• 5 DECEMBRE, TOUS ENSEMBLE ! (Enjeux et stratégie)

      5 DÉCEMBRE, TOUS ENSEMBLE !
      (Enjeux et stratégie)


      Le feu social allumé le 17 novembre 2018 sur les ronds-points, a été attaqué au « flash-ball », à la grenade de désencerclement, au canon à eau. Les flammes vives se sont apaisées mais la braise incandescente a perduré, s’est répandue, a couvé sous les cendres apparentes de la résignation et de la désespérance.

      Macron voulait circonscrire l’incendie en l’encerclant, en l’isolant, en le discréditant. Mais sa stratégie a « fait long feu ».

      Le pari qu’a fait Macron sur l’avenir du contexte social, c’est l’impossibilité dont il était alors convaincu d’une convergence des luttes. Chaque catégorie professionnelle, chaque secteur social, revendiquant et se battant chacun dans son coin, dans son prés-carré, il était certain de venir à bout de chacun d’eux, de les entortiller avec des promesses de gascon, une aumône ou un peu de saucisson à l’ail. Oui mais les choses ne vont peut-être pas se passer ainsi. La mobilisation du 5 décembre s’annonce vaste et puissante, comme un moment symbolique de la convergence des luttes possible. Elle ne viendra pas seule à bout de la résistance du gouvernement. Mais en se montrant à lui-même sa force et sa détermination, par cette mobilisation le peuple pourrait bien reprendre courage et foi dans ses capacités propres. La journée du 5 décembre en soi ne donnera pas la victoire, mais elle pourrait allumer le grand incendie social nécessaire à l’obtention de celle-ci.

      Alors Macron et Philippe doutent. Ils redoutent à présent le grand embrasement. Ils manœuvrent et complotent. Ils ont bien entendu encore des cartes à jouer. Toujours de la même sorte, celles de l’éparpillement et de la division : le régime général contre les régimes particuliers, de prétendues concessions pour chaque régime particulier, etc. Et ils ont aussi bien sûr des alliés dans chaque secteur, des « Esaü », prêts à négocier les intérêts de leurs collègues et des générations futures pour un plat de lentilles. Des « judas » à l’affût qui n’attendent que le moment opportun de se faire graisser la patte pour trahir la mobilisation populaire qui enfle.

      Le pouvoir des grands capitalistes de taille internationale, des banques et des supers riches dont Macron est le régisseur appointé, qui tient les rênes de l’État a décidé de faire table rase du système social français et main basse sur le pactole des caisses de retraites et de la sécurité sociale. Toute prime/aumône, toute modification du calendrier, toute prétendue concession faite à telle ou telle catégorie, ne serait que des pièges pour briser le front commun. Et ceux qui s’y prêteraient ou y donneraient foi dans le camp des salariés ou autre catégories sociale ne seraient que des « pendards » et des traîtres à la cause commune. Car chacun le comprend bien, de la part du gouvernement ça ne serait que reculer pour mieux sauter, et ceux qui auraient abandonné aujourd’hui la cause commune pour un plat de lentille, ne pourraient plus demain, dans leur isolement, compter sur la solidarité des autres secteurs.

      Le peuple de France s’est sentie floué et trahit par presque quarante années d’alternance et de trahisons diverses, politiques et syndicales. Le « dégagisme » qui s’est manifesté en 2017 et a permis à Macron de s’imposer, a été une manifestation, négative » du rejet populaire du « système ». La mobilisation des « Gilets-Jaunes » sur les ronds-points le 17 novembre 2018 en a été une autre manifestation, mais plus positive car elle marquait le début de la remobilisation et donc la renaissance de l’espérance en un monde différent.

      Le moment est venu de mettre à genoux ce gouvernement ennemi du peuple laborieux et des plus faibles. C’est la dernière chance qui nous est donné avant l’avènement qui serait alors inévitable de la première femme Présidente de la France. L’échec de la mobilisation actuelle serait interprété de manière extrêmement négative par l’opinion populaire, et ouvrirait toutes grandes les portes d’une victoire électorale du R.N. Plus rien, plus aucun cri d’orfraie, plus aucun appel au loup, ne serait en mesure d’arrêter la déferlante. Que ceux qui sont tenté de composer avec le gouvernement actuel, de trahir les intérêts du peuple et de leur classe se le tiennent pour dit. Ils seraient devant l’Histoire coresponsables de cette issue qu’ils prétendent pourtant redouter.

      Le peuple veut un changement radical de politique. En finir avec l’ultra libéralisme, inventer une nouvelle République populaire, démocratique et solidaire. Vous avez le choix, dirigeants politiques et syndicaux, d'être partie prenante et acteurs de cette page glorieuse de l’Histoire qui s’annonce, ou, choisir la honte d’être de ceux qui auront contribué à passer la main à Marine Le Pen.

      Mettre à genoux le gouvernement Macron Philippe, en finir avec le politique ultra libérale et les dégâts sociaux et écologiques qu’elle engendre, stopper ainsi le train fou des contre réformes antisociales, voilà le but que doit s’assigner le « mouvement du 5 décembre », voilà la perspective qu’il doit se fixer et se donner les moyens de réaliser en poursuivant les grèves et les manifestations jusqu’à la victoire.


      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Jeudi 28 novembre 2019.