• .REVOLTEZ-VOUS ! ADRESSE A LA JEUNESSE D’EN FRANCE

      REVOLTEZ-VOUS ! ADRESSE A LA JEUNESSE D’EN FRANCE

      Certes, quand on est jeune, la retraite ça parait fort loin, et beaucoup d’entre vous se sentent d’autant moins concernés qu’au train où vont les choses, ils se disent que « foin de retraite par répartition ou à point, de retraite ils n’auront point ».

      Cela est faux. Vous n’aurez certes guère ou pas de retraite si vous vous résignez. Mais ce n’est absolument pas une fatalité. Vous pouvez aussi vous mobiliser et vous défendre. Révoltez-vous, faites leur rendre gorge.

      De même que les acquis sociaux existants, que le pouvoir et le patronat veulent reprendre, sont les conquêtes, souvent chèrement payées, des luttes populaires passées, vous pouvez, en vous mobilisant au présent, préserver ces acquis et même les améliorer. L’argent ne manque pas, contrairement à ce que disent les menteurs patentés des médias et du gouvernement. Il abonde même. Mais les supers riches qui n’en ont jamais assez veulent tout accaparer. (Ce n’est qu’un exemple, selon le classement Bloomberg Billionaire, en moins d’une année la fortune de Bernard Arnaud a augmenté de 31,8 milliards de dollars*). Vous ne devez pas accepter d’être réduits à l’état de pauvreté, à la précarité permanente de l’emploi, à des conditions de chômage humiliantes ou à l’indignité de l’assistanat, ni à l’indigence à la fin de votre vie professionnelle. Les supers riches doivent lâcher la part du magot qu’ils vous volent au quotidien. Ils doivent vous rendre votre dû.

      Macron, « le mal élu », veut imposer aux français un nouveau système de retraite, dite à points, qui remplacerait le système actuel par « répartition » basé sur la solidarité intergénérationnelle. Pourquoi ? Par-delà les raisons mensongères, d’égalité et d’équité, de la propagande officielle, quels sont ses buts réels ?

      1 - Faire des économies budgétaires et en faire faire aux patrons, sur le dos de tous les retraités dont les pensions diminueraient de 10, 15, voire 25 % selon certains experts.

      2 - Faire évoluer les retraites vers les systèmes par capitalisation, les pensions versées étant insuffisantes, ceux qui le peuvent tenteront d’améliorer leur revenus post travail par de l’épargne spécifique.

      3 - De la sorte permettre en vérité aux banques et au capital financier de s’emparer du « pactole » des retraites ("Le magot de 165 milliards d'euros qui aiguise les appétits" titrait le journal patronal « Les échos » le 18 juin 2018) pour faire de la spéculation et réaliser des dividendes avec l’épargne des salariés.

      Mais comme à l’approche de la journée de grèves et de manifestation du 5 décembre, les compères du gouvernement ont peur de l’ampleur de la mobilisation et qu’elle ne débouche sur une véritable convergence des mécontentements et des luttes, ils tentent encore de scinder le front commun par des moyens ignominieux :

      1 - En opposant « Régimes particulier » et « régime général (de la SS). Or songez un peu retraités et salariés du régime général, songez un peu jeunes gens, si le gouvernement « pique » quelques milliards d’euros dans les poches des retraités des régimes particuliers, pensez-vous un seul instant, qu’un seul de ces euros tombera dans votre poche à vous ? Que nenni ! Les seuls bénéficiaires de l’appauvrissement des retraités des régimes particuliers seront bien sûr encore les « gavés » d’en haut, les banques, les organismes financiers, les supers riches, les boursicoteurs.

      2 - En décalant le calendrier de mise en application de la réforme. Ainsi disent-ils, celle-ci qui n’entrerait en application qu’en 2025 ne concernerait pas les retraités actuels ni ceux immédiatement à venir (ce qui est archi-faux) mais seulement ceux nés à partir de 1963, voire 75 ?

      Ce qui implique que contrairement à ce que croient à tort beaucoup de jeunes c’est bien eux en vérité qui sont les premiers concernés et qui seront le plus durement impactés.

      Mais de plus, songez au caractère odieux, carrément ignoble d’une telle manœuvre dont le sens est le suivant : souffler à l’oreille des anciens plus sensibles à ces questions, « cela ne vous concerne pas, restez tranquilles dans votre « petit confort, vous ne serez pas impactés, seuls les plus jeunes le seront ». Les « salauds » qui nous gouvernent voudraient que les salariés les plus âgés et les retraités pensent ainsi : « Moi je reste peinard chez moi, que mes enfants et mes petits enfants aillent se faire « empapaouter » je n’en ai rien à cirer ».Humiliation supplémentaire. Pour qui donc nous prennent-ils, nous, les anciens et vous les jeunes ? Pour des imbéciles, pour des Jean-foutres, pour des pleutres ?

      Nous allons ensemble leur montrer qui nous sommes réellement et qu’il ne faut pas froisser notre dignité d’hommes et de femmes libres. Macron va devoir renoncer à sa réforme de « retraites à points » ou bien nous le chasseront « tous ensemble ».



      Patrick Seignon « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 1er décembre 2019.