• LA LETTRE D’EMMANUEL MACRON DÉCORTIQUÉE

      LA LETTRE D’EMMANUEL MACRON DÉCORTIQUÉE




      Avant-propos: Le texte de Macron en noir et le mien en rouge.
      Je publie ce texte promis pour hier soir avec plus de 12 heures de retard. Je prie mes lecteurs de bien vouloir m'en excuser. Certains passages à la fin ne sont pas complétement rédigés. La mise en page doit-être retravaillé. Je ferai cela en soirée. Merci de votre attention. (P.S. 11 heures 47.)


      «Chères Françaises, chers Français, mes chers
      compatriotes,
      Dans une période d'interrogations et d'incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.
      La France n'est pas un pays comme les autres.
      Le sens des injustices y est plus vif qu'ailleurs. L'exigence d'entraide et de solidarité plus forte.

      Chers amis, citoyens et camarades,

      Voilà point par point une réponse dans l'esprit "Gilets-jaunes" à la longue lettre d'un Président dont nous ne voulons plus.

      Macron a bien une approche de classe. La Richesse appartient aux riches et le peuple « gueux » exige de l’aide et de la solidarité. Le peuple ne veut pas de sa « Charité ». Le peuple est humilié de cette approche. C’est son dû que le peuple veut. Les richesses produites par une nation le sont collectivement. Elles appartiennent à la Nation toute entière et non à une poignée qui se les approprie. La richesse nationale appartient à toute la Nation. Ce qui pose problème c’est le partage de cette richesse. Certains qui se l’approprie considèrent qu’ils font un cadeau au peuple lorsqu’il lui en attribue la part tout juste suffisante à sa survie C’est pourquoi bien souvent ce sont ceux-là, qui « n’en glandent pas une » qui se persuadent que ce sont eux qui font vivre le peuple. Mais se partage est-il juste ? Qu’elle part du gâteau national doit-il revenir au riches et qu’elle part au peuple. Qui le détermine et comment le détermine-t-on. La ligne de partage peut-être très variable selon les époques et les contextes historiques. C’est pour une large part une question de « rapport de force » entre le capital et le travail. Ce n’est pas d’entraide ni de solidarité que le peuple a besoin. C’est de son revenu propre et sa juste part de la richesse nationale, son droit inaliénable, le droit de vivre non d’aides et de charités publiques mais, décemment et dignement, du produit de son travail,

      Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l'éducation, la santé, la sécurité, la justice, sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l'effort partagé par tous.

      Non l’impôt ne réduit pas les inégalités, il les accroît même dans bien des cas. Chacun sait que les grandes entreprises paient des impôts dérisoires, et au demeurant la « redistribution » que permettait autrefois l’impôt se fait maintenant plus au profit de ces dernières que des couches fragiles de la population. On récolte des milliards d’impôt que l’on redistribue aux grandes entreprise sous la forme d’allègement des charges ou d’aide sous prétexte de « création d’emplois » qu’en vérité elles détruisent par milliers.

      C'est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

      Fraternelles ? Comment se Président qui nous envoie ses flics armés jusqu’aux dents pour nous interdire de manifester, qui donne l’ordre de frapper faire mal et blesser des Français, ose-t-il parler de fraternité ?

      C'est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d'opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

      Quel culot ! Quelle impertinence ! La France en « Etat de siège » un pays le plus libre ? La France où l’expression de certaines opinions sont de plus en plus souvent « criminalisés », où l’on doit réfléchir avant de s’énerver et de prononcer un mot de trop sous peine d’être trainé devant les tribunaux. Où l’Histoire officielle est judiciarisée par de multiples lois mémorielles. Libres ? D’avoir des convictions par devers soi, mais pas de les défendre.

      Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre.

      La liberté n’a aucun sens quand elle se limite à choisir celui ou celle qui portera sa voix. Encore faut-il pouvoir s’en assurer et le contrôler et le ou la « révoquer » s’ils ne respectent pas leur mandat.
      Quant au système électoral il est complètement pipé
      Pour ne pas parler du déroulement des élections Présidentielles et Législatives de 2017, une véritable arnaque. Un « hold-Up sur le suffrage populaire.

      Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous: c'est tout cela, la nation française.

      Une poignée de politiques inféodées au capital financier décide du destin de tous. Mais quand chacun » prend la parole, manifeste et s’exprime dans la rue parce que précisément il voudrait bien décider de son propre destin, on le renvoie dans les cordes à coup de gaz lacrymogènes, de grenades de désencerclement, de flashball, de canon à eaux et de blindés à roues. Voilà la vérité si forte actuelle.

      Comment ne pas éprouver la fierté d'être Français?

      Nous éprouvons surtout beaucoup de honte nous Français d’être si mal représentés.

      Je sais, bien sûr, que certains d'entre nous sont aujourd'hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n'offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d'où l'on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

      Tient, Macron sait que l’on est en colère. Pertinent le garçon.

      Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d'effort et de travail.

      Cette impatience ? Qu’elle impatience ? Ce n’est pas d’impatience qu’il s’agit. Macron voudrait nous faire croire que les « réformes » qu’il réalise sont bonnes et qu’il suffirait d’attendre qu’elles produisent leurs effets. D’où cette antienne sur l’impatience.

      Mais la vérité c’est que ses réformes sont plus que mauvaises, se sont de véritables calamités pour la vie du peuple d’en bas. Si le peuple prenait pour « paroles d’or ». Les mots de se Président, et se limitait à attendre comme il y est invité l’effet des réformes, il se réveillerait bientôt avec une horrible gueule de bois et dans une noire misère. Car ces « réformes » ne sont pas faites pour améliorer le sort du peuple mais pour accroitre la fortune des riches.

      Mais le peuple, c’est une nouveauté qu’a apporté le mouvement des « Gilets-Jaunes », est prévenu, Il ne croit rien des paroles fielleuses de ce Président, il s’en méfie même comme de la peste. Si le peuple est impatient de quelque chose ce n’est pas de voir les effets calamiteux des réformes à Macron, c’est de les stopper, de les annuler, et d’envoyer leur promoteur dans les enfers de l’Histoire.

      En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

      Il est bon que les idées soient claires en effet. Il est meilleur encore qu’elles soient adaptées.

      Mais il y a pour cela une condition: n'accepter aucune forme de violence.

      Le Faquin ! Il n’accepte « aucune forme de violence » ? Parce que la violence d’Etat, 100 000 policiers armés jusqu’aux dents, les matraques, les gaz lacrymogènes, les grenades assourdissantes ou de désencerclement, les flashballs, les canons à eaux, les blindés à roues, les fusils d’assauts, les nombreux blessés et mutilés qui en ont déjà résulté, les gardes à vues, les arrestations, les comparutions immédiates, ce n’est pas de la violence çà ? Comment peut-on afficher tant de cynisme et de mauvaise foi ?

      Emmanuel Macron qui déploie des moyens considérables de violence de l’Etat pour frapper le peuple, interdire de facto la liberté de manifester, par la terreur répressive faire taire les mécontentements par la force, est opposé à « la contre violence du peuple », voudrez nous contester en plus notre droit à la « légitime défense citoyenne ». Non, le terrible menteur, il n’est pas contre « toutes les formes de violence », il utilise sans états d’âme la violence d’Etat pour défendre les privilèges des riches mais il est contre uniquement celles du peuple qui se défend contre ses débordements.

      Je n'accepte pas, et n'ai pas le droit d'accepter la pression et l'insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n'accepte pas et n'ai pas le droit d'accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait!

      Quant à l’affirmation selon laquelle il n’a « pas le droit d’accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, etc. » C’est plus qu’une simple rhétorique, c’est la volonté ouvertement déclarée et pleinement assumée d’entraver la liberté d’opinion et de critique. C’est l’injonction faite au peuple de recevoir la parole des médias comme la vérité révélée et l’interdiction de la contester. L’injonction faire de se coucher devant les élus, même lorsqu’ils bafouent le peuple.

      Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

      « Pas besoin de toi Manu ! » C’est déjà fait. Avec la levée en masse de leur mouvement les Gilets-Jaunes ont déjà posé cette question de « notre avenir » en commun. C’est effectivement une espérance populaire qui s’est levée, et les riches, les privilégiés ont pris peur de devoir céder un peu de leurs revenus et de leur confort pour un partage plus équitable de la richesse nationale. L’espérance des Gilets-jaunes domine la peur des gavés.

      C'est pourquoi j'ai proposé et je lance aujourd'hui un grand débat national qui se déroulera jusqu'au 15 mars prochain.

      Dans toute sa lettre pourtant longue, Emmanuel Macron n’évoque pas une seule fois le mouvement des Gilets-jaunes, il parle vaguement des colères, des citoyens, des français, des maires, des responsables associatifs, des simples citoyens, de vous, de nous, Mais il redoute les mots « gilets-jaunes », comme une patate chaude qui pourrait lui bruler la gueule.

      Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J'ai eu de nombreux retours que j'ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l'Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l'étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l'initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens. Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

      C’est qu’en vérité Monsieur macron s’est efforcé d’interdire l’expression nationale, d’effacer, de faire disparaitre, de tuer, le mouvement « Gilets-Jaunes avant même l’ouverture de ce débat. Il aurait voulu se préserver de la pression d’un mouvement national. Certes il n’a pas vraiment réussit malgré la débauche de moyens mis en œuvre. Certes il acceptera, pour donner le change, la présence de « Gilets-jaunes » individuels dans les débats, non représentatifs d’un mouvement d’ensemble. Mais la question qui se pose est la suivante :

      Quel débat authentique et sincère peut-on se targuer de vouloir vraiment quand on s’efforce de mettre hors-jeu un des interlocuteurs essentiel avant même l’ouverture de celui-ci ?

      Comment prétendre être partisan d’un débat quand on affirme en préalable que l’on ne changera rien à sa politique et à ses orientations et que l’on poursuivra « au pas de charge » les réformes contre lesquelles les Français se sont dressés vent debout ?

      Le débat de Monsieur Macron n’en est pas un. C’est un forum où les Français sont invités à s’auto-congratuler et par leur présence à faire acte d’allégeance au pouvoir.

      Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l'intermédiaire légitime de l'expression des citoyens.

      Macron sait donc que l’on est en colère, mais il ne veut pas entendre ce que disent les citoyens qui manifestent. Il lui faut encore des intermédiaires et des filtres. Mais lorsque par exemple des dizaines de milliers de Français crient ; « Macron démission » est-il vraiment besoin de l’intercession des Maires pour traduire ? Seul celui qui ne veut pas entendre a besoin de telles « boules quies »

      Pour moi, il n'y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d'accord sur tout, c'est normal, c'est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n'a pas peur de parler, d'échanger, de débattre.

      Pas de « questions » interdites ? Chacun pourra se défouler et poser les « questions » qui lui agréent. Question posée ne signifiant, ni « débat » sur la question ni réponse à la question. Il n’y a pas de question interdites mais des débats et des solutions, si.

      Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d'accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu'on ne le croit.

      Avec son « débat pipé » Macron le communiquant croit qu’il va pouvoir encore entortiller les Français

      Je n'ai pas oublié que j'ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu'il faut rendre à la France sa prospérité pour qu'elle puisse être généreuse, car l'un va avec l'autre.

      Nous voilà rendu au point crucial de la question. Comme ils ne veulent pas partager plus équitablement le gateau de la richesse nationale, les riches prétendent qu’il faut en produire toujours d’avantage afin de récupérer quelques miettes sous forme de toujours plus de travail et d’heures supplémentaires. Les classes laborieuses sont à leur sens un peu comme l’écureuil de la cage infernale pris au piège et forcé de faire tourner en grand la machine économique des magnas s’il veut récupérer quelques miettes.

      Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité,

      Mais chacun sait, éclairé par plusieurs de ses déclarations honteuses, sur « les fainéants » qui doivent « traverser la rue » ou ces personnes en difficultés « qui déconnent », tous le mépris de Macron pour « les travailleurs privés d’emplois » qu’il veut rendre responsables de la situation qui les accable.

      La lutte contre le chômage c’est la création d’emploi. Ce n’est pas le flicage et l’humiliation des chômeurs. Macron confond lutte contre le chômage et lutte contre les chômeurs.

      et que l'emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu'il faut donc leur donner les moyens de se développer.

      Jusqu’ici, depuis30 ans c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Les entreprises ont détruit bien plus d’emplois qu’elles n’en ont créés. Et les moyens publics qui leur sont attribués pour soi-disant créer des emplois ne sont en vérité que de somptueux cadeaux, déguisés, fait aux plus riches sur le compte des « deniers publics ».

      La lutte contre le chômage ça n’existe pas. Ce qui devrait exister c’est la lutte pour le travail et pour l’emploi. Créez des emplois ! Cessez les délocalisations ! ré industrialisez la France ! Revenons au plein emploi (non pas au plein emplois précaires et partiels ou ubérisés) et il n’y aura plus guère de chômeurs et les mesures coercitives et humiliantes que vous envisagez de prendre contre ceux déjà fragilisés par la perte d’emplois s’avéreront bien dérisoires et inutiles.

      Je pense toujours qu'il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine.

      Quel ba bla, en effet, ah oui quel fatras ! L’école n’a jamais réduit les inégalités. Elle fut un ascenseur social pour certains toujours en nombre réduits, qui la plus part du temps rejoignent « les élites » et regardent avec dédain ou horreur « la branche dont ils sont issus »* Le fait que quelques-uns s’élèvent socialement alors que d’autres plus nombreux sont dans le même temps déclassés, ne change absolument rien aux rapports sociaux fondamentaux.

      Pour « réduire les inégalités à la racine » il faut bien plus que cela. Il faut que le peuple prenne le pouvoir et qu’il impose un nouveau partage des richesses, un peu moins pour les riches gavés et un peu plus pour les pauvres mal « nutrits ».

      Je pense toujours que l'épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement.

      C’est probablement à cette fin que Mr Macron s’est fait le champion du capitalisme libéral cette horrible machine économique lancée dans une folle fuite en avant, obnubilé qu’elle est par sa course au profit. Cette implacable machine économique qui dévore la planète et pille les peuples depuis des décennies.

      Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n'a pas changé.

      « Des mots, rien que des mots, toujours les mêmes »**. Qu’est-ce qui se cache derrière ces mots creux ou « passe-partout » ? Un projet, « nouveau » « plus juste » « plus efficace ». Le capitalisme libéral a deux siècles d’existence, pas vraiment nouveau n’est-ce pas ? Plus juste, qu’est-ce que cela veut dire au juste ? Plus efficace ? Mais en quoi ? Pour créer plus de profits et des dividendes plus juteux, pour détruire encore des dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique et ailleurs ?

      Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d'envisager l'avenir, de nouvelles idées.

      « La primavera », la nouveauté, c’est en leur accolant des adjectifs qualificatifs « primesautiers » que Macron prétend faire du neuf avec de vieux concepts, comme d’autres « faisaient des chemises neuves à leurs garçons avec les vieilles culottes de leurs sœurs. »

      À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d'entre nous, puisse participer.
      Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines.

      « Le plus grand nombre de Français », « le plus grand nombre d’entre nous », « Les questions essentielles qui ont émergées ses dernières semaines », d’où, de qui, de quoi. Et le mouvement Gilets jaune ? Macron ne veut pas même prononcer ces deux mots pour ne pas accorder la moindre reconnaissance officielle à ce mouvement qu’il entend nier et détruire.

      C'est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation: la fiscalité et les dépenses publiques, l'organisation de l'Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d'ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n'épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

      Pourquoi définir « des thèmes » si toutes les questions peuvent-être abordées. Pourquoi l’augmentation substantielle du Smic, la revalorisation des salaires des prestations et des pensions ne fait-il pas parti des thèmes proposés ? Pourquoi la destitution du Président de la République qui est un thème récurrent et la revendication première parmi les « questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines », n’est-il même pas évoqué ?

      Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l'action publique. L'impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C'est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service.

      Il sert dites-vous monsieur l’enfonceur de portes ouvertes, à rémunéré les pompiers les professeurs etc…Mais s’il ne servait qu’à cela et à financer les services publics, il n’y aurait pas le moindre problème. Il sert aussi à rétribuer les policiers. Certes il en faut, cela fait un quasi consensus. Mais si votre système n’était pas aussi répressif il en faudrait bien moins, et combien de centaines de milliers d’euros d’équipements et de munitions auriez-vous pu économiser rien que ces dernières semaines si vous aviez eu pour préoccupation, non de faire frapper vos concitoyens mais d’établir un véritable dialogue fructueux avec eux. On assomme pas, on ne blesse ni ne mutile, les gens avec lesquels on souhaite dialoguer.
      Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d'avenir, notre recherche, notre culture, ou d'entretenir nos infrastructures.

      Mais s’il ne servait qu’à cela et à financer les services publics, nous le répétons, il n’y aurait pas le moindre problème. Mais ne sert-il pas d’avantage, et vous n’en dites rien, à faire des cadeaux considérables aux entreprises, surtout les plus grandes, sous les prétextes fallacieux d’allègement des charges et de soutien à l’emploi ?

      C'est aussi l'impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.
      Ne trouvez-vous pas que vous passez ici encore une fois les milites de la correction ? Si la fiscalité dérisoire des entreprises et du système financier étaient à la hauteur qu’ils doivent être, les rentrées fiscales de l’Etat seraient plus élevées et permettrait d’atteindre quasiment l’équilibre budgétaire. Il n’y aurait pas besoin ou très peu, de dette, c’est-à-dire d’emprunter contre rétribution à des fonds privés ce que l’on ne leur a pas pris en impôts.

      Il voudrait obtenir l’assentiment du peuple au remboursement d’une dette colossale et d’intérêts faramineux, que l’Etat et ses semblables, pas le peuple, ont contracté. Mais ce qu’il ne dit jamais concernant « la dette publique », c’est qu’elle est aussi une créance privée.Certes lui et ses prédécesseurs ont aliénés les peuples à la dette mais cette géhenne du peuple n’en est pas une pour tout le monde. C’est même une manne pour quelques-uns, pour les préteurs, pour les Banquiers et la haute finance, c’est une « rente ». On accable avec la dette, disent-ils souvent, les générations futures. Mais ils ne disent jamais qu’avec le service de la dette on entretien dans l’opulence des générations de rentiers au présent et au futur.

      Mais l'impôt, lorsqu'il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s'investir dans les entreprises, créant ainsi de l'emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts.

      Les Français ne sont pas idiots monsieur l’énarque arrogant. Ils savent tout cela, et l’adhésion à l’impôt n’a été un problème pour personne. Le problème, la question ici c’est « LA JUSTICE FISCALE ».

      Tout d’abord il pratique sciemment une confusion dans le but « d’enfumer » ses lecteurs, entre la fiscalité qui frappe les entreprises et celle qui frappe les salariés. Sous prétexte que la fiscalité trop lourde « prive les travailleurs du fruit de leurs efforts » il tente de justifier l’allègement de la fiscalité déjà insuffisante des entreprises.

      Or, non satisfait encore de cette jonglerie verbale il en rajoute une couche en affirmant que l’impôt trop élevé grève l’essor économique ? Alors que nous protestons contre la fiscalité dérisoire des grandes entreprises groupes et capitaux financiers, il nous glisse à l’oreille qu’il faudrait alléger encore cette fiscalité ? Il y a trente ans que ses semblables et prédécesseurs voudrez nous faire accroire que les cadeaux aux grandes entreprises sont justifiés par le soutien à l’emploi. Trente ans que celle-ci ne cessent en vérité d’en détruire par milliers, et il a lui l’outrecuidance de nous resservir la même antienne pour justifier les mêmes orientations.

      Et pour preuve incontestable de son « ouverture au débat » il affirme aussitôt :

      Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d'encourager l'investissement et faire que le travail paie davantage.

      Qu’elle éloquente introduction « à un débat libre et ouvert où aucune question n’est tabou » !

      Elles viennent d'être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable.

      Comment peut-on se croire intelligent quand on est capable d’assener des arguments aussi calamiteux ? Les effets promis de sa politique fiscale sont catastrophiques pour le peuple d’en bas et les classes moyennes. Il n’y a pas besoin pour en juger d’attendre une future « évaluation de son parlement de godillots ». Le peuple les a déjà évalués. Sans recul il est vrai. (Mais du recul le peuple il en a plus en vérité que vous ne pensez, 30 ans de trahisons de tromperies de pièges et de traquenards)) Or il est des situations, acculé au précipice, où le recul est suicidaire.

      Il faudrait dites-vous que l’on attende sagement d’avoir été plumés pour se rendre compte qu’on a froid.

      Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

      Cynique, sinistre individu. Il dit qu’il ne veut rien changer aux orientations de sa politique fiscale antipopulaire, et ajoute sans ciller qu’il « faudrait même aller plus loin », c’est-à-dire l’aggraver.

      Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité?

      Pourquoi faux-jeton pose-y-il pareille questions puisque il vient de dire qu’il ne changera rien à ses orientations et souhaite même les aggraver ? Faire parler les gens à ne rien dire ? Blablater comme d’autres l’on justement dit ?

      Nous ne pouvons, quoi qu'il en soit, poursuivre les baisses d'impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

      Nous y voilà ! Nous voilà rendu à l’heure de vérité. Macron a précédemment justifiées les baisses d’impôts au prétexte « que l’impôt trop lourd prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans l’économie et les travailleurs du fruit de leurs efforts. » Puis ayant ainsi justifié l’allègement de la fiscalité il lui faut à ce prétexte à présent justifier la « baisse des dépenses publiques ». Certes, d’un premier abord le raisonnement semble imparable. Ce n’est en vérité qu’un énorme sophisme. On baissait les prélèvements pour soi-disant rendre aux travailleurs les fruits de leur travail. Mais comment rend-on des fruits du travail si pour réduire les dépenses publiques on détruit des dizaines de milliers d’emplois de la fonction publique ? Comment rend-on le fruit de leurs efforts aux travailleurs si l’on dégrade pour des raisons budgétaires les services rendus en matière de santé, de retraites, de services publics, etc. ?

      Cette baisse de la fiscalité voulu par les pouvoirs publics actuels, si elle ne se justifie pas par les arguments mensongers de Macron de rendre les fruits du travail, par quoi donc se justifie-t-elle ? Par la baisse des coûts du travail, de la masse salariale, c’est dire en raccourci par l’appauvrissement global de tous les salariés afin de dégager de meilleurs profits pour les entreprises, afin « d’accroitre la RENTABILITE DES ENTREPRISES » (Rentabilité, pour les actionnaires, pas pour les travailleurs, pas pour la population, pas pour le peuple des gens modestes.)

      Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire?

      Et il a encore une fois cette outrecuidance sans bornes de nous demander à nous qu’elles économies nous serions disposés à faire sur notre part de misère.

      Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité?

      Service publics trop chers par rapport à leur utilité. Un service public étant un service public est nécessaire ou pas nécessaire. Mais s’il est nécessaire il n’est pas trop cher. Emmanuel Macron voudrez-nous faire embrasser ici la logique de « rentabilité » qui est la sienne concernant les services publics. Nous refusons cette logique un service public utile doit être rendu, point, et son prix n’est pas rédhibitoire.

      A l'inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer?

      Avec les privatisations des services publics c’est le patrimoine national, et la propriété collective des Français, que l’Etat a vendu à l’encan à des intérêts privés qui font en présent leur beurre sur le dos du peuple. Cela suffit. Cela doit être plus que stoppé, cela doit-être inversé. Le problème n’est pas « d’inventer » de nouveaux services publics, le problème est de restaurer tous les services publics (Postes, chemins de fer, banques, communication, énergies, autoroutes,) etc. démembrés précédemment et de rétablir le peuple dans la jouissance de la propriété collective de la Nation.

      Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d'autres trop chers en raison des cotisations qu'ils paient. L'efficacité de la formation comme des services de l'emploi est souvent critiquée. Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage

      Comment mieux organiser notre pacte social? Quels objectifs définir en priorité?

      Tout d’abord précisément, ne pas réduire les recettes de cotisations ou fiscales nécessaire au financement de ce modèle social. Il est trop aisé après avoir exonérer de cotisations des milliers d’entreprises, de pointer du doigt « le trou » qui en résulte pour justifier la récession des dépenses de santé.

      Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c'est l'organisation de l'Etat et des collectivités publiques. Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux: école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

      Y a-t-il trop d'échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d'action au plus près des citoyens? A quels niveaux et pour quels services?

      Comment voudriez-vous que l’État soit organisé et comment peut-il améliorer son action? Faut-il revoir le fonctionnement de l'administration et comment?

      Le mouvement des « Gilets-Jaunes » a posé le problème de la démocratie et du contrôle du peuple souverain sur les élus et les politiques publiques. Monsieur Macron tente ici de diluer ces exigences simples et fortes dans un fatras de considérations sur la gestion des services publics, l’intercommunalité, la décentralisation, nous faire revendiquer nous-même la « privatisation » de certains services publics etc.

      Comment l'Etat et les collectivités locales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous?

      En restaurant bien sûr en tout premier lieu les services publics de proximité. En cessant de fermer des classes et des écoles. En maintenant les gendarmeries, les trésoreries, les hôpitaux et maternités de proximité, les tribunaux d’instance et les sous-préfectures. Etc. La réponse est si simple que la question apparait pour ce qu’elle est, idiote.

      La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l'air. Aujourd'hui personne ne conteste l'impérieuse nécessité d'agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

      Là encore Monsieur Macron nous dit que de par les engagements pris (par lui) et l’impérieuse injonction de la situation, il n’y a pas de discussion à avoir. La transition écologique est un fait acquis auquel nous devons nous plier.

      Bon, il y a une chose réelle, c’est que cette nécessité parait largement consensuelle. Nous ne discuterons donc pas du fond ni du principe, mais seulement des moyens et des modalités.

      Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

      Macron commence mal, en assenant des contre-vérités. Il n’est pas sûr du tout que la transition écologique, qui contraint à des investissements lourds, qu’il faut bien amortir, fasse réellement baisser la facture énergétique des ménages en chauffage. Il suffit d’observer par exemple l’augmentation galopante des tarifs de l’électricité pour en douter. Quant aux dépenses en carburants, seul le développement des transports publics ou la réduction des trajets domicile travail sont de nature à l’assurer.

      Ah mais, peut-être Manu a-t-il en vue ici le développement des véhicules hybrides ou électriques ? Mais là encore il y a une « foutue arnaque ». Tout d’abord le coût d’investissement et donc d’amortissements qui « bouffe » une bonne part des prétendues économies sur le carburant. Ensuite il y a le prix de l’électricité qui, prit sur le vif, est effectivement moins chère que les carburants fossiles. Mais les KW que vous êtes sensés mettre dans les batteries, est-ce vraiment tout ? Et les batteries ? Elles ont un prix aussi, faramineux, et elles ne durent pas toujours, il faut les changer souvent. Cela ne fait-il pas monter le prix réel de l’énergie ? Les batteries sont chères, celles de la « Zoé » de Peugeot sont en location. Location = clientèle captive = égale prix excessifs. Et puis un jour peut-être la quasi-totalité des véhicules rouleront à l’électricité. Croyez-vous qu’alors les distributeurs de cette énergie ne profiteront pas à leur tour de leur position pour racketter le consommateur ? Si l’on consomme moins ou plus du tout de carburants fossiles, où et de quelle manières l’Etat compensera-t-il la perte des revenus de la « TIPP » auxquels il semble tant tenir ? Taxe sur le KW/H ? Taxes sur les batteries ? L’argument des économies sur les dépenses de carburant n’est que de l’enfumage.

      Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

      Comment finance-t-on la transition écologique: par l'impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité?

      Toute la logique de Macron est entièrement basée sur la taxation des ménages. C’est pourquoi il pose le problème du financement de la transition écologique, soit par les taxes, soit par les impôts ce qui revient un peu au même. Et comme il lui faut faire avaler la couleuvre coûte que coûte par les plus modestes, il cherche des remèdes pour alléger un peu la douloureuse. Un peu de lubrifiant pour rendre l’introduction moins douloureuse :

      Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier?

      Supportables. Car en effet, comme nous l’avons dit plus haut, il s’agit d’investissements contraints souvent lourds, dont l’amortissement n’est pas certain.

      Macron a posé le problème à sa façon et il a tenté ci-dessus de nous faire partager ses solutions. Le mouvement des gilets-jaunes a contesté le bien-fondé de cette logique gaspilleuse qui consiste à pousser à la casse des véhicules tout à fait fiables pour en produire et vendre des neufs de toute force. Il a montré que les primes d’incitation proposées par le gouvernement ne changeaient rien à la problématique des ménages qui ne voient pas la nécessité de s’endetter alors qu’ils possèdent déjà un véhicule qui satisfait leur besoin à bas coût.

      Ah oui, mais il s’agit de faire baisser le bilan carbone. Soit ! Mais pourquoi voudriez-vous faire assumer la facture par les ménages ? N’y a-t-il pas d’autres acteurs à faire contribuer ? N’y at-il pas d’autres moyens et méthodes d’atteindre les mêmes buts sans écraser les plus modestes sous les taxes de toutes sorte ?

      Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale?

      Cette question nous donne enfin le prétexte de développer d’autres solutions. Car des moyens d’assurer la transition écologique sans accabler les ménages, il y en a, de très nombreuses et très diverses.

      Tout d’abord, en ce qui concerne l’espace rural, comme nous l’avons dit en restaurant les services publics dans les communes qui sont des préalables pour y développer et fixer une vie économique. Ensuite en fermant toutes les « grandes surface » de proximité qui asphyxient le commerce local et de centre bourg et en aidant leur retour. Enfin en recomposant le tissus agricole et en créant des activités artisanales et industrielles induites de taille modeste créant ainsi des emplois proches des lieux d’habitation.

      Ensuite, en ce qui concerne les liaisons avec les métropoles, par le développement d’un grand service public des transports à prix modérés. La restauration et la remise en service de nombreuses petites lignes de chemin de fer, voire leur électrification et leur réouverture tant au trafic voyageurs que marchandises. Vous parlez de transports « électriques » en voilà, sans batterie ni « lithium ».

      Développement des circuits courts. En consommant les produits locaux.

      En finir avec la stratégie industrielle du tir tendu qui met des dizaines de milliers de camions sur les routes. Il faut pour cela reconstituer dans les entreprises des stocks de fonctionnement qui certes représente des coûts supplémentaires mais peuvent être compensé par la réduction des coûts de transport et de gestion des dépôts des entreprises de logistique.
      Développer le « ferroutage », c’est-à-dire le transport des remorques ou camions sur des wagons spécialisés de chemin de fer. Le Transit des camions en Suisse se fait en « ferroutage ». Imaginez, sur certaines destinations, de frontières à frontières, ou mieux si politiques européennes coordonnées, de Lille à Hendaye par exemple ou de Strasbourg à Menton, les milliers de « camions électriques » que cela représenterait, et sans batteries au lithium ?

      Rétablir des barrières douanières afin de préserver les productions locales et les consommer à proximité. Manger en France des viandes du Charolais ou de l’Aubrac plutôt que d’Argentine, des fraises de Plougastel plutôt que d’Alméria, des Haricots verts français plutôt que du Sénégal, du beurre et des graisses de chez nous plutôt que de l’huile de palme. Transformer chez nous les chênes de nos forêts plutôt qu’envoyer les billes en Chine pour faire revenir du parquet, etc.

      Combien par une telle politique pourra-t-on réduire le nombre de cargos et d’avions cargos et réduire d’autant la facture carbone à l’échelle planétaire ?

      La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

      Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard? Comment faire partager ces choix à l'échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers?

      Nous l’avons déjà dit, en protégeant par des barrières douanières la production et le marché national.

      Alors bien sûr nous les voyons déjà crier à l’hérésie. Cela serait impossible et « antiéconomique ».

      On a mis en effet le doigt où ça fait mal. Il y a en effet deux logiques antinomiques irrémédiablement contradictoires.

      La logique économique du capitalisme libéral entièrement crispée sur la production du profit maximum, raisonnant uniquement en terme de ‘rentabilité », qui pour atteindre ses objectifs doit se tourner effectivement vers le marché international où elle doit vaincre la concurrence afin de s’emparer des marchés. Cette logique-là n’a cure des dégâts monstrueux qu’elle occasionne sur la planète. Et il est hors de question pour elle de renoncer aux richesses lointaines et d’affréter moins de bateau pour moins polluer. Elle préfère faire payer, prétextant leurs « petites tutures » la « facture carbone » aux travailleurs modestes et aux familles.

      Mais une autre logique économique est possible. Celle du peuple et donc celle des « Gilets-Jaunes » fondés sur la satisfaction des besoins des populations. Car après tout l’économie ne devrait-elle pas être faite pour çà ; et rien que ça ? Et cette approche est respectueuse de la planète de l’environnement et des ressources naturelles qui sont le bien commun de l’Humanité.

      Les « Gilets-Jaunes » n’ont pas de leçons à recevoir en matière d’écologie. Vous ne parviendrez pas à les faire culpabiliser à cause de leurs vieux diesels d’occasion. Car en vérité leur vision du monde et de la transition écologique est bien plus cohérente et radicale que la vôtre. Seules les méthodes d’y parvenir changent, et la manière de la financer.

      Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu'il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c'est contribuer à décider de l'avenir du pays par l'élection de représentants à l'échelon local, national ou européen.

      Non ce n’est pas cela, en tout cas pas que cela. Les citoyens dont parle monsieur macron sont des citoyens « déresponsabilisés » qui abandonnent leur parcelle de souveraineté dans les mains des élus qui en disposent comme ils veulent.

      Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l'issue des élections.

      Ce n’est pas « qu’ils ne se sentent pas, c’est qu’ils ne le sont pas ». Ne sont pas représentés ceux qui obtiennent un nombre dérisoire de députés avec un nombre considérable de voix, mais ne sont pas représentés non plus ce que l’on incite à voter contre leurs intérêts pour des trompeurs et des menteurs qui ne sont pas en vérité les représentants du peuple mais ceux de l’oligarchie.

      Faut-il reconnaître le vote blanc?

      Bien sûr qu’il faut reconnaitre les votes blancs et nuls mais aussi l’abstention. Ne pas se targuer d’être l’élu de 66 pour cent des votants quand on est en vérité que l’élu de 25 % des Français.

      Faut-il rendre le vote obligatoire?

      Ah les fins démocrates que voilà ? Comment la démocratie, la liberté de conscience, pourraient-elles s’accommoder d’une obligation « coercitive » de voter ?

      Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques?

      Et si au lieu de rechercher « une représentation plus juste » on s’attachait à en faire une « juste » tout simplement, juste à 100 % ! La bonne dose, c’est la proportionnelle intégrale.

      Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d'élus?

      Je sais, c’est la conséquence du rejet populaire à l’endroit du système et du monde politique, de l’indignation que provoque dans le peuple d’en bas la connaissance des rétributions alloués aux élus, particulièrement les députés, ces « godillots » qui ne servent à rien d’autres dans la 5ème République, qu’à avaliser les décisions de l’exécutif, qui rendus sur les plates-bandes du pouvoir trahissent les intérêts du peuple. Alors le peuple se dit qu’il en a marre de « ces trop payés » et que ne servant à rien, s’il y en avait moins ce serait tout aussi bien.

      Ce n’est pourtant pas exact, et par-delà les réactions épidermiques que dicte la colère il faut dire que la réduction de la représentation nationale serait une réduction de la « démocratie et de sa proximité ». Cette solution serait une mauvaise solution. Les bonnes solutions sont les suivantes : 1) rétribution des députés ramenées au niveau de celle d’un ouvrier qualifié, frais de déplacements et de cabinet financés non par des allocations forfaitaires mais au cas par cas par et sous le contrôle d’une administration du parlement. 2) Mandat révocable par référendum des électeurs de sa circonscription. 3) et c’est d’une certaine manière la question la plus importante, changer de constitution afin de rendre à la représentation nationale un vrai rôle de pilotage et de contrôle du pouvoir exécutif. Et avec cette dernière considération nous venons de répondre à la question suivante :

      Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile? Faut-il les transformer et comment?

      Il faut les transformer en véritables organes du pouvoir politique. Comment peut-on prétendre, comme les responsables politiques, et Macron plusieurs fois dans cette lettre, « que la France est un pays démocratique » lorsque le pouvoir réel appartient à l’exécutif qui domine la société civile et non à « la représentation nationale » ? Encore une fois, il faut changer « de logiciel » constitutionnel.

      En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d'écouter plus souvent la voix de ses citoyens.
      Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative?
      Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique? (Qu’elle idiotie). Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l'initiative?

      Monsieur Macron est ouvert à l’idée « du RIC ». Investit dans le mouvement « Gilets-Jaunes » nous soutenons cette revendication. Nous ne sommes pas pour autant d’accord avec Monsieur Macron.

      « Manu » et ses acolytes du gouvernement ont marqué il y a déjà un mois leur disposition è répondre favorablement à cette revendication. Il semblerait que c’est par là qu’ils comptent se sortir de l’imbroglio de cette crise.

      Mais attention, RIC au-delà du sigle ne veut pas dire la même chose pour les sbires à Macron et pour les « Gilets-Jaunes ». Les gouvernants l’assortissent d’un tas de conditions et de restrictions qui en limiterait l’usage aux questions non essentielles de la vie politique, et le réduirait la plupart du temps à de simples votes consultatifs dont le pouvoir ne tiendrait aucun compte. Le « RIC » accolé comme un cataplasme à la constitution monarchique de la 5ème République où tout le pouvoir appartient au Président, ne vaudrait pas un pet de chèvre.
      Le « RIC » des « Gilets-Jaunes » est un outil d’exercice véritable de la démocratie populaire directe et de contrôle du pouvoir exécutif et des élus. Il ne peut obtenir un tel statut que dans le cadre d’une nouvelle constitution vraiment démocratique et populaire.

      La citoyenneté, c'est aussi le fait de vivre ensemble.

      J’admire la profondeur de la pensée !

      Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol: c'est le devoir de l'asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s'est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d'un avenir meilleur: c'est comme cela qu'elle s'est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd'hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l'immigration et aux défaillances de notre système d'intégration.

      Que proposez-vous pour améliorer l'intégration dans notre Nation? En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer?

      Il y a l’immigration et il y a les travailleurs détachés. Le vrai problème pour « les gens d’en bas » ce n’est ni l’un ni l’autre. Le vrai problème c’est le mépris dans lequel les cercles dirigeants tiennent le peuple et l’usage qu’il font de l’immigration et du travail détaché pour agresser les salariés et les travailleurs les plus faibles, en tirant les salaires vers le bas et en détruisant les acquis sociaux. Plutôt que de donner, avec condescendance, des leçons de civilité aux gens qui souffrent, les gouvernants feraient bien mieux de cesser de les agresser et de garantir leurs droits. Il n’y aurait plus en ce cas le moindre malentendu ni « les moindres tensions » et tous les malheureux du monde qui frapperaient aux portes de la France y serait accueillie fraternellement.

      La question de la laïcité est toujours en France sujet d'importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu'elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

      Revalorisation de l’école publique, abrogation de la loi Falloux

      Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l'Etat et les religions de notre pays? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République?

      La laïcité est un principe intangible de notre République, mais la liberté d’opinion et de culte aussi. La laïcité ce n’est pas la négation de la différence, c’est sa libre acceptation. C’est avec des lois protégeant la libre expression des convictions et différences de chacun que l’on défend la laïcité, pas avec des lois répressives et niveleuses. Les différences entends-t-on dire souvent sont une richesse pour la France, « les différences ? » Pas leur négation, pas leur répression.

      Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l'avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n'importe quel sujet concret dont vous auriez l'impression qu'il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

      Ce débat est une initiative inédite dont j'ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n'est ni une élection, ni un référendum. C'est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d'âge ni de condition sociale. C'est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

      C'est ainsi que j'entends transformer avec vous les colères en solutions.

      Pour l’instant Emmanuel Macron a surtout transformé et des manifestations pacifiques en .......

      Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l'action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

      Un débat dont la maitrise et les conclusions sont tirés à sa convenance, par un seul homme, n’est pas un débat. C’est un « audit, de ceux auxquels s’adonnent parfois les souverains pour faire croire qu’ils sont à l’écoute du peuple.

      Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d'entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l'avenir de notre pays.

      Française Français, Gilets-jaunes, il est souhaitable que le plus grand nombre d’entre vous boycotte « le bla bla à Macron »

      Nous l’avons montré, Monsieur Macron n’aspire pas à un véritables débat. Il a même pris des dispositions pour que celui-ci ne puisse avoir lieu. Ce qu’il veut s’est un grand bavardage à l’occasion duquel, orientant lui-même les échanges vers les seules solutions qu’il veut entendre, et mettant à profit la disparité et la diversité des opinions, parfois même contradictoires, il pourra pêcher ce qui l’arrange et le présenter comme une demande « des Français ».

      Ce n’est pas d’un grand débat qu’il s’agit, c’est d’une grande arnaque.

      Au demeurant, qu'avons nous à faire d'un débat quelconque avec un Président dont nous ne reconnaissons plus ni l'autorité ni la légitimité. On ne peut pas à la fois vouloir la démission ou destitution de Macron et l'aider à reconstruire sa légitimité en entrant dans le débat piège qu'il initie.


      En confiance,
      Emmanuel MACRON»

      En défiance,
      Patrick Seignon »

      « lavoixdessansvoix.fr ». Vendredi 18 janvier 2019.
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