• L’ÉTAT ET LA VIOLENCE

      L’ÉTAT ET LA VIOLENCE

      Dans son opuscule « l’État et la Révolution », Lénine disait que lorsque l’on avait réduite l’équation à son plus petit dénominateur commun, lorsque l’on avait déchirés les voiles dont il se pare, les masques dont il s’affuble, les filtres dont il se protège, toute l’idéologie falsificatrice dont il s’enveloppe, L’État tout nu se réduisait à « une bande d’hommes armés ».

      La violence est constitutive de L’État. L’État est une institution violente faite pour assurer la domination d’une classe sociale sur les autres. Les États féodaux, sous leurs diverses apparences avaient pour fonction de pérenniser la domination de l’aristocratie. La République parlementaire avait comme mission d’assurer celle de la Bourgeoisie. Les Régimes Présidentiels actuels ont pour mission d’imposer à la société entière la domination du cartel réduit du capitalisme libéral mondialiste et de la haute finance.

      L’État quel qu’il soit et à quelque époque historique, sous quelque latitude que ce soit, se réduit donc à une bande d’hommes armés qui ne reculent devant aucun excès, lorsque cela s’avère nécessaire à leur sens, pour maintenir la domination des maitres. Le protestantisme était l’expression des aspirations de la bourgeoisie naissante. Pour les réprimer le pouvoir monarchique eut recours aux guerres de religions et n’hésita pas à recourir aux pires exactions comme celles de la conjuration d’Amboise ou de la nuit de la Saint-Barthélemy. Pour assurer sa domination la bourgeoisie Française n’hésita pas à faire massacrer 30 000 ouvriers parisiens lors de « la semaine sanglante » durant laquelle fut réprimée la commune de Paris de 1871. Et cela se retrouve à toutes les époques, dans tous les Pays, quel que soit le régime. 1917, le Tsar de toutes les Russies fait tirer sur la foule qui descendant de Viborg par la perspective Nevski s’avançait vers le Palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg. 1936, l’aristocratie alliée du clergé espagnol n’hésite pas à recourir au « pronunciamiento » du général Franco pour abattre la République Espagnole. 1945, le gouvernement provisoire du Général De Gaulle, avec la participation de Ministres communistes, terrorisé par le réveil de la revendication nationale algérienne, réagit avec brutalité aux manifestations indépendantistes du 8 mai dans le Constantinois (Sétif). 102 morts français dans des émeutes punis par 20 à 30 000 morts algériens dans la répression qui suivit. 8 septembre 1978 Chapour Baktiar, Ministre du Shah d’Iran fait tirer sur la foule plusieurs milliers de morts. Les exemples sont multiples et trop nombreux pour être tous cités ici.

      La démocratie, la politesse, la tolérance, le débat public, la concertation, les contres pouvoirs, l’indépendance de la justice, la séparation des pouvoirs, les institutions, L’État de droit, etc. ne sont que des vernis et enjolivures de toutes sorte fait pour cacher cette réalité toute crue.

      Autrefois l’Aristocratie dans laquelle se recrutait les cadres militaires, participait elle-même directement à la défense de ses propres intérêts. Ainsi, par exemples, aux temps de la conjuration d’Amboise et de la Saint-Barthélemy, les Princes du sang, le Roi lui-même n’hésitaient pas à tirer l’épée du fourreau, et à mettre « la main à la pâte » si je puis dire.

      Mais la démocratie bourgeoise a voulu couvrir la vérité d’un voile pudique. Les chefs bouchers ne devaient plus participer directement aux égorgements. Ils avaient pour cela un personnel nombreux et spécialisé. Eux devaient se contenter des discours alambiqués qui dissimulaient leur violence avec des paroles mielleuses, et à donner des ordres à leurs milices diverses et hommes de mains. Ils avaient l’âme sale mais les mains propres. Ils pouvaient jouir en toute quiétude de voir couler le sang à leurs requêtes mais se garder d’y tremper leurs jolies pattes blanches manucurées.

      Mais il arrive aussi que certains, qui ont ainsi des pouvoirs démesurés, ne puisse se satisfaire de la Jouissance que leur procure le spectacle de cette violence commandités par eux-mêmes et qu’ils veuillent pour se ménager des sensations plus forte mettre soi-même « la main à la pâte.

      Voir des policiers frapper des manifestants cela peut-être jouissif pour des hommes de pouvoir. Mais la jouissance suprême n’est-ce pas tout de même de cogner soi-même, de sentir l’écrasement des chairs d’autrui sous les doigts fermé de son poing, d’entendre craquer les cartilages voire même les os, de voir le sang couler des nez éclatés et les dents crachées sur le trottoir. Certains ont besoin de cela pour satisfaire pleinement leurs pulsions. Monsieur Alexandre Benalla fait à l’évidence parti de ces pervers. Ce n’est pas une faute en soi. La faute de monsieur Benalla c’est de s’être fait filmer. C’est de faire tomber les voiles, de révéler au grand public la nature violente du pouvoir.

      On fait le procès actuellement de ce Monsieur Benalla. Bonne affaire, n’est-ce pas le moyen d’échapper au procès plus général de la violence d’État.

      Monsieur Benalla est sans l’ombre d’un doute une brute épaisse, un sbire, un nervi, un chien de garde devenu dangereux. Fait-on un procès au « doberman » qui a mordu ? Isolement ou euthanasie, il faut mettre la bête hors d’état de nuire. Mais c’est au maitre, quels que soient les attentions et les soins dont-il entoure son animal, qu’il convient de faire un procès en « responsabilités civiles »…. Où politique.



      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 22 juillet 2018.
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