• ALERTE TRAHISON EN VUE

      ALERTE TRAHISON EN VUE

      J’ai ressorti un article vieux de 10 ans dans lequel je m’insurgeais contre une proposition de référendum réclamé par certains, déjà à propos d’une précédente réforme des retraites de Sarkozy. J’expliquais en quoi cette proposition était nuisible au mouvement social puisqu’il s’agissait de faire taire la contestation de la rue pour la troquer contre une promesse de votation. J’ai écrit cela, je le réécrirais et je le re-redirais. Mais je n’ai dit que cela et il ne faut pas vouloir me faire dire autre chose pour décrédibiliser mon propos.

      Certes nous ne devons pas craindre le vote du peuple, mais seuls de bien grands naïfs peuvent ne pas craindre les embrouilles de la « gens politicienne » et le venin répandu des médias.

      Non nous ne manquons pas d’arguments. Ce sont ceux de la vérité et de la bonne foi populaire. Mais ne serait-ce pas présomptueux de croire que nos adversaires en manque même si ce sont ceux des bas instincts, de la bassesse et de la tromperie ?

      Qui peut croire que la pertinence des arguments décide seule de l’issue d’un scrutin. Au-delà des arguments n’y a-t-il pas la question des moyens ? De les défendre les faire connaitre, et là il faut bien l’admettre nous manquons de tout. Ce sont nos adversaires qui ont toutes les cartes en main. Le gouvernement, les institutions, l’immense machine médiatique à leurs ordres.

      Ce qui fait l’adhésion de l’opinion à notre cause, c’est le mouvement, c’est l’action, c’est notre détermination à vaincre, ce sont là nos arguments les plus convaincants et ceux que nous pouvons faire entendre malgré le black-out de l’information. C’est la mobilisation populaire qui emporte l’adhésion populaire. Mais si celle-ci se termine, pour laisser place à une campagne référendaire, l’opinion se débandera et les combattants d’hier, unis par la force et les certitudes de l’action collective se retrouveront démunis, frappés de doutes, atomisés, devant leurs postes à venin.

      Et puis, il y a la QUESTION. Car tout référendum commence par une question. Qui la rédige la question ? Eux bien sûr ; nous n’avons pas la main en ce domaine. Or la manière dont la question référendaire est formulée contient la moitié de la réponse. .

      Alors, pour sûr nous avons des arguments, alors pour sûr dans le contexte de mobilisation actuelle l’issue pourrait paraitre acquise. Mais gare « camarades » bien aventureux sont ceux qui vendent la peau de l’ours…..

      Or, je l’ai dit et je le répète. Tout cela n’est en vérité que secondaire. Il importe peu de savoir si l’on peut gagner ou non un référendum ; Il s’agit du fond, du choix de la méthode, celui de la lutte et de la mobilisation populaire ou celui de la dissolution du mouvement de contestation populaire dans le marais électoral.

      Cette affaire de référendum survenant actuellement est bien plus grave encore qu’il n’y parait de prime abord. Les initiateurs de la proposition ont une idée politicienne derrière la tête, ils veulent faire taire l’agitation sociale pour le temps de la campagne électorale des municipales. Fi soit de la mobilisation contre la réforme des retraites, ce qui leur importe à eux c’est de retrouver la quiétude sociale afin de pouvoir en paix et en famille procéder à leur petite cuisine électoraliste.

      Je me suis insurgé, et je m’insurge encore aujourd’hui, lorsque d’autres et parfois les mêmes réitèrent 10ans après les mêmes fadaises. L’actuelle proposition de référendum sur la réforme des retraites, comme la précédente, est un piège politicien tendu au mouvement social.

      Ce qui se profile derrière cette proposition n’est rien moins qu’une véritable trahison politique de la mobilisation en cours.



      Patrick Seignon…./février/2020.