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  • UN « ININTELLIGENT ELEMENTAIRE » RÉPOND A AURÉLIEN BARRAU

    UN « ININTELLIGENT ELEMENTAIRE » RÉPOND A AURÉLIEN BARRAU

    (Astrophysicien)

    Monsieur,

    Votre prose m’avait été signalée par des amis qui l’avaient trouvé quelque peu déplacée. J’ai tardé à la lire moi-même. Elle n’est pas seulement déplacée elle est outrancière.

    « La désobéissance civile est un geste fort. » écrivez-vous, « D’autres causes immenses méritent sans doute que soit envisagée… » J’ai effectivement moi-même, dans un article du 20 juillet. Intitulé « TOMBEZ LES MASQUES ? RESPIREZ LE GRAND AIR DE LA LIBERTÉ » fait un appel à la désobéissance civile à propos du port du masque dans les lieux clos. Si ce n’en est pas une, votre texte ressemble étrangement tout de même à une réaction à cet article. Vous insinuez que cela est dérisoire. C’est certes votre droit le plus strict. Mais qu’est-ce qui vous autorise à affirmer que la cause invoquée n’est pas à la mesure de de la réponse proposée ? Etes-vous sûr monsieur d’avoir bien mesuré la situation politique qui sévit sur notre « plancher des vaches » ?

    « Comment »- poursuivez-vous - « n’être pas triste de constater que le refus des gestes sanitaires de base » Gestes sanitaires de base ? Je me lave souvent les mains avant d’aller au WC (et après), avec du savon de Marseille ( ou d’Alep) dont les vertus antiseptiques ne sont plus à démontrer, je tousse ou éructe dans mon coude ou en prenant la précaution de le faire à l’écart des autres comme ma maman me l’a appris quand j’étais tout petit, je ne me mouche jamais dans un mouchoir en papier que je jetterai comme la plupart des ostrogots modernes négligemment sur la chaussée, et je n’ai pas attendu pour adopter cette conduite civile respectueuse d’autrui, les leçons de civisme à deux balles d’un pouvoir en mal d’autorité. « Si l’éternel existe, en quelque sorte il voit, que je me conduis guère plus mal que si j’avais votre foi » (Emprunt à G. Brassens). Ce que vous nommez les « gestes sanitaires » de bases » dictés et martelés à longueur de journée par les mainates que sont les médias aux ordres, à une population infantilisée, ne sont que des règles d’hygiène tout aussi valables pour une grippe saisonnière, un rhume des foins ou une « gastro ». Or de ces affections là il y en a toute la vie. Allez-vous nous la pourrir en répétant en boucle toujours les mêmes antiennes débiles dignes du cours préparatoire des premières années de l’école de Jules Ferry ?

    Seriez-vous partisan de mettre le masque et vous limiteriez vous à justifier votre propre point de vue, cela serait encore acceptable. Mais vous voulez imposer votre conduite à tous et invectivez ceux qui ne sont pas de votre avis. Ainsi affirmez-vous que « [COLOR="#00FFFF"]ces gestes sanitaires de base[/COLOR], (dont le port du masque) ne sont qu’un infime effort d’intelligence élémentaire ». Ne faut-il pas entendre que ceux qui les refusent n’ont pas cette intelligence élémentaire ? Cela ne signifie-t-il pas que vous tenez pour des imbéciles tous ceux qui ne partagent pas votre avis ? Ce genre de posture ne témoignent ni de tolérance, ni d’ouverture d’esprit Ce n’est pas en insultant vos contradicteurs, les « inintelligents élémentaires » que vous viendrez à bout de cette affaire. Il ; faut des arguments.

    Allons donc voir vos arguments s’il y en a.

    « Mais comment n’être pas triste de constater que le refus des gestes sanitaires de base soit aujourd’hui revendiqué comme une telle résistance ? Il me semble que cette obstination à mettre en danger la vie d’autrui relève en réalité plutôt de la bouderie presque obscène d’un enfant gâté qui ne veut rien, jamais, sacrifier » « obstination à mettre en danger la vie d’autrui » ; vous faites appel là à la culpabilité chrétienne. Si tu ne crois pas en Dieu, si tu blasphème, le Seigneur va se venger et tes frères et sœurs innocents en feront les frais. A la manière des vicaires se prêche vous le répétez plusieurs fois (« ..qui ne veut rien, jamais, sacrifier de son confort. Fut-ce en faisant courir à d’autres un risque vital. » « En quoi cela nous autorise-t-il à mettre en danger la vie des plus fragiles ? » « Franchement, face à la souffrance des malades intubés – ici et ailleurs -, le refus de l’infime effort dont il est ici question n’a-t-il pas quelque chose d’indécent ? Comme un leitmotiv que vous auriez mission de faire entrer de toute force dans l’occiput des récalcitrants.

    Mais comment monsieur moi qui ne porte pas le masque mettrai-je en danger la vie d’autrui protégé par son masque, sinon à reconnaitre que son masque ne sert à rien. ?

    « Bouderie obscène », « enfant gâté », « paranoïaque ». Vous ne connaissez monsieur ni mon caractère ni ma vie, ni mon diagnostic mental, ni ceux des autres que votre propos vise peut-être. Ne trouvez-vous pas que ces assertions relèvent d’avantage de l’invective et de l’insulte que d’un argumentaire circonstancié ?

    Vous affirmez que « Masquer » la population ne fait pas les affaires de l’État : rien ne fait plus peur à une société de contrôle que des citoyens non identifiables !! » Vous vous embrouillez monsieur. Ce qui fait peur à un L’État c’est la désobéissance et la révolte. Ce sont les manifestants masqués qu’il a de la peine à identifier. Au temps des manifestations de gilets jaunes Castaner interdisait aux manifestants de porter un masque pour se protéger des gaz de ses sbires. Mais qu’elle inquiétude pourrait bien inspirer aux gouvernants un peuple docile qui, au demeurant, par le port du masque qu’on lui ordonne signale sa parfaite disposition à l’obéissance. D’ailleurs, n’avez-vous pas remarqué que ce gouvernement qui autorise certaines manifestations sportives et spectacles de plusieurs milliers de personnes interdit les rassemblements de plus de 10 dans l’espace public ? Il s’accommode fort bien, le gouvernement, des « consommateurs en troupeaux» qui se précipitent masqués chez « Auchan » ou chez « Leroy merlin », mais ne peut tolérer la moindre manifestation masquée.

    « Nous avons réclamé – à juste titre – ces masques quand ils manquaient » dites-vous. « NOUS ou « Vous » ! Et vous en déduisez « Refuser de les utiliser en espaces clos quand ils sont disponibles est totalement incohérent. »Mais l’incohérence en question n’appartient qu’à vous et votre imaginaire. Parlez pour vous monsieur pas pour nous qui n’avons rien réclamé du tout et sommes en parfaite cohérence avec nous-même.

    Certains il est vrai les ont réclamé faisant grief au gouvernement de son incurie. Alors, maintenant qu’il y en a Macron prend sa revanche : « Vous en vouliez des masques ! On va vous en faire bouffer ».

    « Nombreux sont ceux qui dénoncent les enjeux de pouvoir et d’argent des laboratoires pharmaceutiques. Raison de plus pour endiguer l’épidémie à moindre frais et sans médicament. » Là encore vous vous égarez. On pouvait effectivement « soigner les malades et endiguer l’épidémie à moindre coût » en généralisant l’usage du protocole de soins du professeur Raoult. C’est le contraire qui a été sciemment fait. Interdire l’Hydroxychloroquine dans le traitement du Covid 19 et conclure, au niveau de la commission européenne, un contrat faramineux avec le laboratoire américain Gilead pour l’achat de remdésivir dont l’inefficacité est-elle, démontré. Cet épisode d’ailleurs prouve qu’ils ont raison « ceux qui dénoncent les « enjeux de pouvoir et d’argent ».

    Quand à endiguer l’épidémie à moindre frais ? Malgré l’obéissance ultra majoritaire de la population aux injonctions « sanitaires », il semblerait que le virus court encore et que certains craignent la survenance d’un nouveau pic épidémique. Les masques ne seraient-ils donc pas suffisants pour « endiguer l’épidémie à moindre frais ? Il faudra aussi encore des traitements et des appareils respiratoires. Il faudra des vaccins. Il est clair d’ailleurs que le but des pouvoirs publics n’est pas de soigner l’épidémie à moindre frais, mais au contraire de la prolonger afin de démontrer la nécessité d’une vaccination massive. Donc les masques n’épargneront ni les médicaments, ni le vaccin, ni la dépense de sommes fabuleuses.

    Au demeurant vous faites du masque la panacée pour échapper aux tripatouillages d’argent. Mais en êtes-vous bien sûr. Dans les semaines, peut-être les mois à venir des milliards de masques vont être fabriqués et vendus. Même si le prix d’un masque est modique cumulées cela représente des sommes gigantesques. Des montages financiers et industriels ont été réalisés sous l’impulsion du gouvernement. Ne pensez-vous pas qu’il y a là aussi matière à quelques magouilles et corruptions ? Et ne pensez-vous pas que la volonté d’écouler ces marchandises et de collecter ainsi des capitaux faramineux pourrait-être une explication plus plausible de l’obligation qui nous est faite d’en porter que les prétendues avantages sanitaires de ceux-ci ?

    A ce propos: « Que le virus soit plus petit que les mailles du masque ne dit évidemment pas que ces derniers ne servent à rien : les gouttelettes qui portent une bonne partie des agents pathogène sont arrêtées. » ne dites-vous pas vous-même en quelque sorte que les masques arrêtent « les gouttelettes » mais pas le virus.

    « J’ai souvent lu ces derniers jours que « bien respirer est essentiel à la santé ». Certes. Bien boire aussi. Pour autant, quand l’eau de la marre est empoisonnée mieux vaut se retenir quelques minutes et aller à une source pure, non ? » Il existe en effet plusieurs sources d’approvisionnement en eaux de qualités plus ou moins grandes. Mais l’air. Pas moyen d’aller voir ailleurs. Vous proposez de le filtrer. C’est comme si vous proposiez de boire l’eau empoisonnée avec un masque pour filtrer le poison.

    EN CONCLUSION

    Vous avez écrit : « Le refus de l’infime effort dont il est ici question n’a-t-il pas quelque chose d’indécent ? ». Infime effort dites-vous ? Le sens des réalités vous échappe monsieur. L’infime effort dont vous parlez est l’acceptation du port du masque en espaces clos. Mais ne voyez-vous donc pas que cette obligation c’est déjà étendu en maints endroits à l’espace public ? Que très bientôt elle sera généralisée à tout l’espace public. Vous mettez un doigt dans l’engrenage, il va vous broyer tout le bras.

    L’indécence monsieur, si elle est quelque part, c’est de se faire l’avocat et le complice du « matin brun » qui nous attend.

    Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Vendredi 7 août 2020.

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