quun droit quils sarrogent, un devoir dingrence quils se font, dans les affaires intrieures de nimporte quel peuple ou tat de la plante. En vrit, par ces moyens, limprialisme yankee sest autoproclam puissance tutlaire de toutes les nations de la terre .
La dmocratie , entend-on dire, serait la condition pralable ncessaire du dveloppement . Par exemple, en y accdant les peuples tunisiens et gyptiens auraient-ils rsolu du mme coup, la question du dveloppement conomique donc la question sociale qui en dpend ; ils auraient fait ainsi lconomie dune vritable Rvolution sociale . Dautres nations arabes, peut-tre bientt, pourraient esprer aussi un avenir souriant pour peu quelles daignent sengager dans cette voie glorieuse . Or, il nest gure besoin de grandes connaissances en conomie politique pour subodorer que cela est non seulement faut, mais au demeurant, exactement linverse de la ralit historique fondamentale tout autant que de la ralit du moment.

1 - La ralit historique fondamentale. La misre, la dtresse sociale, ne sont pas, en tout cas pas seulement, les consquences du dveloppement conomique insuffisant, elles sont en tout premier lieu les produits des structures sociales et conomiques, nationales et internationales. Ce sont celles-l qui dterminent le partage injuste de la richesse, entre les nations, les classes sociales et les individus. Cest dailleurs, prcisment, cette injustice fondamentale que les dirigeants politiques, de droites comme de gauche, ont cur descamoter quand ils font porter la responsabilit de la misre sociale au seul dveloppement. Si les pauvres crvent de prcarit ou de faim, pas question en effet pour les riches de renoncer leurs millions, pas questions pour autant den rendre responsable le partage ingal de la richesse. Les pauvres nont qu travailler plus et produire davantage (a ne vous rappelle-t-y rien ?). Horreur suprme, cet horrible discours adoube une logique productiviste compltement anachronique laune des proccupations cologistes du moment.

2 - la ralit conjoncturelle. La Chine qui nest pas un tat dmocratique, au sens de la dmocratie occidentale, est pourtant celle qui connait actuellement le plus tonnant dveloppement conomique. Par contre, le pauprisme, la misre et lexclusion ne cessent de stendre et de faire des ravages dans le monde capitaliste occidental, chez les peuples des nations les plus riches et les plus puissantes de la terre, la France, lAngleterre, lAllemagne et les tats-Unis mme. Dans le contexte actuel o il produit du chmage massif, de la prcarit, de la rgression sociale, la dgradation massive des niveaux de vie des masses populaires de sa zone privilgie, on voit mal comment ce systme calamiteux pourrait assurer le bonheur et lavenir des peuples du monde arabo musulman ou dailleurs.

La dmocratie politique occidentale, qui au demeurant nest quune dmocratie de faade, un leurre pour les peuples, ne rsoudra, par elle-mme, ni les ingalits sociales, ni liniquit du partage des richesses intrieures, ni liniquit du partage des richesses entre les nations consquences des structures du march mondial et de la domination imprialiste. Pour commencer poser et rsoudre ces questions, ne faut-il pas plus quune transition dmocratique , de vritables rvolutions sociales et anti-imprialistes ? dfaut, lavnement de la dmocratie occidentale comme systme politique des nations serves, ne peut-tre quun nouveau maquillage de leur servitude et de celle de leurs peuples.

La dmocratie mise au service du rve mancipateur de la jeune nation des colons amricains voulant se librer de la tutelle de la couronne britannique, La dmocratie concept librateur du peuple franais sarrachant un millnaire dobscurantisme, tait une valeur apte enflammer toutes les esprances de toutes les nations de la terre ? Mais voil longtemps que son message progressiste sest consum aux feux de lhistoire. La dmocratie , systme politique des puissances imprialistes qui mirent la plante en coupe rgle, prcipitrent lhumanit dans les deux cataclysmes des guerres mondiales, qui se rendirent coupables dune multitude de crimes contre lhumanit durant la guerre froide (promotion et soutien de toutes les dictatures du monde, guerre de Core, dIndochine, dAlgrie, du Vietnam, etc.) et depuis (Guerre du Golfe, Guerres africaines de la rgion des Grands Lacs, Guerre contre lIrak), a perdu de sa superbe et de sa valeur messianique. Comment pourrait-elle prtendre luniversalit ?

Ce nest point tant en vrit, au nom de lmancipation des peuples arabo musulmans que la dmocratie est devenue ces dernires semaines, la vedette de lactualit, mais comme outil de domination imprialiste et instrument moderne dasservissement des nations. Avec les mobilisations massives des peuples, tunisien et gyptien, le complot et la manipulation imprialiste restrent indirects, il sagissait dinstrumentaliser son profit des mouvements populaires incontestables. Avec les vnements libyens, nous sommes entrs, sous ltendard de la dmocratie , dans une phase dagression directe, contre une nation arabe.

Mais en faisant du concept dmocratique loutil de sa propre domination, le justificatif de ses rapines manigances et agressions, limprialisme amricain nest-il pas en train de scier la branche du seul principe moral sur lequel il stait assis ? En lgitimant du sceau dmocratique , la misre, la faim, les ingalits, toutes les calamits quengendre le systme capitaliste de lhorreur conomique *, limprialisme amricain nest-il pas en train dnoncer la face du monde un concept nouveau, celui de lhorreur dmocratique ?

P.S.

* Titre dun livre dj ancien de Viviane Forrester.



LA DEMOCRATIE (article inachev)

Lactualit dans le monde arabo-musulman veut que la Dmocratie , avec un grand D , soit au centre des proccupations de la diplomatie internationale et fasse la Une des grands mdias du monde entier. Cest justement, dans son numro du que la revue Philosophie magazine a choisit de publier une enqute intitule : Le peuple a-t-il perdu le pouvoir , laquelle, se fondant sur un sondage spcifique indique que selon le ressentie de la population, la dmocratie a recule ces dernires annes. Larticle du journal, sous la plume de propose des remdes*

Cest dire que la dmocratie y est envisage comme un systme politique de reprsentation de toute la socit, imparfait certes et pour cause mais perfectible, en fonction des poques et des moyens.

Cette enqute qui a le mrite de mettre en lumire le ressentie des citoyens lgard de notre systme politique, pche toutefois par trois
1) Lide du mandat, alors mme que lvolution politique des dernires dcennies, a mancip le politique de tout engagement sur un quelconque mandat ou programme

2) Le prssupose quil y a une socit, une et indivisible, qui par del les particularits et diffrences catgorielles a des intrts communs quil convient de grer au mieux. Mais la ralit veut que la socit est divise en classes sociales qui ont des intrts contradictoires et inconciliables. Un seul exemple ; les charges sociales des entreprises :

Si bien que le gouvernement de nos socit ne peut-tre le gouvernement de tous, mais celui dune classe ou de lautre pour la dfense de ses intrts particuliers au dpends de lautre. Ce qui est dmocratie pour la classe dtentrice des pouvoirs rels, est en vrit dictature pour la classe qui en est carte. La dmocratie pure ou avec un grand D , nexiste donc pas, toute dmocratie nest en vrit que la dictature dmocratique de telle ou telle classe sociale. La cinquime rpublique franaise est ainsi la dictature dmocratique de loligarchie financire.
3


Le philosophe .. qualifie lui, notre dmocratie moderne de ..




Vendredi 28 juillet 2011

RFLXIONS THORIQUES PROPOS DE LA DMOCRATIE ?

Nous voil rendus au creux de la saison estivale. Cest pour les partis, courants, associations, le temps des Universits dt . On sort la tte du guidon. La vie, laction politique au jour le jour, on prend du recul, le temps de la rflexion, on mdite le nez dans les toiles, on revient aux fondamentaux Ouf ! Un peu de thorie.

Cest sur lcueil de la dmocratie , que la deuxime internationale socialiste, cest fracass. Les illusions engendres par les pratiques de la dmocratie parlementaire avaient donn naissance au courant social-dmocrate qui prtendait, de lintrieur et de manire indolore, transformer force de rformes, le systme capitaliste. Sa mprise la conduisit une faillite honteuse face la guerre imprialiste. Mais un autre courant tait n depuis les origines du sicle. Il avait pris corps dans le Parti ouvrier social dmocrate de Russie (POSDR). Ce courant, prdominant, bolchevik en Russe signifie tout simplement majoritaire, donna naissance, la fin de la guerre, sous limpulsion de la Rvolution, au Mouvement communiste international .
Un long dbat avait prcd. Amorc ds 1903 lors du 2me congrs du POSDR, qui opposait les bolcheviks aux menchviks (= minoritaires). Les uns et les autres taient convaincus que la Russie dalors tait grosse dune rvolution. Mais, tandis que les menchviks voulaient attendre en quelque sorte que lhistoire ponde son fruit comme une grossesse vient terme, les bolcheviks emmens par Lnine , pensaient eux que la rvolution dmocratique bourgeoise russe , car cest ainsi quils la caractrisaient alors, ne pouvait parvenir son terme que tire par son aile marchante, la classe ouvrire associe la paysannerie laborieuse.et quil fallait lexpression politique de celles-ci, un parti actif et dtermin. Cette position des bolcheviks ntait pas une vue de lesprit, elle ne tombait pas du ciel, elle se fondait sur lexprience historique dont ils disposaient. Elle avait deux piliers : dune part ltude attentive de la Rvolution franaise (1789/1795) et de la Commune de Paris (1871), dautre part lvolution imprialiste que Vladimir Illitch Oulianov, dit Lnine, avait caractrise comme le stade suprme du capitalisme . Le courant majoritaire du POSDR (bolchevik) avait analys la tendance au compromis historique qui anime la bourgeoisie dans toutes les rvolutions. Il savait que dans les nouvelles conditions historiques qui taient celles de limprialisme, cette tendance au compromis, exacerb par la terreur de la rvolution ouvrire, rendrait la bourgeoisie Russe encore plus pusillanime et donc plus inapte conduire elle-mme son terme sa propre rvolution dmocratique. De ces circonstances Lon Trotski dduisit lui une consquence thorique ultime. Il conclut limpossibilit de ralisation dune rvolution dmocratique bourgeoise dans les conditions de limprialisme. Cest ce constat qui est connu dans lhistoire de la pense marxiste comme la thorie de la rvolution permanente . Cela signifiait tout simplement que toute rvolution commence, si elle voulait vaincre, ne devait pas se cantonner, au risque dune cuisante dfaite, aux revendications dmocratiques bourgeoises, mais poursuivre sur sa lance jusqu ses consquences (ultimes), la transformation socialiste..

Revenu en Russie en mai 1917, Trotski rallia les bolcheviks et donc dune certaine manire les thses lninistes. Pourtant, en vrit, avec le discours de Vladimir Illitch Oulianov (Lnine) le 3 avril 1917, lors de son arrive la gare de Finlande Saint-Ptersbourg, connu sous le nom de thse davril , cest en vrit celui-ci qui stait rapproch du point de vue de Trotski. La rvolution de fvrier avait eu lieu et donn naissance au gouvernement provisoire de Krensky. Mais l'vidence, la rvolution russe courait sa perte si elle se vivait comme rvolution dmocratique, son salut tait dans la rvolution socialiste. La vie, la ralit historique venaient donner tout son sens lillumination thorique de Lon Bronstein.dit Trotski.
Et de fait, aucune des rvolutions, des luttes nationales ou anticoloniales qui suivirent : Hongrie, 1919, Allemagne 1918 1923, Chine I927, Espagne 1935, Chine encore 1949, Core 1953, gypte 1954, Vietnam 1954, Cuba 1959,. Algrie 1962, Vietnam 1975, Libye 1969, Nicaragua 1979, (la liste nest pas exhaustive ) ne donnrent naissance une rvolution dmocratique bourgeoise. Celles qui ne prirent pas le chemin du socialisme, se conclure la plus part du temps par une raction sauvage et des dictatures brutales et sanglantes.

Comment donc et par quelle vertu ou miracle de lhistoire la rvolution dmocratique bourgeoise dont les conditions objectives ont disparu depuis belle lurette, serait-elle redevenue possible ? Mieux mme, lordre du jour dans lesdites rvolutions arabes ?
Certains aventureront que les rvolutions arabes de lhiver 2010 /2011, comme leurs inspiratrices les rvolutions antisovitiques du bloc de lest, ne sont pas en effet des rvolutions dmocratiques bourgeoises, mais des rvolutions dmocratiques tout court . La dmocratie aujourdhui ntant plus une aspiration spcifiquement bourgeoise, mais celle de tout le peuple. Voil lnerie quil ne fallait prcisment pas dire. Ceux qui la risque sont ceux qui ont oubli, ou nont jamais su, ou ne veulent pas savoir et pour cause, que la socit tait divise en classes. Que tout pouvoir politique, quelle quen soit la nature et la forme (monarchie, monarchie constitutionnelle, dmocratie parlementaire, thocratie ou dictature militaire ou autre) est lmanation de lune de ces classes et linstrument de sa domination. La question nest pas celle des aspirations . Bien entendu chacun prfre une socit de libre expression qui garantit les liberts individuelles. La question est celle de lexercice du pouvoir politique rel. En ltat actuel des choses, dans le cadre de lconomie de march, la dmocratie ne peut-tre que bourgeoise. Dans le cas de remise en cause de lordre social tabli, elle pourrait tre ouvrire ou socialiste. Mais la dmocratie tout court cela nexiste pas, cela ne veut rien dire.

Lautre argument que ses contradicteurs croient imparable dcoule de leffondrement du bloc de lEst et du discrdit qui a mis know out lide mme de lmancipation socialiste de lhumanit. Les rvolutions prcdentes commenaient comme des rvolutions dmocratiques et finissaient souvent comme des rvolutions socialistes ? Mais Lesprance socialiste tant hors jeu, il redeviendrait possible de faire nouveau des rvolutions seulement dmocratiques, sans sexposer lhypothque de leur transcendance socialiste. Le malheur pour cette thse, cest que limpossibilit avre, historique, des rvolutions dmocratiques bourgeoises, tenait moins lhypothque socialiste quaux conditions conomiques et politiques dcoulant de la domination imprialiste des grandes puissances ? A lpoque de limpossibilit avre de la rvolution dmocratique bourgeoise en Russie, la rvolution doctobre navait pas eu lieu. Limpossibilit de la rvolution dmocratique (dcoulait) des conditions de limprialisme et non du risque de rvolution ouvrire auquel personne ne croyait parmi les cercles dirigeants. Cest au contraire, la rvolution socialiste qui tait induite et commande par cette incapacit de la rvolution dmocratique rgler les problmes du moment..

Voil lclairage thorique la lumire duquel il convient de rexaminer la question des rvolutions arabes de lhiver pass. Si elles ne sont ni ouvrires ni socialistes ni dmocratiques tout court , alors, sont-elles pour le moins bourgeoises ? . Non, pas le moins du monde, les conditions objectives qui scellaient limpossibilit pour les bourgeoisies nationales de mener bien une rvolution nont pas disparu, au contraire, elles ce sont accrues avec lintgration mondialiste, linterdpendance accrue des conomies, qui rendent la chose plus impossible que jamais. Dailleurs, en faut-il une illustration ? Nest-ce pas par lintercession de limprialisme amricain que Ben-Ali et Moubarak ont consenti seffacer et que certains cercles militaires et du pouvoir politique ont assur la transition ? Mme ces pseudo rvolutions, en vrit de simples transitions politiques pilotes de haute main, les bourgeoisies indignes sont incapables de les mener seules leur terme.
Les rvolutions gyptiennes et tunisiennes ne sont donc pas des rvolutions dmocratiques bourgeoises. Les bourgeoisies tunisiennes et gyptiennes nont pas pris le pouvoir en leur nom, elles se sont places sous la tutelle directe de limprialisme amricain. La dmocratie strictement formelle laquelle elles se rfrent nest en vrit que la forme politique que prend ce jour la tutelle imprialiste. Cest cette condition que lon voit surgir des poubelles de lhistoire des tres politiques qui ne sont que des ectoplasmes. Loin de lannuler, cela confirme, pire, renouvelle on ne peut plus et mieux le constat datant du dbut du vingtime sicle selon lequel lre des rvolutions dmocratiques bourgeoises tait rvolue. Les prtendues nouvelles dmocraties arabes sont des longes au bout desquelles limprialisme attache les nations serves dans son prcarr.