• INTERVENTION ORALE D'UN GILET-JAUNE EN FIN DE MANIFESTATION (Place Jean-Jaurès à Tours. Mardi 17 décembre 2018)

      INTERVENTION ORALE D'UN GILET-JAUNE
      EN FIN DE MANIFESTATION


      (Place Jean-Jaurès à Tours. Mardi 17 décembre 2018)

      C'est en soi un évènement et c'est pourquoi nous le rapportons ici. Dans cette période de grèves et de manifestations pour la défense du système de retraite par répartition, nonobstant l'exigence de convergences, les organisations syndicales usant de leurs "prérogatives" ponctuent les manifestations de leurs prises de paroles. Relégué souvent au rôle de "piétaille" les "Gilets-Jaunes n'ont alors guère droit au chapitre. A Tours (Indre et Loire) cette règle a pourtant été bousculé lors de la manifestation du mardi 17 décembre. Les militants Force ouvrières ont bien voulu prêter leur "sono" à un gilet-jaune. Certes l'intervention de celui-ci, parasitée par d'autres voitures sono n'a guère été audible. Pour autant elle n'en constitue pas moins un évènement considérable. Une première. Les "Gilets-Jaunes" doivent se manifester en tant que mouvement indépendants et faire entendre leur spécificité. Aussi espérons-nous que cette intervention n'aura été qu'une première et que de nombreuses autres suivront partout en France.



      Patrick Seignon.
      INTERVENTION

      Le 17 novembre 2018, quand les gilets-jaunes surgirent par centaines de milliers sur les ronds-points, ils répondaient à un appel à protester contre les taxes excessives et la hausse du prix des carburants.

      Mais, à peine étaient-ils rendus là et avaient-ils transformés ces lieux en agoras populaires, ils réalisèrent que leurs préoccupations dépassaient largement la seule question du prix des carburants. Elles sont si nombreuses que nous ne pouvons les détailler ici. Nous pouvons toutefois les résumer de la sorte : « Nous voulons vivre décemment et dignement du vrai salaire d’un vrai travail. ».Il s’agissait en fait de la révélation d’une véritable angoisse sociale généralisée.

      Le 5 décembre 2019
      quand les Français par millions se sont mis en grève et ont manifesté, c’était pour répondre à un appel intersyndical à protester contre le projet « macronien » de « réforme » de nos systèmes de retraites : En vérité la liquidation du système par répartition fondé sur la solidarité intergénérationnelle pour le remplacer par un système égoïste et bestial dit de retraite « à points », où chacun ne penserait qu’à sa peau.

      Or, chacun sait bien que ces Français par millions qui protestent à présent-, au-delà de la seule question des retraites, ont bien d’autres préoccupations aussi : L’emploi, les salaires, les conditions de travail, la défense des statuts, la défense des services publics, du système de santé, de la condition faite aux anciens, la défense du service public de l’école de la République, la défense de la dignité des chômeurs qui sont nos sœurs et frères privés d’emplois.

      Il y a un lien entre tous ces maux. Quel est-il ? Qu’est-ce qui relie toutes ces doléances et revendications et motive cette angoisse sociale ?

      C’est la volonté outrancière du capitalisme ultra-libéral de réaliser des coupes budgétaires drastiques, de réduire le niveau des salaires et des pensions, des allocations de chômage, des dépenses de santé. De réduire en fait toute la part du peuple dans le revenu national à telle fin, à l’autre bout de la chaine, d’accroitre les profits capitalistes et de gonfler les dividendes des actionnaires.

      Nous sommes des millions réunis dans cette protestation, toutes catégories et métiers confondus, syndicats et gilets-jaunes au coude à coude. La convergence des luttes que redoutait Macron et à laquelle il ne voulait pas croire, est « en marche », là sous nos yeux.

      Alors voilà que le gouvernement des riches prend peur et nous propose un marché pour nous convaincre de cesser la lutte et de rentrer dans nos « boites » et nos foyers.

      Quel est-il ce plan ? Quel «est-il ce marché de dupes ? Nous ne toucherons pas, dans l’immédiat, disent-ils, aux régimes spéciaux des cheminots et de la RATP, et la réforme sera décalé dans le temps, ne rentrera en vigueur qu’en 2025. Les retraités et salariés actuels et futurs retraités ne sont donc pas concernés.

      Avez-vous songé au sens réel d’une telle proposition ? Ils ne vous demandent rien moins que de trahir vos propres enfants. De vous fiche, « après moi le déluge » du devenir de votre progéniture. Macron en cela reste égal à lui-même, arrogant et méprisant. Nous recevons ces prétendues concessions comme autant d’insultes à notre bon sens et à notre dignité.

      Car l’avenir de vos enfants, savoir qu’elle société vous allez leur laisser en héritage, n’est-ce pas au contraire votre préoccupation essentielle ? Voulez-vous leur laisser une société faites de chômage, de précarité, de salaires de misère et d’indigence ?

      Nous sommes des millions mobilisés. Ne nous débandons pas. Poursuivons nos actions, grèves, manifestations et blocages. C’est maintenant que s’annonce l’heure d’une bataille sociale décisive.

      Monsieur Delevoye a démissionné hier
      . Il a eu peur du verdict de la rue ce 17 décembre et a préféré le devancer afin d’esquiver notre colère, et limiter les dégâts induits pour l’avenir de sa réforme. Mais notre colère ne retombe pas. Elle enfle au contraire, attisée par tabt de désinvolture et de cynisme. Delevoye est convaincu de « conflit d’intérêts » et passible à ce titre de poursuites judiciaires. Mais le vrai grand scandale, le pire conflit d’intérêts est au-delà encore, c’est ce gouvernement de mafieux qui nous vole et « refile » son butin - (l’argent des salariés et des retraités le pactole de 165 Milliards d’euros de nos retraites ?) - à ses maitres et pots de la finance.

      C’est notre intérêt à nous de mettre ce gouvernement en échec. C’est notre intérêt et c’est ce qu’exige la morale publique dont le peuple est le seul garant : Delevoye a démissionné, c’est votre tour messieurs Philippe et Macron. Macron démission. !...

      Nous devons mettre à genoux le gouvernement
      des supers riches. Nous devons en finir avec l'outrance du système ultra-libéral.

      Nous devons inventer ensemble
      une nouvelle République ; Vraiment démocratique, populaire, sociale et solidaire.


      17 décembre 2019