• LA C.F.D.T, SYNDICAT RÉFORMISTE ?

      LA C.F.D.T, SYNDICAT RÉFORMISTE ?

      Je ne sais plus quel est l’auteur de cette saillie, un misanthrope sans nul doute, qui a dit du langage humain qu’il était fait pour dissimuler la pensée. Envoyé comme cela, c’est sans nul doute un peu excessif. Il n’en reste pas moins vrai que par les temps qui courent, c’est devenu un sport mental infiniment pratiqué que de travestir le sens des mots.

      Les « femmes de ménage » ont gagné en considération (?) pas en salaire ni reconnaissance sociale, en devenant « techniciennes de surface » Le nom « socialiste » qui était celui d’un idéal humain à la couleur de l’espérance est devenu le patronyme exclusif d’un parti impérialiste qui tient le peuple à l’écrou du système capitaliste ultra-libéral. Et la pire « réaction » macronienne »que notre peuple ait eu à subir depuis le 19ème siècle se pare de la qualité de « parti progressiste ». C’est sous l’identité galvaudée de « syndicat Réformiste » qu’avance à peine masquée la cohorte C.F.D.T. de la trahison sociale

      La « C.F.D.T. » se proclame réformiste » pour se différencier des syndicats de « lutte ». Ceux-là seraient « jusquauboutistes » et elle serait partisane de « la négociation ». « Jusquauboutistes » les premiers car ils refusent de brader les acquis sociaux héritages du sang et des larmes de 150 ans de luttes sociales. « Réformistes » les autres parce qu’ils acceptent de négocier l’in-négociable, de liquider l’héritage et de céder pour des illusions des biens qui ne leur appartiennent pas en propre, car ils constituent le patrimoine commun de tous les salariés.

      Mais réformiste ne veut pas dire cela. Le « Réformisme » est le vocable qui désigne un courant de la pensée socialiste qui se faisait fort de conduire l’humanité à la réalisation de l’idéal socialiste par le chemin de la réforme en opposition à celui de la Révolution. Certes, on a vu depuis ce que cela donne, et plus personne ne croit à présent, pas même les « réformistes » (c’est pourquoi ils se sont convertis « sociaux-libéraux ») que l’on puisse transformer le capitalisme en socialisme en lui injectant des doses homéopathiques de « réformes-chloroforme ». Il n’en reste pas moins que ces « grands idiots » de réformistes d’antan pour naïfs qu’ils étaient n’en étaient pas vraiment méchants. Ils voulaient véritablement ce qu’ils disaient et les réformes qu’ils revendiquaient ou réalisaient, avaient pour objet d’améliorer la condition des salariés.

      Alors, réformiste la C.F.D.T. ? Ce à quoi elle contribue où les accords qu’elle paraphe n’ont pas pour objet d’améliorer la condition salariale, ce sont au contraire des mesures de régression sociales. Ce sont non pas des réformes, mais des « contres réformes ». Mauvaise fille, elle brade (dilapide), de sa seule « responsabilité » avec l’aval du patronat et sous la direction des gouvernements, un héritage commun qui ne lui appartient pas en propre.

      Non, la C.F.D.T. n’est pas un syndicat réformiste, la C.F.D.T.est un syndicat « dilapidationniste ».


      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Vendredi 20 décembre 2019.