• GLOIRE SOIT RENDU AU CHEVALIER BAYARD (Acte 8 des « Gilets-Jaunes ».)

      GLOIRE SOIT RENDUE AU CHEVALIER BAYARD

      (Acte 8 des « Gilets-Jaunes ».)


      Je dois dire que dans mon coin de province et à mon goût, la journée avait plutôt mal commencé. Une sorte de manif de « déjà anciens combattants », encadrées par deux voitures de gendarmerie, tournant autour du cœur de ville et du marché par les rues désertes de la cité, faisant une halte au monuments aux morts pour une assimilation bizarre de ceux dont les noms sont gravés dans la Pierre, prétendument morts pour la France, et des victimes toutes chaudes encore de ce mouvement qui se fait frapper en refusant encore d’assumer la violence qu’on lui applique. Puis une autre halte devant l’immeuble désert (on était samedi) et le rideau baissé de la sous-préfecture. Enfin une traversée furtive du marché.

      Un goût d’amertume m’avait envahie. Je me raccrochai à l’espérance que des évènements plus mobilisateurs se produiraient en France.

      Mon espérance a été comblée. Les évènements qui se sont produits ce samedi 5 janvier 2018 à Paris et dans de nombreuses villes de province, au nombre desquels la prise du ministère de Griveaux, est de nature à relancer la mobilisation et à gonfler d’aise et d’ardeur un mouvement qui hésitait au sortir « de la trêve des confiseurs ».

      Le Président l’insulte, « foule haineuse » « qui n’est pas la France », les Ministères de l’intérieur et de la justice (indépendante comme chacun sait) veulent l’étouffer à coup d’arrêtés, d’interdits, de répression, d’amandes de procès et d’incarcérations, les policiers le brutalise. Mais le mouvement des gilets jaunes n’a pas baissé la garde, n’a pas courbé l’échine, ne s’est pas mis à genoux ni ne s’est résigné à se mouvoir par reptation. Après l’arrestation rocambolesque de notre ami Éric Drouet, la veille, qui a réussi de la sorte à dénoncer l’arbitraire et les véritables motivations, politiques et non sécuritaires du pouvoir, hier s’est un boxeur, debout et les yeux dans les yeux qui est devenu une figure emblématique de ce mouvement si digne qui a résolu de « relever le gant » de faire face sereinement à la violence de l’État.

      Oh je sais, ils vont peut-être me tomber dessus à bras raccourcis, m’accusant de faire l’apologie de la violence.

      Ce n’est pourtant pas ce que je fais ici.

      L’apologie de la violence c’est le chef de l’État et le gouvernement qui la font en répondant à un mouvement revendicatif pacifique de citoyens, par le dédain le mépris et l’insulte, en dressant face à lui plus de 100 000 policiers, des grenades lacrymogènes, des canons à eau, des milliers de flash-Ball, des blindés, en blessant et mutilant, en déballant pour la honte de « la France des droits de l’homme », un arsenal juridique qui lui donne l’apparence d’une pire dictature du moment.

      Ce que je fais ici, ce n’est pas l’apologie de la violence, c’est celle de la résistance.

      La résistance, vous savez, ce positionnement si digne et si fier des peuples qui refusent de mettre genoux à terre devant les tyrannies qu’elle que soient leurs natures et leurs justifications exactes. La résistance, vous savez, cette attitude crane des hommes debout qui ont écrites, écrivent et écriront, les plus belles pages de notre histoire et de notre peuple, ceux qui ont forgé ce cœur ferme et déterminé qui honore tant le peuple de France et lui valent l’admiration des autres peuples de la planète.

      Un homme a surgit aux avant-postes sur la passerelle Léopold Sédar Senghor et avec une audace sans pareille, les yeux dans les yeux et les poings devant, a fait reculer les sbires du pouvoir et ouvert le passage aux manifestants. Cet acte de bravoure sur une passerelle n’est pas sans évoquer l’exploit légendaire du Chevalier Bayard, fermant seul (Garigliano 1503) un pont à 300 espagnols. Fait connu de tous les écoliers de France. Hier, samedi 5 janvier 2019 le mouvement des Gilets-jaunes s’est donc découvert un héros symbole de sa détermination et de son courage.

      Gloire soit rendu à ce Chevalier Bayard des « Gilets-jaunes. »


      Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr ». Dimanche 6 janvier 2019
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