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    "NOUS NOUS SOMMES TANT AIME"


    (A André Grimaldi, professeur émérite de diabétologie au CHU Pitié-Salpêtrière, co-fondateur du Collectif Inter-hôpitaux, Auteur de la tribune " parue dans le JDD le 1er Janvier 2022 invité de Sud Radio)



    Mon très cher camarade André

    J’avais appris par des amis communs, que toi « Professeur de médecine » tu avais payé de ta personne pour « vacciner en masse ». Je t’avais vu également dans une vidéo, opposé à Alexandra Henrion Caude, où tu prenais parti pour les thèses terrorisantes de la propagande covidienne officielle, affichais, masqué, ton inféodation au pouvoir, pas capable pourtant de porter ton masque professionnellement. Je te retrouvai là, colérique, presque hystérique, défenseur d’une campagne vaccinale dont pour ma part avant même qu’elle soit initiée je savais qu’il s’agissait de la plus grande arnaque de tous les temps. Or, toi, le « pote », l’ami, le camarade, le médecin, le professeur, le syndicaliste, le « révolutionnaire », toi que j’admirais et aimai, tu oubliais jusqu’aux plus élémentaires des références de ta culture politique, tu oubliais l’accumulation capitaliste et la lutte des classes et t’obstinais à ne voir qu’une intention sanitaire honnête là où d’autres étaient en train de ratisser à leur profit toutes les plus-values de la planète. J’étais atterré. Je te l’avoue André, j’ai pleuré ce soir-là. » les larmes du deuil de notre jeunesse piétiné, des merveilleuses idées révolutionnaires et de transformations sociales que nous avions partagées. Je t’avais tant aimé ».

    Et comme je te conte cela bien sûr je pleure encore.

    Nous étions jeunes, vingt ans, « Ho ! Ho ! Ho-Chi Min ! Ché ! Ché ! Guevarra ! » Tu étais franc et sincère. On étudiait Marx Engels Lénine et Trotski. Nous partagions mille chose, les idées, les références historiques, les connaissances de l’Histoire, les textes, les actions, les engagements ; Le « Capital » tu as lu, tu as connu ? Mais sidéré je me demandai tout à coup : avez-tu compris. Qu’avais-tu vraiment retenu et compris de « Das Kapital », si lorsque survient, à l’ère de la barbarie (Socialisme ou barbarie), la plus grande opération de spoliation des peuples et de concentration du capital, tu es assez naïf pour ne voir là qu’une prétendue louable intention sanitaire.

    " Evviva il comunismo e la libertà". Aurais-tu donc oublié cela aussi que le peuple a besoin de pain mais également de « liberté » c’est-à-dire de respect et de dignité » ? Le peuple refuse de se conduire comme un cheptel propriété d’un Etat totalitaire qui peut disposer de ses sujets à sa guise, décider à leur place de ce qui est bon pour eux, pour leur santé. Toutes les libertés ne commencent-elles pas par-là, par la libre disposition de son corps et de sa conscience ?

    J’avais cessé de pleurer André. J’avais tenté d’étouffer dans mon souvenir cet épisode qui me faisait du mal. Mais voilà que ce 8 janvier, place Jean-Jaurès à Tours, à la fin d’une manifestation où nous étions plus de trois mille, des amis qui ignorent que je te connais, m’ont parlé de toi, le professeur Grimaldi, une vidéo sur « Sud radio », une tribune dans le « JDD ». Pour dire quoi ? «Qu'il serait bon de conseiller systématiquement à toute personne adulte refusant de se faire vacciner de rédiger des directives anticipées pour dire si elle souhaite ou non être réanimée en cas de forme grave de Covid. ». Un discours terrible, odieux, culpabilisateur ; Sur qu’elle viscosité idéologique as-tu dérapé ?

    Tu t’es assez battu dans le passé, et encore, contre la dégradation volontaire de l’hôpital public, les fermetures de lits, les réductions de personnels et de moyens, pour savoir que les non vaccinés ne sont pas responsables de la saturation des services hospitaliers. Alors par quel cheminement, par qu’elle régression mentale et morale, dans quel égout de la pensée humaine un homme tel que toi a-t-il pu pécher pareille pestilence ?

    Eh oui, André, excuses ma dureté elle n’est que l’expression de ma franchise. C’est dans la fange intellectuelle que tu t’es laissé sombrer. Quel inimaginable raisonnement à peine digne d’un philosophe de comptoir.

    Comment oses-tu, toi qui a tant dénoncé les ravages de la « rentabilité capitaliste » appliquée à l’hôpital, exiger des non vaccinés, victimes comme tous de cette gestion réactionnaire, qu’ls assument, plutôt que d’autres » les conséquences de cette gabegie.

    Et jusqu’à quel affaissement intellectuel oses-tu consentir pour justifier cette ignominie ? Culpabiliser les non vaccinés, leur contester le droit de faire usage de leur liberté de choix, les mettre en devoir » de te justifier toi à trahir ton devoir » d’Ethique médicale et a fouler aux pieds le serment d’Hippocrate : « C’est pas moi, je m’en lave les mains ce sont eux qui doivent assumer leur choix jusqu’au bout ! »

    Ne sens-tu pas là tout le cynisme, toute la malhonnêteté intellectuelle d’un pareil chantage moral ? « Ils ont librement choisi de ne pas se faire « injecter » ils doivent librement choisir de ne pas se faire réanimer ». Content de toi ? De ton implacable logique ? Mais André, ce que tu énonce là n’est qu’un terrible sophisme exhumé des plus inavouables labyrinthes de la pensée humaine : exclusion, discrimination, eugénisme, etc.

    Je pleure André, je pleure sur notre jeunesse insultée. Je voudrais que tout cela ne soit pas vrai ; Je voudrais me réveiller et réaliser qu’il ne s’est agi que d’un cauchemar. Je voudrais pouvoir t’aimer encore, te garder mon estime, mon amitié et ma considération. Mais je ne le peux pas, j’en souffre, dans quelques jours j’aurais soixante-quinze ans, et je crains que foin de mourir de « la gripette covidienne » dont tu fais grand cas, je ne trépasse de tristesse en songeant à la folle dérive intellectuelle qui fut la tienne et à la solitude glacée que j’en ai ressentie.

    Oui André, j’aurais soixante-quinze ans bientôt, et comme les gens de mon âge je souffre de « quelques comorbidités. Alors, toi imbu de ta science tu voudrais sans nul doute me dicter « ta conduite » et annuler mon libre arbitre. Et pourtant André je ne suis pas vacciné contre le covid et ne le serai pas. Je suis vacciné contre bien d’autres choses, et donc tout à fait fondé à rejeter l’injure « d’antivax ». Mais je refuse pour engraisser par centaines de milliard les laboratoires pharmaceutiques de me faire vacciner contre des maladies bénignes pour lesquelles existes d’autres traitements précoces ou prophylactiques. Et qu’importe si de satanés médecins comme toi, nonobstant leur serment fondateur, tentent de me contraindre en menaçant de me « laisser crever » saches André que toute la terreur qui m’assaillira alors n’émanera pas de la peur de mourir mais du spectacle lamentable des reptations de ces vers dans la boue morale de l’humanité.

    Mille regrets. Victor.

    Patrick Seignon. « lavoiesdessansvoix.fr ». Lundi 10 décembre 2022.

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