• LA MODÉRATION N’EXCLUE PAS LA FERMETÉ

      LA MODÉRATION N’EXCLUE PAS LA FERMETÉ


      (Lettre publique adressée à Messieurs Vladimir Poutine Président et Sergueï Lavrov chef de la diplomatie de l’Union de Russie)


      Je prie messieurs Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, et Madame Maria Zakharova. Porte-parole de la diplomatie russe, de bien vouloir prêter quelque attention à ce courrier et de le porter à la connaissance de messieurs Vladimir Poutine Président de l’Union de Russie et Sergueï Lavrov ministre des affaires étrangères.


      *

      La « Troïka » des nations impérialistes occidentales est donc passée à l’attaque, contre l’État souverain de Syrie, dans la nuit du 14 avril. Elle a mis ses menaces à exécution. Menaces qu’elle avait justifiées préalablement par le prétexte fabriqué par elle-même et ses alliés sur place, d’une prétendue attaque chimique de « Bachar Al Assad, contre sa population.

      Les inspecteurs de l’OIAC étaient en route pour la Syrie avec pour mission de vérifier le fondement de ces informations et de tenter si elles s’avéraient exactes de déterminer l’origine de l’attaque. Le Général Mattis secrétaire d’État américain à la Défense, avait demandé deux jours avant, que les frappes punitives envisagées soient différé dans l’attente de la réunion des preuves, arguant du fait que l’établissement de celles-ci serait une justification morale à l’intervention occidentale.

      Mais ils n’ont pas voulu attendre. Ce qui démontre que les prétendues attaques chimiques ne sont que des prétextes bien futiles pour justifier leur crime odieux. Ils se passent des preuves, et pour cause, ils savent bien la réalité des faits, ils les ont fabriqués.

      Mais de cela il convient de déduire aussi qu’ils peuvent à tout moment, autant de fois que ça leur agrée, renouveler ce genre de scénario, et justifier, certes mal, mais ainsi, des actions contre le pouvoir légal syrien et ses capacités militaires.

      Or, au lendemain des frappes survenues dans la nuit du 14 avril, à la lecture des informations émanent de « Sputniknews – » qui est un peu la voix médiatique de la Russie, nous faisons avec effarement le constat inquiétant que voici. La Syrie que vous aviez récemment équipée de système S 400, semble n’avoir fait usage pour contrer l’attaque que de systèmes anciens tels les « S 200 datant de l’époque Soviétique ou Pantsirs » et les systèmes antiaériens russes présents sur le sol syrien ne sont pas rentrés en action. De plus, l’attaque de la coalition s’est concentré pour l’essentiel sur des sites militaires Syriens prenant soins de ne cibler ni les installations portuaires de Tartous ni la base Russe de Hmeimim ‘ce qui laisse entrevoir une sorte de marché, au moins tacite, passé entre agresseurs et défendeurs, pour éviter pour les uns d’impliquer la Russie, pour celle-ci de ne pas s’impliquer d’avantage.

      La motivation de la coalition occidentale étant moins en la circonstance d’éviter le dérapage que de pouvoir tordre le cou séparément, et sans que cette dernière s’en mêle à l’allié syrien de la Russie.

      La Russie, pour sa part, veut éviter les risques d’engrenage et d’escalade.

      Nous sommes des êtres humains plutôt animés de philanthropie. L’avenir, la prospérité, la sécurité et la quiétude de l’humanité nous intéressent et ses dangers nous préoccupent. Alors bien entendu nous comprenons, et même plus, nous approuvons cette modération de la Russie et l’en remercions. Comme Jean-Luc Mélenchon qui l’a déclaré avant-hier à Marseille, nous en sommes réduits nous aussi à nous en remettre au sang-froid et aux nerfs d’acier du Président Poutine dans l’espoir d’éviter le pire, quand « nos dirigeants » occidentaux perdent le raison.


      Pour autant il ne faut pas se voiler la face, cette volonté Russe de temporiser sera contre-productive si elle devait persister. Encouragés par la réserve de la Russie les agresseurs occidentaux vont nécessairement se trouver confortés dans leur volonté d’abattre le régime légal syrien. En s’abstenant de réagir à la première salve la Russie n’a-t-elle pas signifié qu’il y avait des limites à son soutien à Assad ? C’est tout au moins comme cela que les coalisés occidentaux l’interpréteront. Dans cette modération ils voient une faille à ouvrir d’avantage et exploiter à fond, un point faible du dispositif. Ils renouvelleront leurs attaques, en s’efforçant de garder la Russie « hors-jeu », aussi longtemps que celle-ci ne mettra pas clairement fin à leurs visées.

      Vous savez-bien que la « troïka impérialiste occidentale n’a pas mené, comme elle l’affirme, son agression du 14 avril pour punir Bachar Al Assad. Le punir de quoi d’ailleurs ?, de l’attaque chimique de Douma ? Ils n’y croient pas eux-mêmes. Comment pourraient-ils y croire eux qui savent pertinemment qu’ils en sont les véritables « producteurs et que leurs complices, les rebelles armés sur place, en sont les scénaristes ?


      Mais alors si punir Assad n’était pas vraiment la raison, quels était-il le véritable but recherché ?

      La fin poursuivie par la troïka impérialiste occidentale est d’inverser le cours de la guerre en Syrie. C’est d’annuler la victoire du régime syrien et de ses alliés en relançant les hostilités sous un autre format. Alors qu’avec la reprise de contrôle de la Ghouta, Damas était tout près de la victoire totale contre la rébellion fomentée et soutenue de l’extérieur, ils veulent briser sa capacité offensive, l’acculer à la défensive et relancer à l’assaut les hordes barbares « relookées » et rebaptisées d’un joli nom "démocratique".

      Or cela a une signification. : L’attaque du 14 avril n’était qu’une mise en bouche en quelque sorte, un test grandeur nature des capacités de défense de la DCA syrienne et du positionnement de la Russie. D’autres raids vont suivre Nous voyons à la lecture de « sputniknews » que des observateurs nombreux se manifestent qui partagent ce point de vue et nos inquiétudes. Et cela paradoxalement contribue à nous rasséréner un peu. Nous voulons ajouter nos voix aux leurs, pour vous prévenir de ne pas tomber dans le piège.

      La défaite d’Assad serait la défaite de la Russie en Syrie et sa perte de crédibilité. Autant dire la perte de tous les bénéfices engrangés depuis le début de la crise syrienne par la politique internationale de votre pays.

      Il y a pourtant moyen, nous semble-t-il, de contrer l’agression, sans tomber dans l’excès et en limitant les risques d’escalade.

      1 - Tout d’abord en s’adressant à l’opinion publique mondiale. La Russie ne doit pas craindre d’utiliser les « armes » de la communication. Il existe en France - de très nombreuses prises de positions récentes en attestent - mais aussi nous en sommes convaincus, dans tout le monde occidental, un large spectre de l’opinion, prêt à vous entendre malgré le concert assourdissant des trompettes médiatiques de la guerre.

      Il convient de signifier clairement par un manifeste à l’adresse des peuples du monde, que la Russie ne veut pas la guerre, qu’elle a adopté jusque-là, à maintes occasion, une attitude raisonnable et plus que mesurée afin de ne pas attiser les tensions que d’autres s’ingénient à accroitre. Mais la Russie ne peut pas laisser les agresseurs, en dépit du droit et de toutes les conventions internationales, attaquer plus longtemps un pays souverain, son allié syrien, dans le but de relancer contre lui l’assaut les hordes terroristes de l’islamisme radical.

      Laisser l’agression se poursuivre, parce que ce serait un encouragement aux agresseurs, serait bien la pire des politiques. La Russie doit la stopper. Il s’agit pour elle de s’en tenir à une posture mesurée, strictement défensive afin d’éviter les risques d’escalade militaire auxquels les agresseurs occidentaux exposent délibérément la région toute entière du Grand Moyen-Orient, leurs propres peuples et le Monde dans son ensemble.


      2 – Ensuite, et à la raison précédemment énoncée, stipuler clairement à l’adresse des responsables occidentaux que les militaires Russes légalement présents sur le sol Syrien à la demande du gouvernement de ce pays et en collaboration étroite avec sa DCA verrouilleront dorénavant l’espace aérien syrien. En conséquence de quoi tout missile, drone ou aéronef qui y pénètrera sans autorisation sera abattu, qu’elle que soit son origine. Qu’attachée à cette posture défensive la Russie se gardera de toute provocation et représailles.

      Le dire (ça l’a déjà été), mais le faire aussi vraiment.

      N’oubliez pas, on laisse envahir la Tchécoslovaquie, puis la Pologne et le lendemain on prend de plein fouet l’opération « Barbarossa ». Avec nos respectueuses et non moins fraternelles salutations.



      Patrick Seignon s'exprimant au nom de plusieurs de ses amis. « lavoiedessansvoix.fr ». Mardi 17 avril 2018.
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