• CHEMINOTS : FACE A LA PROVOCATION

      CHEMINOTS :
      FACE A LA PROVOCATION


      Le Premier ministre vient donc de l’annoncer, c’est par « Ordonnances », au mépris de l’opinion publique et de la représentation nationale que le statut des cheminots sera démantelé. C’est une insulte aux cheminots et à la démocratie. Après les ordonnances sur le code du travail c’est une nouvelle provocation, une de trop à l’égard de la France laborieuse.

      Mais pourtant ce gouvernement de crâneur a peur. Voyez plutôt. Il avait laissé entendre qu’il aurait probablement recours à cette procédure autoritaire que sont les ordonnances pour régler leurs comptes à la fois aux cheminots, mais aussi à la Société Nationale et au service public en fermant de nombreuses lignes secondaires réputées « non-rentables ». Pourtant aujourd’hui c’est au seul statut des cheminots qu’il déclare vouloir s’attaquer par ordonnances, se rabattant en ce qui concerne le statut des chemins de fer sur une formule bâtarde de « société anonyme d’Etat » pour masquer la privatisation de fait, et s’en remettant prétendument a à la représentation nationale (de sa majorité de parlementaires godillot) pour régler le compte des petites lignes. Il s’agit rien moins que d’une manœuvre dilatoire pour concentrer l’effort, dans un premier temps, sur la seule liquidation du statut des cheminots en éliminant du débat immédiat les questions qui de manière trop évidentes eurent valu à ceux-ci le renfort d’une opinion publique quasi générale. Ils espèrent de la sorte isoler les cheminots en les présentant comme préoccupés par la préservation égoïste de leurs « seuls intérêts corporatifs ». Quand l’ultime arc de résistance des cheminots sera brisé, sur quoi donc s’appuiera la résistance aux appétits privés des vautours de la banque qui entendent dépecer la dépouille des chemins de fers ?

      Il revient aux cheminots de riposter au premier rang à cette provocation. Mais ils convient à l’opinion publique générale, aux représentants des collectivités locales de leur apporter leurs aides et leurs soutiens indéfectible. A défaut de quoi ceux-là pourraient dire bientôt : « Quand ils ont démantelé le statut des cheminots je n’ai rien dit, je n’étais pas cheminot, quand ils ont démantelé la SNCF je n’ai rien dit, je ne me sentais pas concerné, quand ils sont venu fermer ma ligne j’étais seul à protester. » Non cette affaire n’est pas celle des seuls cheminots ni même celle du sort des seuls chemins de fer. Il s’agit d’une déclaration de guerre à la société civile qui doit s’en saisir en prenant appui sur la réaction prévisible des cheminots, afin de mettre un coup d’arrêt aux prétentions arrogantes et agressives du capitalisme libéral.

      C’est le libéralisme débridé, c’est l’Europe ultra libérale, (que l’élection de Macron en France a confortée) qui le veulent. La SNCF doit disparaitre affirment-ils, précipitant dans sa chute le statut des cheminots aux oubliettes de l’Histoire sociale. C’est ainsi, il y a des peuples révolutionnaires qui déboulonnent les statues et des dirigeants ultra- réactionnaires qui piétinent les statuts.

      Foin d’être « un peu de gauche » ou même « progressiste » comme il le prétend, le gouvernement de Monsieur Macron, né de l’accouplement contre nature du libéralisme économique et du monstre socialiste est un gouvernement ultra réactionnaire. Des pires que la France n’ait jamais connus, durant toute son Histoire post révolutionnaire. C’est le retour »aux affaires » du parti Orléaniste », de la France « Louis philipparde », de la France réactionnaire du dix-neuvième siècle, de la monarchie du parti de la finance.

      Qu’elle est la force de ce gouvernement ? Celle d’une illusion, de la tromperie prétendument démocratique que fut la farce sinistre des dernières élections présidentielles. Celle surtout que lui assure le respect servile et imbécile d’institutions arbitraires, par ceux-là même qui aspirent à en changer. (C’est tout au moins ce qu’ils affirment dans leurs professions de foi.)

      Autant dire que la stabilité du gouvernement actuel et sa capacité à imposer à la majorité réelle des français, des contre-réformes dont celle-ci ne veut pas, ne tient qu’à peu de choses, à l’expression de la colère populaire, au réveil de la contestation. Que la France du travail s’insurge contre l’arrogance et l’injustice, s’en sera fait de ce gouvernement. Il sera précipité en bas du piédestal institutionnel de la cinquième République vermoulue.

      Vous en voyez qui font la grimace et qui à l’instar d’un exorciste à la vue du diable fustigent « la malins » à coup de « vade retro Satanas ». Renverser le gouvernement ? Provoquer une crise institutionnelle ? Vous n’y pensez pas, ce n’est plus du syndicalisme, ce n’est plus du ressort de la rue et du mouvement social, « C’EST DE LA POLITIQUE ». Si un gouvernement utilise des méthodes anti démocratique de surcroit pour imposer quoiqu’il en soit des anti-réformes contraire à l’intérêt général, pour servir les seuls intérêts d’une petite oligarchie financière, doit-on le laissé faire au prétexte que l’entraver serait de « la politique ? ». quand un gouvernement dit par avance qu’il ne reculera pas quoiqu’il advienne que reste t’il comme choix aux citoyens en désaccord que de se soumettre ou de se débarrasser de ce gouvernement, Ceux qui voudraient vous en dissuader au prétexte que « c’est de la politique » ne sont en vérité que « la cinquième colonne », les alliés cachés des premiers ; qui veulent vous faire renoncer à la lutte, car il n’est en vérité de combat perdus d’avance que ceux qui ne sont pas livrés.

      Voulez-vous résister ? Refusez-vous le démantèlement du statut des cheminots et de la SNCF symbole du service public, refusez-vous de soumettre le service public au critère de rentabilité ? S’il faut pour que toutes ces calamités n’aient pas lieu renverser le gouvernement refuserez-vous de le faire ? Renonceriez-vous à la victoire sur vos revendications pour sauver un gouvernement de fantoches de la Banque ? Il faut pour mettre en échec sa politique antisociale renverser ce gouvernement ? Alors mobilisons-nous et renversons le sans état-d ‘âme.

      Certes ils vous disent que leur réforme réactionnaire se fera coute que coute et qu’il ne sert à rien de protester car ils ne céderont pas. C’est leur jeu, c’est leur intérêt de tenter en brisant votre moral de désamorcer tout risque de contestation sociale. Mais n’en croyez rien amis, cela n’est que rodomontade, c’est la politique de ces animaux qui hérissent le poil et tante de paraitre plus gros qu’ils ne sont, face à leur adversaire. Tout cela n’est que propagande et mensonge. Ils se sont approprié les médias et la presse écrite. Les journalistes qui sont leurs salariés serviles ne sont plus depuis belle lurette au service de l’information mais à celui de leur propagande. Qu’importe, toute propagande n’abuse qu’un temps ceux à qui elle s’adresse et la nécessité historique finit toujours par reprendre le dessus.

      La liquidation de la S.N.C.F. est irrémédiable et toute contestation est inutile car vouée à l’échec ? N’en croyez rien. La vérité est toute autre. La France du travail vous observe et retient- son souffle. Cela dépend de vous dans un premier temps, de l’étincelle que vous allez produire et qui enflammera les matériaux secs du mécontentement populaire accumulé. Cela dépend de la première impulsion que vous allez donner.

      Il est de l’ordre du possible qu’en décrétant une sentence sans retour contre la S.N.C.F. et le statut des cheminots, ce soit en vérité son propre arrêt de mort que ce gouvernement de fantoches ait signé. Les colères et les mécontentements cumulés sont multiples, la rancœur est grande, la résignation apparente ne demande qu’à se changer en indignation et en mobilisation Cela, collègues, camarades et amis cheminots tient en premier lieu à vous. Oh, pas à vous seuls soyez rassurés, mais à la France du travail toute entière qui se lèvera dans vos pas, mieux, plus fort, plus massivement encore qu’en 1995, et scandera avec vous « Tous ensemble » dès lors que vous en aurez donné le signal. Et je vous l’assure, j’en entends déjà l’écho, de l’autre côté du Rhin, les travailleurs Allemands, comme ils le firent alors scanderont à nouveau à l’adresse de tous les travailleurs d’Europe « Parlons français ! ».


      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Lundi 26 février 2018.
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