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  • Quand la bêtise l’emporte sur la raison (Encore à propos des soignants suspendus)

    QUAND LA BÊTISE L'EMPORTE SUR LA RAISON

    (Encore à propos des soignants suspendus)
    J

    ’ai publié (8/12/2022) un article « Soignants suspendus – La juste convergences LFI/RN. », dont je savais bien sûr qu’il ne serait pas consensuel. De nombreux relais amicaux l’ont partagé. Il a d’ores et déjà probablement été lu par des milliers de lecteurs et ensemencera bien au-delà des apanages de la bêtise.



    La bêtise ?
    Comme de bien entendu j’ai eu quelques réactions. Surtout des gens « de gauche », coincés dans ces certitudes dogmatiques qui piègent leur intelligence. Ils s’indignent que l’on puisse justifier une convergence « extrême droite/gauche »

    C’est à pleurer. Ils s’inquiètent que le RN puisse instrumentaliser une victoire à l’Assemblée pour valider son statut revendiqué de « seule vraie opposition ». Une victoire ? mais si tel est le cas n’est-elle pas souhaitable pour le sort « des suspendus », et n’est-ce-ce pas là l’essentiel ?

    Il faut faire peu de cas de la douloureuse question des personnels suspendus pour s’inquiéter des petites manigances tactiques et sous-entendus, et préférer la défaite du RN à sa victoire pour « les suspendus. Cette manière d’appréhender les choses est d’autant plus mesquine qu’une « victoire » ne serait pas celle exclusive du R.N. mais bien aussi celle de « L.F.I. » voire celle de la N.U.P.E.S. qui en aurait fort besoin pour redorer son blason.

    C’est à pleurer de tant de bêtise. Ils se soucient que le RN par « cette manœuvre » veuille créer la division dans la N.U.P.E.S. Qu’elle Nupes ? Ce conglomérat électoraliste sans aucune cohésion idéologique ni politique. Il n’y a vraiment pas besoin des Marine pour diviser la N.U.P.E.S. Fabien et Olivier y pourvoient largement.

    C’est à pleurer d’indignation. Ils en viennent même à douter, et à oser formuler clairement, que la question des soignants suspendus est en définitive d’une importance insuffisante pour justifier une telle convergence occasionnelle des élus LFI et RN. L’énoncée de cette prévenance, qui est leur, suffit à les discréditer. Je me garderais sur cet aspect particulier de faire le moindre commentaire, je serai nécessairement blessant.

    Il est à pleurer le spectacle de tant de mauvaise foi. Ils s’étonnent que le RN qui se veut « Premier parti d’opposition » ait attendu six mois pour déposer cette loi. Mais ne s’étonnent point que LFI qui lui conteste se titre et se l’attribue à elle-même ait attendu tout autant ? Si la mauvaise foi ne les avait pas aveuglés ils eussent su que les groupes parlementaires n'ont l’heur de proposer eux-mêmes des textes à l’approbation de l’Assemblée que dans le temps de ce que l’on appelle « les niches parlementaires ». C’est ainsi le calendrier de celles-ci : 24 novembre pour LFI, 12 janvier pour le RN qui explique « ce tempo » et non la mauvaise foi ni les sous-entendus manœuvriers de quiconque.

    C’est à pleurer d’en rire. « Le RN n’a rien à fiche des personnels de santé suspendus ». C’est à tout le moins ce que ces gens de gauche affirment tout net. Or il y a aussi le factuel, et l’on sait que les faits sont têtus : Le RN mettra cette question le 12 janvier à l’ordre du jour de l’Assemblée. Au regard de cela, qu’elles que puissent être ses arrières pensées l’apport des voix LFI est indispensable à créer les conditions d’une éventuelle victoire parlementaire sur le sujet. Or, en cas de refus de LFI de voter avec le RN, la question sera entière : du R.N ou de L.F.I. qui se fiche le plus des soignants suspendus ?

    C’est à pleurer d’en rire aussi que de déplorer les votes antérieurs du groupe RN en soutien à tel ou tel texte « du camp présidentiel » pour justifier de ne pas se joindre à lui lorsqu’il vote enfin contre le camp présidentiel.

    Attention les « paranos », si piège il y a comme vous le suggérez, alors il est à double effet. En s’associant au vote RN, LFI risque de valider le statut de premier parti d’opposition des amis de Mme Le Pen. ; mais en ne s’y associant pas elle risque de se coller à elle-même l’image de traitre et collaboratrice de la macronnie.

    Quant à l’argument selon lequel par ce biais le RN mènerait une manœuvre dilatoire afin de diviser la N.U.P.E.S. pour faire passer avec macron la casse sociale, dont celle de notre système de retraites, elle n’est pas seulement douteuse elle est carrément fausse et même mensongère puisque le RN a dore-et déjà avertit qu’en cas de volonté du gouvernement de passer en force (49-3) sur les retraites il voterait une motion de censure ?

    Soyons clairs

    Ces gens si susceptibles et jaloux de leur « immaculée couleur politique » ne sont-ils pas les mêmes qui ont appelé les électeurs populaires il n’y a pas si longtemps encore à voter pour leur pire ennemi lequel n’a jamais rien caché de sa volonté de détruire le modèle social français ?

    Ces gens qui se disent de gauche et prétendent défendre l’intégrité morale de leur « camps », ne sont-ils pas souvent les mêmes que ceux qui ont refusés de défendre les libertés lorsqu’elles ont été agressées sous couvert de « crise sanitaire » ?

    Ces gens qui ont si peur de se pervertir en côtoyant le groupe RN de l’Assemblée Nationale, qu’ont-ils à défendre encore de leur identité ? Il y a belle lurette en vérité qu’ils ont perdu celle-ci, ils sont « transgenres », plus « républicain » que « gauche ». Ils ont beaucoup plus soucis de défendre les institutions de la Vème République que les revendications du peuple. Ils craignent encore de se pervertir mais il n’y a plus rien à pervertir chez eux. Tout le mal est déjà fait : Pervers ils le sont depuis des lustres.

    Voilà quatre lustres en effet que la prétendue « gauche » trahit les intérêts des classes laborieuses. Voilà quatre lustres qu’elle se contente de gérer le système quand lui échoit une parcelle de pouvoir ou d’accompagner dans le calme la régression sociale conduite par ses amis républicains de droite quand elle est dans l’opposition, « soft » bien entendu.

    La montée en puissance électorale du RN est pour une large part l’œuvre (par défaut) de cette « gauche dégénérée » Par sa politique liquidatrice elle a en quelque sorte fait le RN. Or la voilà qui affiche à présent des moues de « vierge effarouchée » quand on lui parle de joindre à l’Assemblée Nationale ses voix à celles du RN pour défendre, non pas certaines des idées effectivement indéfendables du RN, mais une juste et noble cause, celle de la réintégration des soignants suspendus »

    Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Lundi 12 décembre 2022.

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