• GILETS JAUNES (Pourquoi je n’ai pas signé la pétition de Priscillia)

      GILETS JAUNES

      (Pourquoi je n’ai pas signé la pétition de Priscillia)

      Gilets jaunes, j’en suis ai-je déjà manifesté dans mon premier article sur ce thème « MACRON DÉGAGE » publié le 6 novembre.

      Je suis un de ces français en colère, totalement opposé à l’augmentation de la fiscalité des carburants. J’ai mis un gilet jaune sur le tableau de bord de mon véhicule et je participerais aux actions du 17 novembre si des points de blocages sont organisés dans ma région. Bien sûr que je souhaitais signer et des deux mains même, la pétition de Priscillia, sur « Change-org ». Mais j’ai lu le texte de celle-ci attentivement et je n’ai pu y adhérer totalement.

      Je voulais signer contre l’augmentation des prix des carburants et surtout de la fiscalité sur ceux-ci, mais je ne voulais pas signer pour « les pistes » alternatives que ce texte s’aventure à proposer.

      Je sais, on tente, c’est un bon moyen de nous faire taire ou, à défaut, de nous engager à dire des bêtises, de nous culpabiliser, avec le réchauffement du climat, la sauvegarde de la planète, les privilèges de ceux qui survivent à peine comparé à ceux qui crèvent de misère et de malnutrition (et je n’entends pas seulement ceux qui souffrent de déficit nutritionnel, mais aussi de ceux qui souffre de la « malbouffe », de la bouffe industrielle, du fast-food, etc.) Et à ces prétextes on nous étrangle, on nous paupérise, on organise l’égalité des pauvres dans la précarité et dans le dénuement. Il y a deux moyens en effet de faire chuter le pouvoir d’achat des ménages : Un moyen direct, la baisse des salaires, des prestations sociales et allocations diverses, un autre indirect : au court terme l’inflation, c’est-à-dire l’augmentation des prix des produits de consommation courante, de la fiscalité et autres stratagèmes qui impactent d’abord les plus démunis, et à plus long terme la réduction de la valeur marchande des produits de grande consommation. C’est à ce titre que la fiscalité actuelle des carburants, qui est une agression contre le pouvoir d’achat des ménages, est injuste et insupportable.

      Et comme ils nous ont culpabilisé et mis ainsi sur la défensive ils ajoutent royalement : « Avez-vous d’autres solutions-vous ? Je vous écoute, il ne faut pas être que dans la critique, il faut aussi faire des propositions constructives. Si vous en avez je suis preneur. ». Et bien entendu la plupart du temps l’interlocuteur assuré du début, se trouve coi, déstabilisé dans ses petits souliers, ne sachant que répondre à l’énarque arrogant. Priscillia elle, n’était pas dans la rue ou dans une réunion à interpeller un énarque bouffon. Elle était devant une copie. Elle avait tout le temps de se concentrer et de réfléchir, elle a voulu prendre les devants, leur clouer le bec. Bravo Priscillia pour cette intention bravache. Mais vous n’êtes pas secrétaire d’Etat, vous n’êtes pas tenue en vérité d’élaborer des solutions. Dans la contestation vous avez parfaitement raison, mais vous vous égarez lorsque vous vous voulez « constructive » et proposez « des pistes » alternatives à l’augmentation des carburants, afin de prévenir la critique des gouvernants et des journalistes à leur solde.

      Priscillia s’égare sur le fond même de la question, car toutes ses propositions partent du postulat de « la lutte contre la pollution » et qu’elle pense que c’est à ce titre que le gouvernement pourrait ou devrait renoncer à l’augmentation de sa fiscalité démoniaque des carburants. Mais son postulat est faux. La raison de l’augmentation de la fiscalité des carburants n’a rien à voir avec la moindre préoccupation écologiste. Celles-ci ne sont en vérité que des prétextes grossiers. Il s’agit en vrai de faire choir le pouvoir d’achat des couches modestes de la population et d’accroitre par ce moyen aisé et tellement anti égalitaire, les recettes de l’Etat. C’est pourquoi aucune des pistes suggérées n’est recevables aux yeux de ce dernier ni ne pourra faire changer le cap de sa politique fiscale.

      Mais elle s’égare aussi sur la forme et le détail des pistes proposées. Voici :

      « Commencer par supprimer progressivement la vente de véhicules diesel (comme c’est déjà le cas pour certains constructeurs automobiles) et à termes les véhicules à essence pour laisser place aux véhicules hybrides/électrique. »

      Remarquons tout d’abord que par cette proposition Priscillia n’est pas dans la contestation de la politique gouvernementale, mais qu’elle en est en quelque sorte l’ambassadrice. Sa proposition alternative n’est rien moins que l’orientation générale que le gouvernement affirme vouloir mettre en œuvre. Et dans la logique « affichée » de celui-ci cette politique précisément n’est pas une alternative à la hausse des carburants mais sa meilleure justification.

      Mais allons plus loin. Si les moteurs-essences produisent moins de particules fines, ce qui reste à démontrer en l’état actuel des évolutions techniques, ils produisent d’avantage de CO2. Mais il y a en plus deux considérations, dont personne ne parle qui militent en faveur des véhicules diesel. Et c’est probablement pour cela qu’elles sont passées sous silence. Les moteurs diesels consomment moins de carburant ce qui représente un gain considérable sur la facture énergétique globale. Les véhicules diesel dont le régime moteur est plus lent, peuvent être facilement menés à 450 000 voire 500 000 kilomètres, alors que les essences sont bon pour la « repasse » à peu près à la moitié de ce chiffre. Il faut donc fabriquer beaucoup plus de véhicules essence qu’il n’en faudrait en diesels pour couvrir les mêmes besoins en kilomètres parcourus. Le processus industriel, n’est-il pas lui-même dévoreur de matières premières, d’énergie, et donc producteur de toutes sortes de pollutions ? Un juste bilan de l’impact écologique comparé diesel/essence doit inclure le processus industriel.

      Quant à l’électrique » dont Priscillia semble faire la panacée (c’est très à la mode actuellement) a-t-elle songé qu’il s’agit d’une véritable arnaque intellectuelle.La prétendue voiture propre (électrique) serait en vérité si on la développait à grande échelle, une pire catastrophe. Le premier volet étant la production électrique des mégawatts supplémentaires nécessaires, engendrant fort probablement la construction d’un grand nombre de centrales nucléaires supplémentaires de par le monde. Mais il y a un autre volet à cette pire catastrophe, celle des batteries, de leur recyclage, des moteurs et autres équipements électriques et électroniques qui nécessitent l’extraction « massive » des métaux rares indispensables à leur élaboration, qui par définition, pour la plupart, se trouvent en quantités infinitésimales dans ce qu’il est convenu d’appeler tout de même « minerais ». Ce qui implique de détruire des paysages, voire des régions entières de notre planète pour se les procurer, sans parler de toutes les autres pollutions induites (voir en annexe ci-dessous, l’interview de Guillaume Pitron par Fabrice Poulenquen « 20 minutes ») un fléau industriel promis pour l'environnement,

      Quant au militantisme que Priscillia affiche pour le travail à domicile, c’est une faute grave qu’elle commet contre l’organisation du travail en entreprise, qui va au-devant de l’atomisation des salariés et de « l’ubérisation » du travail.

      Voilà pourquoi je n’ai pas signé et ne signerai surtout pas la pétition de Priscillia. (J’ai en revanche signé celle de Sophie sur « mes opinions.com », moins populaire mais dont les signatures s’ajoutent à la précédente) Ce qui ne m’empêche nullement d’être totalement mobilisés contre la hausse des carburants et résolu à prendre part aux actions du 17 novembre, Et plus si nécessaire, aux côtés de Priscillia, de Sophie et tous les autres.


      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Mercredi 14 novembre 2018.

      ANNEXE :

      Transition énergétique: «Le bilan écologique de l’extraction des métaux rares est déplorable»



      INTERVIEW Journaliste spécialiste des matières premières, Guillaume Pitron a enquêté six ans sur les métaux rares, présents en quantité infime sur la planète mais indispensables à bon nombre de technologies vertes. Le grain de sable de la transition écologique ?….
      Propos recueillis par Fabrice Pouliquen

      Publié le 24/01/18 à 10h05 — Mis à jour le 24/01/18 à 13h34

      Une mine d'extraction de métaux rares dans la région de Baotou dans le nord de la Chine. Photo prise le 6 juillet 2010. — AP/SIPA
      Ils ont permis de rendre les objets plus petits. Souvent aussi plus performants. On en trouve dans bon nombre de technologies vertes : éoliennes, panneaux solaires, voitures électriques. Ils sont tout aussi indispensables aux nouvelles technologies du numérique- smartphones, ordinateurs, objets connectés…- dont l’une des missions est justement de décupler l’efficacité des technologies vertes et d’accompagner ainsi la transition énergétique.

      Ils, ce sont les métaux rares. Graphite, cobalt, indinium, platinoïdes, tungstène, terres rares… On en compte trente, présents en quantité infime sur la planète, parfois même concentrés dans un seul pays. Un exemple : la Chine assure 95 % de la production mondiale des terres rares, métal dont on fait des aimants ultra-puissants indispensables au fonctionnement d’un grand nombre de produits équipés d’un moteur électrique. « C’est tout le paradoxe de la transition énergétique, raconte Guillaume Pitron. Elle nous promet de pouvoir profiter à l’infini du soleil ou du vent, mais convertir ces forces en énergie nécessite d’utiliser des métaux qui, eux, sont loin d’être en abondance. »

      Guillaume Pitron est journaliste, spécialisé dans la géopolitique des matières premières qu’il couvre notamment pour Le Monde Diplomatique et Géo. Ce mois-ci, il publie aussi La guerre des métaux rares ( éditions Les liens qui libèrent), une enquête de six ans sur la face cachée de la transition énergétique et numérique. Il répond aux questions de 20 Minutes.

      Qu’est-ce qui vous a amené à enquêter sur les métaux rares ?
      En 2010, je suis tombé sur un article d’une revue scientifique qui parlait des métaux rares comme du nouveau pétrole. Une histoire dingue. En 2012, j’ai réalisé un premier documentaire La sale guerre des terres rares diffusée sur France 5. Puis j’ai continué à enquêter ces dernières années même si les métaux rares étaient sous les radars. Ils sont méconnus du grand public et intéressent peu les politiques. Il faut dire qu’ils n’ont pas encore été au cœur de grandes crises. La Chine, qui dispose d’un monopole sur la production d’un bon nombre de ces métaux, continue jusqu’à présent à fournir le monde sans trop de complications. Mais je reste persuadé que c’est l’un des grands sujets à venir. On parle beaucoup en ce moment de voiture électrique. Or on y trouve des métaux rares à tous les étages. Du cobalt notamment.

      Pourtant, on ne parle que de production infime. Vous précisez dans votre livre que chaque habitant, pris isolément, ne consomme que 17 grammes de terres rares par an…
      Aux 17 grammes de terres rares s’ajoutent tout de même les quelques grammes de cobalts, plus les quelques grammes de tungstène et ainsi de suite. Mis bout à bout, ça commence à peser lourd d’autant plus qu’on parle de métaux dont la concentration dans la croûte terrestre est extrêmement faible. Surtout, si ces quelques grammes n’étaient pas fournis, si la Chine par exemple se décidait à bloquer les exportations de terres rares -qu’elle est la seule à produire-, le monde s’en retrouverait fortement ralenti.

      Notre dépendance aux métaux rares devrait s’accroître dans les années à venir. Des études prédisent qu’à l’horizon 2030 la demande de germanium va doubler, celle du dysprosium et de tantale quadrupler, quand le marché du cobalt pourrait être multiplier par 24. La question de la pénure se pose déjà pour certains de ces métaux rares et va se poser avec toujours plus d'acuité à l'avenir. Et il n’y a pas que les métaux rares. La guerre des métaux rares incite à une réflexion plus large sur notre consommation globale de métaux. Le cuivre par exemple : nous en consommons démesurément aujourd’hui si bien que la question des réserves se pose.

      Qu’est-ce qui vous inquiète le plus : le coût environnemental de l’extraction des métaux rares ou le fait que les ressources se retrouvent aux mains d’une poignée de pays, en particulier la Chine ?
      Le bilan écologique de l’extraction des métaux rares est effectivement déplorable. La concentration de ces métaux rares dans la roche est si faible que les extraire paraît une tache complètement folle. Il faut broyer la caillasse, employer une kyrielle de réactifs chimiques mais aussi des quantités importantes d’eau. En Chine, plusieurs cas de pollutions ont été rapportés par les médias. En 2006, des tonnes de produits chimiques ont été déversées dans la rivière Xiang (province du Hunan) par des entreprises de production d’indium, un métal rare qui entre dans la fabrication des panneaux solaires. Ce n’est qu’un exemple. Il faudrait aussi parler des mines de terres rares illégales dans la province du Jiangxi (sud-est de la Chine) ou encore des conditions d’extractions du cobalt en République démocratique du Congo (RDC).

      Savoir que nous dépendons de la Chine pour l’approvisionnement de bon nombre de ces métaux rares et que le pays a fait main basse aussi sur les industries des hautes technologies utilisatrices de terres rares pose tout autant problème. En Europe, au Japon, aux Etats-Unis, bon nombre de fabricants d’aimants de terres rares, impactés par les quotas instaurés par Pékin, ont soit déposé le bilan, soit transféré leurs usines en Chine. Le pays contrôle aujourd’hui les trois quarts de la production mondiale d’aimants de terres rares. Or ces aimants servent dans des filières stratégiques, y compris la défense.

      Les dirigeants européens ont-ils conscience de cette dépendance ?
      Je sais qu’Emmanuel Macron connaît bien le sujet pour avoir assisté à une de ses conférences en 2016 où il a abordé les enjeux des métaux rares. Il y a eu aussi des mises en garde. Celle par exemple de Carlos Tavares, patron de PSA au Mondial de l’automobile à Francfort en septembre 2017 à propos des effets néfastes de l’électro-mobilité sur l’environnement. Mais d’une façon générale, j’ai constaté une trop faible connaissance dans les sphères dirigeantes. Pourquoi ? Parce que nous n’avons plus de mines en Europe ou quasiment plus. Du coup, il n’y a plus cette culture minière, elle n’existe presque plus au niveau des universités. Le savoir se perd et ne remonte plus vers nos dirigeants politiques dont très peu aujourd’hui viennent de formations scientifiques. Une autre différence avec la Chine.

      Donald Trump est-il en avance sur ce point ?
      Totalement. Je ne suis pas pro-Trump mais je suis positivement étonné de constater que Donald Trump a pris à bras-le-corps le problème. Fin décembre, il a fait publié un executive order visant à relancer une filière de métaux critiques aux Etats-Unis pour des considérations de sécurité nationale. Autrement dit, rouvrir des mines et des industries de raffinages de métaux pour lesquels les Etats-Unis estiment qu’il y a de risques de difficultés d’approvisionnement.

      Faut-il rouvrir aussi des mines en France ?
      C’est une idée que je défends. L’enjeu n’est pas seulement de réduire notre dépendance vis-à-vis de pays extérieurs dans l’approvisionnement des métaux. En fermant nos mines et nos sites de raffinage de métaux rares, nous avons laissé le « sale boulot » aux pays en développement. Il y a une certaine hypocrisie : les pays occidentaux se proclament au top de l’écologie tout en consommant en abondance des biens dont la fabrication cause d’importants dégâts environnementaux dans les pays qui assurent la production. Rouvrir des mines en France serait une façon d’assumer notre part du fardeau dans la transition écologique et prendre conscience que nos modes de consommation ont un impact direct sur l’environnement qui nous entoure.

      Surtout, si on rouvre des mines de métaux rares en France et plus généralement en Europe, les réglementations environnementales sont telles que ces métaux rares seront extraits de manière bien plus propre qu’ils le sont en Chine ou ailleurs. Et les industriels seraient bien plus poussés à faire des progrès dans ce sens.

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