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  • FABIEN ROUSSEL LE « PARTICIDE »

    FABIEN ROUSSEL LE « PARTICIDE »

    J’avais certes diagnostiqué la mort cérébrale du PCF que je relatais dans ma plaquette intitulée « social-Bonapartisme et classe ouvrière », dès 1986. Depuis ce temps j’ai maintes fois défini l’ancien parti de la classe ouvrière (dont je fus membres quelques années) comme un cadavre qui bouge encore un peu. Les partis en effet ne meurent pas comme la plupart des hommes d’un seul coup, leur agonie est souvent longue. Or il se pourrait que le PCF ne bouge bientôt plus, qu’il rende son dernier soupir, « achevé » par le coup fatal de son propre secrétaire national.

    Ce coup fut porté lors de l’édition 2022 de la fête de « l’Humanité » par Fabien Roussel, secrétaire national en exercice qui s’est réclamé de « la gauche du travail » en opposition à la « gauche des allocs ».

    La société se doit d’offrir à chacun un emploi par l’exercice duquel il puisse gagner dignement son existence et celle de sa descendance. L’organisation sociale actuelle, « capitaliste », n’est pas en mesure de répondre à cette exigence. Elle engendre le « chômage » et la précarité lesquels sont des modalités naturelles de fonctionnement de ce qu’ils appellent « le marché du travail ». Parfois même, lorsque les situations de « chômage » de précarité ou d’exclusion se prolongent elles engendrent l’inaptitude définitive au travail de certains. Les salariés privés d’emploi sont des victimes de ce système inhumain. Ils ne sont pas responsables de cet état de chose. A défaut d’emploi il est donc naturel qu’ils soient secourus lorsqu’ils sont confrontés à un tel drame. C’est au point de vue des employeurs un devoir de « justice sociale ». C’est au point de vue des travailleurs un devoir de solidarité de classe. Opposer les salariés qui travaillent à leurs frères et sœurs privées de ce droit élémentaire s’est briser un des derniers liens de « classe », s’est diviser les rangs déjà désordonnés de la classe ouvrière, s’est déchirer le lien social. C’est un crime contre « la classe ouvrière » et une agression terrible contre les fondements même de notre « contrat social ».

    Comment un parti qui se revendique « de la classe ouvrière » et se prétend « la gauche du travail » peut-il se rendre coupable d’une agression aussi odieuse contre la population laborieuse ?

    De degrés en degrés la grande dégringolade :

    Le PCF, pourtant fier de son passé dans la résistance et de ses lettres de noblesses dans les luttes pour la liberté, s’était déjà déshonoré en refusant de défendre les libertés élémentaires confisquées par le pouvoir macronnien sous prétexte de « crise sanitaire ». Il est carrément tombé dans le trou des « chiottes » de l’histoire en appelant au deuxième tour des présidentielles 2022 à voter Macron, l’ennemi numéro un du monde du travail. La dernière séquence de la fête de l’Humanité le prouve, il ne s’agissait pas là d’une simple posture de contingence justifiée par la crainte d’une victoire électorale de « l’extrême droite », mais bien d’un acte d’allégeance, du scellement d’une alliance stratégique avec la macronnie, d’une trahison de ses origines et de sa tradition. En appelant à voter Macron Fabien Roussel a fait basculer le « parti de la classe ouvrière » dans le camp des ennemis des travailleurs. Ses dernières déclarations opposants « Gauche du travail » et « Gauche des allocs » confirment l’existence de cette alliance contre-nature et précise les perspectives dévastatrices qui sont siennes.

    Il apporte de la sorte, et à point nommé (mais serait-ce un hasard) en matière de statut du travail son renfort et sa caution (morale) à l’entreprise Macronnienne d’ubérisation généralisée des métiers et de l’emploi.

    Alors certes, il dit pour se donner bonne conscience, et surtout pour dissimuler l’ampleur de sa trahison, qu’il faut que l’emploi soit mieux rémunéré. Mais en vérité, il ne peut l’ignorer, la suppression des allocations chômage l’obligation en résultant pour les demandeurs d’accepter n’importe quel emploi à n’importe quel prix, ne peut qu’induire une chute abyssale du niveau des salaires, une explosion de la précarité et de l’exclusion. Précisément le but que veulent atteindre Macron et les Banquiers, ses nouveaux amis.

    Par cette prise de position Fabien Roussel s’est signalé comme un serviteur zélé : « LA VOIX DE SON MAITRE ». Il attend probablement à présent sa récompense sous la table. A moins que celle-ci ne lui ait été alloué au préalable ?

    S’il reste encore quelques neurones actifs à la tête dévastée du Parti communiste, s’il reste encore quelques fiertés à ses membres ainsi insultés, alors il faut sans tarder et en tout premier lieu, non pas seulement écarter Fabien Roussel de la direction de ce pauvre « parti » qu’il tente d’achever, il faut l’en bannir sans espoir de retour.


    Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 14 septembre 2022.
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