• UN PÉPIN POUR PEPY (DISPUTE A PROPOS D’UN REFERENDUM ET D’UN SONDAGE)

      UN PÉPIN POUR PEPY
      (DISPUTE A PROPOS D’UN REFERENDUM ET D’UN SONDAGE)


      61, 8 % des employés de (l’encore SNCF) ce sont exprimé lors d’un « référendum » organisé par les syndicats, à 95 % contre le projet liquidateur du gouvernement.

      Alors ces messieurs les dirigeants en exercice, s'esclaffent : ce n’est même pas démocratique, « les urnes, les isoloirs, les huissiers, la participation. » Rien ne va à leur sens.

      Ils avaient ordonné un « sondage » dont les résultats ont été publiés, « Le baromètre de l’économie Odoxa pour le mois d’avril révèle que 65 % des français pensent qu’Emmanuel Macron a raison de conduire la réforme de la SNCF. » (La Provence, jeudi 5 mai 2018). Et comme de bien entendu les résultats de celui-ci sont en totale opposition avec celui de la consultation des cheminots.

      La SNCF nous disent les grands docteurs Es-démocratie, n’appartient pas aux seuls cheminots mais à la nation toute entière. Le référendum des cheminots n’a donc aucune valeur. C’est à la représentation nationale et au gouvernement qui est l’émanation de toute la nation de décider du destin du chemin de fer Français.

      L’actuel président de la République, le gouvernement et l’Assemblée nationale ne sont pas comme ils prétendent représentatifs de la majorité du peuple français. Ils disposent certes d’une majorité parlementaire, volée aux Français « par effraction » selon les termes avisés de François Hollande qui avait fourni le pied de biche. Mais ils ne sont en vérité, malgré « le viol de la démocratie dont ils se sont rendus coupables » les élus que d’une minorité des Français (40 % environ) .Aussi sont-ils mal, très mal venus d’arguer de leur prétendu représentativité dans le but de faire taire les voix pétitoires de la contestation populaire.

      Au demeurant, ces cambrioleurs, ne sont-ils pas un peu « gonflés » d’argumenter de la sorte, à propos de l’appartenance du chemin de fer à tous les français pour promouvoir une réforme dont la finalité est de vendre ce joyaux national à leurs « copains et coquins », banques et grands financiers.

      « Le chemin de fer est la propriété de tous les Français » lorsqu’il s’agit de faire taire les cheminots. Dans leurs bouches il ne s’agit là que de flatter le peuple pour le mieux spolier.

      Alors certes dans l’attente que ce bien national de tous les français ait été bradé pour quelques euros symboliques à des opérateurs privés, il est vrai que le chemin de fer appartient encore à tous les français. Mais n’est-ce pas précisément ce que disent les cheminots qui appellent tous les travailleurs et classes populaires de ce pays à serrer les rangs autour d’eux, à résister « tous ensemble » à l’offensive destructrice de l’ultra libéralisme.

      S’il est donc vrai qu’il n’appartient pas aux seuls cheminots de décider de l’avenir et des orientation d’une entreprise qui est un bien national commun à tous les Français, il n’en est pas moins vrai qu’il leur appartient en propre de défendre leur « statut du cheminot », qui est une sorte de convention collective d’entreprise et un « acquis social » qu’il n’y a pas lieu de remettre en cause. Il s’agit la non pas des orientations et de la stratégie de l’entreprise ferroviaire, mais de la question des relations internes entre l’employeur SNCF et son personnel. Cette question ne saurait en aucun cas relever de ‘la démocratie politique générale ». Le vouloir ce serait vouloir tuer le débat social, réduire à néant le sens même de l’action syndicale. Supposez que des salariés d’une entreprise quelconque, à la suite d’une grève obtiennent une augmentation de salaire et qu’on leur dise alors on va faire voter tous les français pour savoir si cette augmentation est légale. Comment tous les français auraient-ils le droit de se prononcer sur des rapports internes de travail et de gestion du personnel qui relève de l’entreprise. Alors oui, il est tout à fait légitime que les seuls cheminots se prononcent sur l’avenir de leur statut, sur la défense de leurs acquis sociaux. C’est même là un droit sacré et exclusif de les défendre bec et ongles.

      La démocratie la vraie, commence par le respect du droit des minorités. Toute communauté d’entreprise constitue une minorité susceptible d’avoir ses propres accords internes et modes de fonctionnement dès lors qu’ils respectent la loi générale Et l’on ne saurait au nom d’une quelconque majorité nationale s’ingérer dans les rapports internes de celles-ci,
      En vérité ce gouvernement voudrait venir à bout de la résistance des cheminots qui est un des derniers points d’accroche social. Ce qu’il redoute, et il a en cela bien raison, c’est qu’une éventuelles victoire des cheminots ne soulève dans son sillage une contestation massive de sa politique ultra libérale.

      Or, c’est cela la vraie démocratie, quand les peuples s’insurgent et prennent leurs destin en main. La vraie démocratie n’est certes pas dans les référendums et encore moins dans les sondages ni même dans les urnes en général. Elle est dans la rue les usines et les facs, elle est dans les grèves et les AG. Quid des urnes, elle est dans le vote à main levée.

      Quant au référendum interne organisé par les syndicats, s’il n’a aucune valeur juridique, nous en convenons bien volontiers (ce n’était d’ailleurs ni son but ni sa prétention), il a tout de même une valeur « indicative, mais oh combien incontestable de l’état de l’opinion des salariés concernés. Incontestable : comment ces messieurs dames qui s’en remettent si volontiers à des « sondages » dont il est loisible de tordre les questions posées et de manipuler les échantillons de population afin d’induire la réponse souhaitée, oseraient-ils afficher tant de dédain pour ce qui est un « sondage grandeur nature » avec une question posée sans détour. Or que dit sans contestation possible le résultat du référendum interne des syndicats ? Il dit que les cheminots sont massivement opposés aux plans du gouvernement concernant l’avenir de la SNCF et de leur statut.

      Le PDG de la SNCF avait prétendu lui le contraire, il affirmait, sans le moindre souci des réalités, que 8O % des cheminots étaient « pour ». Le référendum interne des syndicats a au moins cet effet immédiat de le démentir de façon cinglante. Le « démentir » c’est le mot qui convient car Guillaume Pépy mentait sciemment avec l’intention de faire douter les cheminots de leur propre détermination.
      Vous accusez monsieur, me dira-t-on peut-être, le PDG de cette grande entreprise d’être un menteur ! C’est grave cela, le savez-vous ?
      Je le sais, mais préféreriez-vous, rétorquerai-je aussitôt, que je le traitasse d’incompétent ?
      Car il faut bien s’entendre, si l’on admet un seul instant que monsieur Pépy ne mentait pas, alors il faudra bien admettre que la terrible méconnaissance de l’état de l’opinion interne de ses personnels que signale cet épisode, démontre son incompétence crasse.

      Menteur, manipulateur ou incompétent, qu’importe somme toute le « titre » dont on le l’affuble. Dans tous les cas il est vrai, ceux qui l’exigent ont raison, l’honneur voudrait que cet homme démissionne de son poste. D’ailleurs dites-moi, de quel bois vulgaire est-il fait cet homme enrôlé comme PDG d’une entreprise nationale, fière et grande, et qui accepte sans états d’âme d’en être le fossoyeur quand il devrait en être le premier et le plus ardent défenseur ?



      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Vendredi 25 mai 2018.
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